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Les Prix de L’Incorrect 2026

Après le succès de la précédente édition qui vit célébrés Fabio Viscogliosi, Chantal Delsol et Étienne-Alexandre Beauregard, le magazine L’Incorrect relance son prix d’automne.

Jeudi 26 novembre prochain, trois semaines après le Goncourt, un mois avant Noël, et un an avant la fin du monde selon certains exégètes de la prophétie de Saint Malachie, les jurys des grand prix de L’Incorrect, plus solennels et impétueux que jamais, couronneront trois nouveaux lauréats. 

Dès ce mois-ci, Emma Becker, Marc Obregon, Olivier Maulin, Bernard Quiriny et Romaric Sangars érigeront leur tribunal littéraire à la terrasse d’un bar parisien et commanderont autant de bouteilles que de romans sélectionnés.

Eugénie Bastié, Aziliz Le Corre, Élisabeth Geffroy, Mathieu Bock-Côté, Pierre Valentin et Rémi Carlu établiront de leur coté deux listes pour leurs prix essais.

Les paris pourront bientôt se multiplier, les débats faire rage et la quête de l’excellence se poursuivre, dégagée des oukases idéologiques qui font en général trembler Saint-Germain-des-Prés. …

Ce que Dieu veut (vraiment) des nations

Quel est le dessein de Dieu sur les nations ? Veut-il le morcellement du genre humain en ces parties que sont les nations ? C’est à cette question théologico-politique que s’attache le P. Jean Parlanti, de la Communauté Saint-Martin, dans ce livre, issu d’une thèse de doctorat. Pour y répondre, il se met à l’écoute de la révélation biblique et de son interprétation aussi bien par les Pères de l’Église que par les théologiens et les papes récents. De son examen, ressort une grande fresque théologique, du commencement à la fin de l’histoire des hommes.

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Au commencement, l’humanité est une, provenant du même Créateur et descendant d’Adam. Mais elle se fragmente en groupes divers, pour une double raison : d’une part, sa multiplication qui implique sa dispersion sur la terre ; d’autre part, la confusion des langues dont Dieu frappe l’humanité que son orgueil avait poussé à construire la tour de Babel (voir Genèse, 11).…

Élections, pièges à cons ?

Alors que nous entrerons tambour battant dans la grand-messe présidentielle à partir de septembre, il est bon de rester lucide sur les vertus et limites de ce suffrage universel qui cristallise tant de fantasmes. Le nouvel essai d’Antoine Houlou-Garcia arrive à point nommé.

 Dans les années 1970, la littérature anglo-saxonne, alors à l’avant-garde de la mathématisation des sciences sociales, redécouvre un argument oublié de Condorcet en faveur du régime démocratique : plus le nombre de participants à un vote serait important, plus les chances pour que la décision issue du scrutin majoritaire soit la bonne seraient élevées. En clair, la démocratie permettrait, par son fonctionnement même, de prendre quasi systématiquement les meilleures décisions – ce qui en ferait le régime le plus efficace. Ce résultat apparaît effectivement dans l’Essai sur l’application de l’analyse à la probabilité des décisions rendues à la pluralité des voix, paru en 1785. L’idée de Condorcet est mathématiquement imparable : dans le cas d’un groupe d’individus qui doit trancher par le vote entre une décision vraie et une fausse, si la probabilité de se tromper de chacun de ses membres est inférieure à 50 %, alors plus le nombre de jurés sera élevé et plus la probabilité que le jury opte pour la vérité augmentera – jusqu’à la certitude absolue avec une infinité de jurés.…

Saint Thomas d’Aquin, Humbrecht, Teilhard de Chardin, Aimé Forest : nos recensions religieuses de l’été

DIEU, OU COMMENT S’EN DÉBARRASSER
THIERRY-DOMINIQUE HUMBRECHT, CERF, 216 P., 20 €  

Dominicain, spécialiste de saint Thomas d’Aquin et lauréat d’un Grand Prix d’Académie française, le P. Thierry-Dominique Humbrecht nous propose une méditation roborative et suggestive sur la question de Dieu en notre temps d’athéisme prétendu. En fait, progresse aujourd’hui une « malcroyance » incohérente et syncrétique, plutôt qu’un clair athéisme théorique. Et même derrière celui-ci, percent des motivations souvent plus morales ou affectives que philosophiques, de sorte que tout est joué dans les coulisses du cœur plutôt que sur la scène de l’intelligence. En somme, l’athéisme se porte aujourd’hui au moins aussi mal que le théisme, dont il dépend en tant qu’il en est la négation. L’auteur affronte ensuite l’objection classique du mal qui nie l’existence d’un Dieu bon, et il souligne la dangereuse inexactitude d’une certaine théologie de la Providence, qui attribue tout à Dieu, et conduit à l’accuser quand les choses tournent mal.…

