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[Portrait] Stéphane Édouard : misogyne tonique

Monté à Paris depuis sa Provence, Stéphane Édouard a lancé une chaîne YouTube pour analyser les relations homme-femme. Portrait d'un Rastignac attachant quoiqu'un brin orgueilleux.

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© Claudia Corbi

« Enchantée, je m’appelle C. » Cette voix timide appartient à la photographe qui nous rejoint dans ce café où votre serviteur assaille Stéphane Édouard de questions depuis plus d’une demi-heure. Nous en étions justement au sujet des femmes, sur lesquelles le portraituré a ses petites idées, et votre serviteur tente une plaisanterie : « Ma chère C., notre ami va t’apprendre des choses horribles sur vous. Déjà, vous n’avez aucun sens des responsabilités… – Ça ne me dérange pas d’être caricaturé, j’ai l’habitude », coupe Stéphane Édouard d’un ton un peu sec. Raté pour l’humour. Pas pour le reste. Cette raideur explique un sentiment diffus présent depuis le début de l’échange. Stéphane Édouard se méfie. Il faut dire qu’il s’est fait beaucoup d’ennemis. « J’ai une tête agaçante. Mon prof de CM2 me le disait déjà : “Vous allez énerver les gens” Une forme de nonchalance, sûrement »

Les problèmes viennent de loin. De Nice, où Stéphane grandit dans les années 80, au milieu d’une famille « du tout tout tout bas de la classe moyenne. » Père policier, mère secrétaire dans un IUT. Ça n’empêche pas le jeune homme d’y intégrer une prépa scientifique au lycée Masséna. Pas de sentimentalisme provençal, pourtant : « Je me fiche un peu de cette région. Nice, quand t’as le choix, tu pars. Je voulais faire des rencontres, vivre comme dans les romans balzaciens, monter à Paris, affronter l’adversité ». Au tournant du troisième millénaire, voilà donc un jeune homme assoiffé de vie, comme il convient, sous les scintillements de la capitale. « Comme dit cet écrivain dont j’ai oublié le nom, une métropole est le lieu où l’on est tous les uns pour les autres proie et chasseur. » Au milieu du fascinant tourbillon des désirs, l’étudiant garde pourtant d’abord la tête froide, termine son école d’ingénieur et atterrit à la Défense, comme consultant dans une boîte de télécommunication. « Un bullshit job de luxe, où tu vends des mots creux ». Le jeune homme, frustré, n’oublie pas de vivre une fois sorti de l’open space. Sur un blog, il raconte sa parcelle des rencontres « à la Bel-Ami » que permettent les grandes villes, qui sont tout leur sel. Il a du talent: « J’ai cette capacité à remarquer les choses, et les gens me posaient beaucoup de questions ». Alors il entrevoit une échappatoire à la monotonie du destin qui semble se dessiner. Stéphane comprend les êtres humains, il va vivre de les expliquer. Il organise une première conférence. Le titre : « La femme ». [...]

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