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Bastien Vivès : la case et le territoire

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© Matthieu Zazzo – Casterman
Cela va faire bientôt dix ans que Bastien Vivès secoue la bande dessinée hexagonale avec des albums à la fois exigeants et singuliers. Adepte d’une ligne esquissée consignant les personnages d’une manière presque documentaire, il a bâti une œuvre complexe où il met sa science du découpage au service d’une sorte de réalisme magique, laissant la part belle aux interprétations et nageant volontiers dans les eaux troubles du fantasme ou de l’enfance rêvée. Après Le Chemisier, sublime et anxieuse exploration de la psyché féminine, il nous offre avec Quatorze Juillet un fascinant polar rural sur fond de terrorisme où planent les spectres de Michel Houellebecq et de Claude Sautet. Entretien avec un jeune prodige de la BD. Vos albums sont habituellement plutôt centrés sur la psyché et le désir féminins. Pourquoi avoir changé aussi radicalement de sujet pour Quatorze Juillet ? Ça faisait un moment que je voulais m’attaquer au polar et avec mon co-scénariste Martin Quenehen on s’est naturellement mis d’accord pour parler des attentats. Évidemment, il y a un fond politique, mais je voulais surtout décrire les rapports humains derrière tout ça. L’histoire m’est venue à partir d’images fortes, notamment celle qui correspond au climax du récit. La bande dessinée est un médium qui permet précisément d’élaborer une histoire à partir d’une succession d’images-clés: Quatorze juillet, c’est deux cents pages qui ont été créées presque uniquement dans le but d’aboutir à cette image finale. Je pense d’abord un album comme une justification graphique de ces images-clefs, pas comme une suite de dialogues ou de situations. La BD actuelle, lorsque qu’elle s’attaque à des sujets politiques, est très bien-pensante et assène souvent une idéologie unilatérale. À l’inverse, vous refusez ici tout discours moralisateur, toute caricature, en présentant un gendarme cultivé, par exemple… On a beaucoup réfléchi là-dessus en effet, parce qu’en ce moment la bande dessinée devient une sorte de mode d’emploi IKEA, avec toute cette nouvelle vague issue des blogs BD, des autofictions, qui sont surtout des manuels de bien-vivre… C’est presque devenu le cancer de la bande dessinée moderne. On voulait justement s’éloigner de ça avec un champ d’écriture qui ne se cantonne pas à des causes ou à des revendications didactiques. La BD, c’est justement spécial parce que c’est un incroyable terrain d’expérimentation et de liberté, c’est ce qu’on a tendance à oublier aujourd’hui. Narrativement, vous refusez souvent le spectaculaire et privilégiez le hors-champ. On pense parfois aux films de Carpenter. La chose qui m’intéresse le plus, c’est de retranscrire par la mise en scène une émotion, notamment par [...] Suite dans le numéro 31 de L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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