Le 21 mai dernier, la police a arrêté dans la ville de Xinxiang, à l’ouest de la capitale chinoise, Monseigneur Joseph Zhang Weizhu. Ayant déjà été derrière les barreaux en 1998 et en 2001, l’homme âgé de 63 ans a toujours refusé de s’affilier à l’Association patriotique des catholiques chinois (APCC), qui veille au respect de l’idéologie communiste au sein de l’Église. Sa résistance, l’élevant au rang de dissident, représente un danger pour le pouvoir en place, qui a donc décidé de le boucler.
Arrestations et traques en continue
La veille, la police chinoise a procédé à l’arrestation de sept prêtres et de dix séminaristes pour le même motif. Les séminaristes, renvoyés dans leur famille, doivent mettre fin à leur formation. Dans la province, les gardiens armés du Parti communiste chinois (PCC) fouillent les logements des catholiques. Ceux ayant dans leurs placards des objets et images religieuses sont contraints à payer une amende, et voient leurs biens sacrés être détruits. En novembre dernier, prêtres, religieuses et séminaristes ont subi le même sort dans la ville de Boading.
devant choisir entre liberté religieuse ou liberté d’opinion, les fidèles subissent de plein fouet les conséquences de soixante-douze ans de communisme
Une fois en prison, les ecclésiastiques sont livrés à une formation idéologique leur présentant les multiples avantages qu’offre l’APCC. La pression psychologique entretenue par les geôliers doit conduire les prisonniers à capituler et à accepter le contrôle permanent du parti dans leur fonction. Ce même parti exhorte les clercs à réécrire certains passages de la Bible ainsi qu’à chanter les louanges du pouvoir chinois dans les églises.
Un accord politico-religieux encore instable
En novembre 2010, Benoit XVI avait fustigé la nomination d’un évêque sans l’approbation de Rome. Huit ans après, la Chine et le Vatican ont signé un accord. Il permet la nomination commune d’évêques. Le Vatican peut poser son véto à n’importe quelle nomination qui lui semble douteuse. Cependant, les tensions restent très prégnantes avec l’Église clandestine qui critique avec virulence la soumission de l’Église officielle de Chine à l’égard du pouvoir communiste.
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La situation en Chine n’est pas rose, et l’accord formel n’a en aucun cas mis fin aux persécutions. Le gouvernement autorise les activités et formations religieuses tant qu’elles sont contrôlées et enregistrées. Les douze millions de fidèles catholiques sont pris en tenaille. L’affiliation à l’APCC octroie une liberté religieuse tintée d’idéologie communiste. Devant choisir entre liberté religieuse ou liberté d’opinion, les fidèles subissent de plein fouet les conséquences de soixante-douze ans de communisme.