« Pourquoi les Amazones n’existent pas » de Véra Nikolski et Nicolas Pichoff : les femmes et les enfants d’abord

Pourquoi les Amazones n’existent pas, de Véra Nikolski et Nicolas Pichoff, est un curieux exemple d’essai bourgeonnant à partir du détail d’un livre précédent, écrit par la même autrice et augmenté d’un nouveau contributeur qui ouvre des perspectives inédites. Il faut remonter à Féminicène (2023) et à sa thèse parfaitement étayée par Nikolski, docteure en science politique. Ce n’est pas le féminisme qui a libéré les femmes mais les apports technologiques de la Révolution industrielle, se traduisant en une augmentation de la consommation d’énergie par habitant. La technique a libéré les femmes en leur donnant du temps à elles (traduit en termes spatiaux par la célèbre formule de Virginia Woolf, « une chambre à soi »), et en réduisant à presque rien les dangers liés à la maternité. Le sexe dit faible a conquis l’égalité, par un mouvement naturel, mettant fin en trois siècles aux manifestations les plus outrées du patriarcat (du moins dans le monde occidental), et les luttes féministes – exemptes de violences et pratiquement de martyrs – n’ont fait qu’accompagner ce mouvement.…

« Communion » : en quoi croit J.D. Vance ?

Si J.D. Vance est aujourd’hui vice-président des États-Unis, c’est grâce à un livre, Hillbilly Elegy, qui a propulsé cet avocat et investisseur originaire de l’Amérique rurale vers une célébrité instantanée. En racontant son histoire familiale marquée par l’abandon de son père, la toxicomanie de sa mère et la force de sa grand-mère, il a mis en lumière comme aucun autre les maux des « petits blancs » qui ont voté en masse pour Donald Trump. À l’annonce d’un nouvel ouvrage, portant sur sa conversion à la foi catholique, les attentes étaient élevées, mais vouées à être déçues, car un politique en campagne n’écrit pas avec la liberté d’un auteur sans attaches.

Communion conserve en partie l’aspect biographique qui a fait connaître Vance, mais avec un ton immanquablement plus politique. Il y raconte comment les difficultés de sa jeunesse, mais surtout la culture des milieux universitaires et professionnels d’élite, l’ont conduit à s’éloigner de la foi.…

Bronzer réac : (re)découvrir les classiques réactionnaires à la plage

Les Considérations sur la France de Joseph de Maistre

C’est le livre de « l’illumination ». Jusqu’alors, Joseph de Maistre (1753-1821) avait posé un regard platement conservateur sur les événements révolutionnaires. Dans Les Considérations, écrit de riposte qui stupéfie par l’ampleur de ses vues, le sénateur savoisien s’élève au tribunal de l’Histoire : la Révolution doit être réinscrite dans l’économie divine pour être pleinement comprise. Cette Révolution, radicalement mauvaise, est satanique dans son essence ; pourtant, Dieu l’emploie dans ses desseins cosmiques afin de châtier et régénérer la France pour s’être écartée de sa vocation évangélisatrice. Maistre se révèle un formidable phénoménologue du politique ; ainsi la Révolution est « une force qui mène les hommes » et dévore ses enfants ; il faut voir encore ses maximes sur la faiblesse des lois écrites, l’importance du mystère ou l’art du législateur. « Une constitution qui est faite pour toutes les nations n’est faite pour aucune.

Marin de Viry : Le royaume immédiatement

Comment et pourquoi la Ve République a-t-elle failli ?

La ve République est une grande règle. J’applique le mot de Bernanos dans le dialogue des carmélites : « Ce n’est pas la règle qui nous tient, c’est nous qui tenons la règle. » Nous ne l’avons pas tenue. Pour tenir la règle, il aurait fallu qu’un certain esprit public perdure, mais il s’est terriblement dégradé à partir de l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir, puis avec la mondialisation. Et il aurait fallu que les hauts fonctionnaires gardent une certaine conception de l’action publique, mais ils l’ont perdue. Cette grande règle était simple : il existe des politiques de long terme et des principes fondateurs – souveraineté, solidarité sociale, laïcité, forte légitimité de l’autorité politique, par exemple – qui font consensus, sont dans le « trésor » politique de la république. Ils n’y sont plus. Pour qu’ils reviennent, il faudrait une volonté populaire puissante, qui rencontrerait une autorité et une proposition politiques fortes.…

L’Incorrect

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