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Le Togo et Bolloré : Crépuscule de la Françafrique

Tandis que la Chine avance ses pions sur le continent africain, la France n’en finit pas de se débattre dans une Françafrique moribonde. En témoignent les tribulations de Vincent Bolloré, qui plaide aujourd’hui coupable après avoir clamé pendant une décennie son innocence, accusé d’avoir soutenu le président togolais Faure Gnassingbé pour sa réélection en 2010, en échange d’avantages dans la concession du port de Lomé. La justice française a rejeté son offre de 375 000 euros et le procès est devenu inévitable. À Lomé, opposition et société civile se mobilisent.

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© Capture d'écran YouTube

« Du pain bénit ! » s’exclame la DMK, une coalition de partis d’opposition, dans la foulée de la décision du juge Isabelle Prévost-Desprez de rejeter le plaider-coupable de Vincent Bolloré. « Les Togolais doivent saisir l’occasion pour obtenir la résiliation du contrat qui lie Bolloré Africa Logistics à l’État », déroule Ferdinand Ayité. Le patron de L’Alternative, un des rares journaux d’investigation togolais, attend la condamnation de Bolloré qui doit « déboucher sur son départ définitif du Togo ». Dans ce pays de 9 millions d’âmes, la 17e fortune française est en terrain conquis, détenant le monopole de l’exploitation de l’unique port. Aujourd’hui, la justice française lui reproche d’avoir minoré, en contrepartie de cette concession et à travers sa filière Havas International, des prestations en communication au profit de Faure Gnassingbé. « La méthode Bolloré est une chaîne de corruption généralisée dans tous les pays africains où il est présent », s’insurge le principal opposant, Agbéyomé Kodjo, qui dénonce « l’un des derniers piliers économiques de la Françafrique ». L’opposition et la société civile togolaises se mettent en ordre de bataille pour un procès qui ne devrait pas avoir lieu avant l’automne.

De Lomé à Conakry, curieuses similitudes

En 2009, à la surprise générale et sans aucun appel d’offres, Bolloré Africa Logistics, sa filiale continentale diversifiée dans le transport maritime et la logistique, obtint une concession du terminal à conteneurs du port de Lomé. Le pouvoir togolais avait dû recourir à la force pour déloger Jacques Dupuydauby, le Franco-espagnol qui, à travers son groupe Progossa, gérait jusque-là ledit terminal. Deux ans plus tard, il aura fallu encore l’intervention de l’armée guinéenne pour pousser dehors une autre entreprise française, Nécotrans, qui avait remporté un appel d’offres similaire au port de Conakry. [...]

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