Il n’est plus besoin de présenter Geoffroy de Lagasnerie, l’un des idéologues organiques de la gauche française, qui est à la philosophie et à la sociologie ce qu’Édouard Louis est à la littérature. Lagasnerie est un homme dont la notoriété publique tient à de petites provocations régulièrement commises sur France Culture où il a son rond de serviette, et développées dans des essais, ceci afin d’élargir à gauche toute la fenêtre d’Overton.
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Dernière polémique en date : une critique très virulente de la démocratie, exécutée dans L’Âme noire de la démocratie, court manifeste publié dans la collection qu’il dirige chez Flammarion. À travers une critique progressiste de la démocratie, Lagasnerie veut décomplexer la gauche et l’inviter à penser un régime alternatif et plus progressiste encore. Pour lui, la démocratie ne peut être le stade terminal du progrès.
De la démocratie au fascisme
L’essence du propos consiste à dire que la démocratie telle que conçue aujourd’hui – les partis politiques, les élections, le principe représentatif, le parlementarisme – serait viscéralement néfaste parce qu’elle favoriserait les pulsions populistes, nationalistes, réactionnaires, autoritaires, fascistes.…