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Affaire Avisa Partners : comment on manipule les médias

Selon le trimestriel Fakir, l’entreprise Avisa Partners, spécialisée dans la cybersécurité et les relations publiques aurait pratiqué la diffusion de fausses informations chez divers médias dans une stratégie d’influence pour des grands groupes ou des agents étrangers.

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© Romée de Saint Céran pour L'Incorrect

L’entreprise française a longtemps gardé une discrétion exemplaire. Depuis ses locaux de la prestigieuse avenue Hoche, Avisa Partners travaille dans l’ombre pour de puissants clients. L’OTAN, le Kazakhstan, Airbus, EDF ou même Laeticia Halliday : tous ont en commun d’avoir eu un contrat avec l’entreprise spécialiste en cybersécurité et relations publiques.

L’entreprise est détenue en partie par le fond d’investissement Raise, créé par la peu-patriote fille du professeur Lejeune, Clara Gaymard (elle avait été l’artisane de la vente de la branche énergie d’Alstom à General Electric) et « l’investisseur bienveillant des banlieues » Gonzague de Blignières. À sa tête, on retrouve notamment le très libéral investisseur numérique Arnaud Dassier et l’ancien conseiller ministériel de Valérie Pécresse, Matthieu Creux. Avisa Partners est soupçonnée aujourd’hui d’avoir fait ou défait des réputations avec des moyens à la limite de la légalité.

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C’est dans les colonnes du trimestriel Fakir qu’un ancien prestataire de l’entreprise révèle qu’il aurait manipulé des informations durant plusieurs années. 595 articles publiés en six ans, sous de fausses identités et dans divers médias afin de donner une bonne ou une mauvaise image d’un pays, d’une entreprise ou d’une autre institution selon les commandes. Concrètement, l’homme était payé pour influencer l’opinion publique en s’inventant expert ou blogueur sur certains sujets pour améliorer la réputation de son client.

Nous ne sommes pas dans Illusions perdues où la feuille de chou Corsaire-Satan fait la pluie et le beau temps sur la qualité d’une œuvre (Les Marguerites), mais la réalité semble avoir dépassé la fiction. Chez Avisa Partners, un prestataire irait défendre la bienveillance du dictateur du Congo ou du Kazakhstan sur internet. Un court article suffit : diffusé dans L’Express ou sur le blog de Mediapart, il influencerait le lecteur qui croira lire une opinion objective ou experte sur ces sujets. Parfois, ce sont même des influenceurs qui seraient ciblés pour les sensibiliser à une cause imaginaire, et leur faire diffuser plus largement le message.

« Franck Barbier, Clémence Patel, Matthieu Guérin, Nathalie Dauclerc », tous ces noms ne sont que des pseudonymes pour ce même prestataire qui dit s’être travesti : « Tantôt consultant en économie, experte en géopolitique de l’énergie, journaliste écrivain gabonais, consultant en énergies renouvelables et solutions alternatives ». Les mensonges s’accumulent raconte Fakir, mais avec une relative crédibilité : la croissance verte en Arabie Saoudite ou au Kazakhstan, la supériorité technologique du nucléaire français d’EDF, au fond, peu importe la vérité. Le travail semble bien payé et ne demande que peu d’investissement : Avisa Partners transmettrait un cahier des charges pour chaque article pour publication sur le site adapté. Conséquence : l’e-réputation s’améliore.

Les mensonges s’accumulent, mais avec une relative crédibilité : la croissance verte en Arabie Saoudite ou au Kazakhstan, la supériorité technologique du nucléaire français d’EDF, au fond, peu importe la vérité.

Ce qui décide le fraudeur de révéler la supercherie au grand jour, c’est quand un membre de LVMH réclame qu’on« dézingue Ruffin », le député de La France Insoumise qui s’était illustré en réalisant le film Merci Patron ! qui attaquait la première fortune de France Bernard Arnault. Pas de chance, le prestataire apprécie sa cible et décide de tout arrêter.

Mais alors, à qui la faute ? Aujourd’hui, il est impossible de déclarer que les entreprises ayant passé contrat avec Avisa Partners étaient au courant des méthodes employées.

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