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Taha Bouhafs : la guerre civile est mon métier

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@DR

 

Taha Bouhafs vient de refaire des siennes. Dans la nuit du dimanche 19 à lundi 20, celui qui se proclame journaliste couvre en live les émeutes en cours à Villeneuve-la-Garenne. Sur ce live, on peut voir des fonctionnaires de police lui demander d’évacuer la zone où il se trouve.

 

 

Il commence par protester de son métier de journaliste avant de les agresser verbalement à grand renfort de hurlements. Les policiers se décident alors à interpeller le fauteur de trouble. Il crie se laisser faire mais, sur une vidéo de la scène prise depuis le trottoir d’en face par un de ses camarades de Brut, on le voit résister énergiquement. Relâché rapidement, le soi-disant reporter montre le lendemain sa volonté d’apaisement dans un tweet digne de Gandhi : « La banlieue s’embrase, l’histoire se répète, l’explosion n’est vraiment pas loin cette fois, trop d’injustices accumulées ». Le « journaliste » qui fait tout simplement peser sur la France la menace de la guerre civile a le toupet de l’accuser d’en être responsable. La nuit suivante, il filme fièrement une voiture de la BAC visée par des tirs de mortier d’artifice à Gennevilliers. Le triste sire n’en est pas à sa première provocation. Retour sur le parcours de l’irritant personnage.

 

Taha Bouhafs naît en Algérie en 1997. Il arrive en France, près de Grenoble, avec ses parents et sa sœur jumelle en 2001. Après être sorti du système scolaire à seize ans en seconde, il fait ses armes en politique à « Nuit Debout », au printemps 2016. Le jeune homme y « découvre le féminisme et l’écologie » selon ses mots. En y ajoutant le communautarisme arabo-musulman, c’est là qu’il formera son corpus idéologique islamogauchiste. Il poursuivra son parcours dans le milieu associatif au sein du comité « Vérité pour Adama », créé après la mort d’Adama Traoré au cours d’une interpellation le 19 juillet 2016. Taha Bouhafs a déjà une appétence pour la question des supposées violences policières.

 

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L’homme passe, l’année suivante, à la politique en devenant à 20 ans le plus jeune candidat de France aux élections législatives sous l’étiquette de… LFI (on comprend le mouvement de surprise du lecteur en lisant le nom de ce parti). Après sa défaite, il reste engagé derrière Jean-Luc Mélenchon et on l’aperçoit en présence des députés de la frange indigéniste du mouvement comme Éric Coquerel et Danièle Obono.

 

Il arrive alors à Paris, où il commence à faire parler de lui au printemps 2018, lors des mobilisations contre les lois de sélection à l’université et de suppression du statut des cheminots. Il participe en effet à l’occupation du site universitaire de Tolbiac, qu’il relaye par des vidéos sur les réseaux sociaux. Le jour de son évacuation, le 20 avril 2018, il se fait remarquer à deux reprises. Il apparaît d’abord sur une vidéo où il pousse violemment des CRS tout en leur criant : « Touche-moi pas (sic), vous êtes des grosses merdes ». Tout ceci sous l’œil des smartphones. Ce genre d’action s’inscrit dans l’habituelle stratégie de l’extrême gauche qui consiste à provoquer les forces de l’ordre devant témoins pour instrumentaliser leurs réactions et hurler à la violence policière.

Ce genre d’action s’inscrit dans l’habituelle stratégie de l’extrême gauche qui consiste à provoquer les forces de l’ordre devant témoins pour instrumentaliser leurs réactions et hurler à la violence policière.

Taha Bouhafs se livre pour la première fois à cet art dont il passera maître. Une autre discipline où l’homme finira par exceller est celle de la désinformation. C’est ainsi qu’il n’hésite pas, toujours le 20 avril, à inventer de toute pièce le meurtre d’un étudiant par des CRS lors de l’évacuation, dans un tweet largement partagé. L’homme tentera par la suite de justifier cette affabulation : « À l’époque, je n’étais pas journaliste et ne pensais pas le devenir ». Comme chacun sait, il est normal pour quiconque n’envisage pas la profession de journaliste d’inventer des assassinats sur Twitter. L’éclosion printanière se confirme en tout cas pour Taha Bouhafs en cette année du cinquantenaire de mai 68 puisque c’est lui qui, le 1er mai, capture les images d’Alexandre Benalla qui interpelle énergiquement deux manifestants place de la Contrescarpe. On entend sur la vidéo le futur journaliste hurler, sans aucun doute dans un souci de commentaire objectif de l’actualité : « Il l’a tabassé par terre ! Regardez bien son visage ». Comme chacun sait, l’affaire Benalla tournera bientôt au drame national.

