La saga des Rocky 

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Avec Creed II, Sylvester Stallone annonce la fin de son personnage mythique Rocky créé en 1977 (même si l’on sait qu’il faut aussi peu croire un acteur annonçant la retraite de son personnage qu’un politique la sienne…). Une longévité record, seul l’éternel James Bond mais avec des acteurs différents le devance – à rendre jaloux Indiana Jones et Luke Skywalker. L’occasion de lui rendre en hommage avec un classement totalement impartial (votre serviteur étant l’unique juge nommé par lui-même) de cette saga mythique.

 

8 – Rocky V (1990)

Le moins connu, à juste titre et pourtant… Retour de John G. Avildsen (réalisateur du premier opus), retour de Bill Conti à la musique et retour aux source, les bas-fonds de Philadelphie où Rocky n’est plus rien, ce cinquième film était pourtant plein d’espoir. Mais rien ne marche. Rocky revient de Russie avec des séquelles physiques irréversibles. Ruiné, il devient entraîneur d’un champion en devenir, Tommy Gunn (et son affreux mulet). Scénario paresseux, mise en scène sans énergie, montage à la tronçonneuse, Stallone/Rocky n’a plus faim, il déprime. Le spectateur aussi.

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7 – Rocky III (1982)

Certes la musique, Eyes of the tiger en tête, tutoie les meilleures bandes-son du cinoche. Mais dans cinéma, il y a aussi images… Rocky Balboa est aujourd’hui un champion respecté après sa victoire contre Apollo Creed, mais un petit nouveau très très méchant, Clubber Lang (Mr T. alias Barracuda dans L’Agence tous risques) lui lance un défi. Stallone/Rocky atteint de melonite aiguë (il faut voir sa kitschissime maison à colonnade) symbolise le pire des années quatre-vingt ricaines. Mégalo, non-écrit, affreusement interprété et déjà à bout de souffle.

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6 – Creed II (2019)

Stallone endosse pour une dernière fois son costume de Rocky avec, pour les fans, le retour du terrible Drago (Dolph Lundgren). De plus en plus spectral, il s’efface pour laisser le champ libre à son successeur, mais ce qui touchait chez Balboa agace sérieusement chez Creed porté par un Michael B. Jordan qui peine remplir son personnage. Bavard et somnolent, le film offre pourtant quelques sursauts puissants, surtout lorsqu’il troque le point de vue d’Adonis Creed pour celui de Victor Drago, bien plus touchant. Dommage.

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5 – Rocky II (1979)

Sans être le ratage qu’on craignait après le coup de maître du premier, ce Rocky pèche par sa trajectoire attendue. Si la première partie tente une vraie suite avec ce boxeur infoutu de gérer son fulgurant succès, la suite tombe dans le duplicata. Mêmes situations, même mise en scène mais Stallone/Rocky a perdu de sa superbe. Comme déjà embaumé, il peine à enfiler une deuxième fois le peignoir de l’étalon italien. Reste le dernier combat, puissant et parfaitement orchestré.

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4 – Rocky IV (1985)

Une merveille… Apollo Creed, ancien adversaire et dorénavant ami de Rocky Balboa, est tué sur le ring par le boxeur russe Ivan Drago. Se reprochant de n’avoir pu sauver son camarade à temps, Rocky va demander un combat contre Ivan Drago afin de le venger. Une confrontation qui se déroulera sur le sol russe. La boxe ne comblant plus son colossal égo, Stallone/Rocky se bombarde grand manitou de la diplomatie internationale et met fin à lui tout seul à la Guerre Froide. D’une bêtise sublime, ce Rocky enchaîne les prouesses absurdes et les surenchères grotesques. Culte.

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3 – Creed – L’héritage de Rocky Balboa (2016)

Alors qu’on s’attendait à un spin off de la saga Rocky plus intéressé par la rente que par l’ambition artistique, le premier Creed surprend. Adonis Johnson n’a jamais connu son père, le célèbre champion du monde poids lourd Apollo Creed décédé avant sa naissance. Pourtant, il a la boxe dans le sang et décide d’être entraîné par le meilleur de sa catégorie. À Philadelphie, il retrouve la trace de Rocky Balboa, que son père avait affronté autrefois, et lui demande de devenir son entraîneur. Dans la lignée de Rocky Balboa, Stallone assume son premier degré et, servi par un scénario solide et une mise en scène intense, touche par sa sincérité. 

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2 – Rocky (1977)

Tourné en 28 jours, Stallone (scénariste et acteur) y est Rocky. Acteur de seconde zone, presque trop vieux pour réussir, son script est comme ce combat improbable, sa dernière chance. Héros populaire parce qu’il dévoile son âme et regarde les autres, ceux qui ne sont rien, avec justesse et humanité, ce Rocky vous dresse les poils de moustache aussi bien sur le ring que lorsqu’il tente une drague maladroitement sublime sur une patinoire. Servi par une mise en scène à hauteur d’homme intense et une écriture remarquable, Rocky touche en plein cœur. Adriaannn !

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1 – Rocky Balboa (2006)

Le plus beau film de la saga. Rocky a depuis longtemps quitté le ring. De ses succès, il ne reste plus que des histoires qu’il raconte aux clients de son restaurant. La mort de son épouse lui pèse chaque jour et son fils ne vient jamais le voir. Le champion de boxe d’aujourd’hui s’appelle Mason Dixon et ses promoteurs à la recherche d’un adversaire à sa taille pensent à la légende Rocky. Parce qu’il a besoin à nouveau de raconter son histoire, Stallone/Rocky se lance dans cet improbable retour. Mélancolique et authentique, Stallone, à la fois, réalisateur, scénariste et acteur, assume et va jusqu’au bout de son pari impossible. Bouleversant.

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adewatrigant@lincorrect.org

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