 

Il était difficilement envisageable que la vie de celui qui dort encore chez un ami ne change pas après un tel coup d’éclat. C’est chose faite à la fin de l’année 2018 quand Taha Bouhafs est embauché par le site d’information de gauche Là-bas si j’y suis, dont le patron Daniel Mermet, proche du FLN dans sa jeunesse, apprécie les talents de vidéaste du fauteur de trouble. Ça y est, voilà le jeune homme officiellement journaliste.

Le 11 juin 2019, alors qu’il couvre une mobilisation de travailleurs sans papiers – le gauchisme n’est jamais loin – il tente d’entraver l’action des forces de l’ordre, comme on l’apprend bien sûr au cours du premier mois d’école de journalisme.

Enfin, un journaliste un peu particulier. Car peu sont dupes, et le Franco-algérien est vite identifié comme un journaliste-militant par ses liens étroits avec les réseaux d’extrême gauche et sa partialité affichée. L’homme va en effet enchaîner les polémiques. Le 11 juin 2019, alors qu’il couvre une mobilisation de travailleurs sans papiers – le gauchisme n’est jamais loin – il tente d’entraver l’action des forces de l’ordre, comme on l’apprend bien sûr au cours du premier mois d’école de journalisme. Les policiers veulent alors l’appréhender, mais il résiste. Après sa garde à vue, Bouhafs s’empresse de crier sur tous les toits qu’il a été victime de violences policières puisque son épaule aurait été déboîtée lors de l’interpellation. Il porte plainte mais est lui-même poursuivi pour rébellion et outrage. Comme on le voit, l’histoire d’amour entre le pseudo-journaliste et la police suit son cours passionné.

 

Le 10 novembre, il est présent à la savoureuse marche contre l’islamophobie. Un reporter qui couvre un événement majeur de l’actualité, jusqu’ici nous n’avons rien à dire. Mais quand le reporter en question passe le plus clair de la manifestation sur un camion dans le rôle de chauffeur de foule officiel, en attaquant au passage des personnalités comme Éric Zemmour ou Jean-Michel Blanquer, l’envie pressante de partager avec M. Bouhafs les conclusions épatantes de M. Audiard sur ceux qui osent tout nous envahit soudain.

 

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Le jeune homme fait encore plus tomber le masque du militantisme le vendredi 17 janvier, en plein mouvement d’opposition à la réforme des retraites. Il se rend ce jour-là au même spectacle qu’Emmanuel Macron au théâtre des Bouffes-du-Nord et poste sur Twitter une photo du président accompagnée d’un message qui annonce que « des militants sont quelque part dans le coin et appelle (sic) tout le monde à rappliquer ». « La soirée va être mouvementée », poursuit-il. Quelques minutes plus tard, un groupe d’individus vindicatifs se rassemble effectivement devant le théâtre et tente d’y pénétrer. Alors que le président prend la poudre d’escampette (et non de perlimpinpin, cette fois-ci), Taha Bouhafs est placé en garde à vue.

Guillaume Meurice le soutient dans sa subversive chronique subventionnée sur France Inter. Consécration suprême, il aura pu se défendre pendant trois quarts d’heures sur le plateau de « Touche pas à mon poste ».

À l’issue de cette dernière, il est mis sous le statut de témoin assisté alors qu’une information judiciaire pour « participation à un groupement formé en vue de commettre des violences » est ouverte. L’affaire est toujours en attente d’un jugement, comme celle de juin 2019. À cette occasion, la notoriété du « journaliste » s’accroît encore. La plupart des grands quotidiens et hebdomadaires français lui consacrent un article dissertant sur l’authenticité de son statut de journaliste et Guillaume Meurice le soutient dans sa subversive chronique subventionnée sur France Inter. Consécration suprême, il aura pu se défendre pendant trois quarts d’heures sur le plateau de « Touche pas à mon poste ».

 

Le dernier coup d’éclat du jeune homme s’est donc produit il y a quelques jours à Villeneuve-la-Garenne. À l’issue de ce retour sur le parcours du jeune homme, une question s’impose : jusqu’à quand la France va-t-elle tolérer qu’un parfait petit soldat de la haine anti-flic, qui ne cesse de violer les lois et de souffler sur les braises de la guerre civile se cache derrière l’étiquette de journaliste ? Autrement dit, quand l’enfumage Taha Bouhafs prendra-t-il fin ? Faudra-t-il attendre que des émeutiers tuent des policiers et des gendarmes à l’arme lourde pour que l’on arrête de prêter l’oreille à tous les charlatans qui entretiennent un climat de détestation envers eux et les lois françaises qu’ils représentent ? La libération ne semble pas imminente :  Taha Bouhafs était encore invité sur le plateau de Cyril Hanouna dès le lundi 20 avril, soit le lendemain de son arrestation.

 

 

Ange Appino

 

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