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Pascal Boyer : Sous le bulletin de vote, des millénaires d’évolution
Quel est le cadre général de vos recherches ?

Je travaille en anthropologie et en psychologie : mon travail consiste à essayer de comprendre comment notre évolution biologique nous a donné un équipement mental particulier, une sorte de boîte à outils, qui explique comment les êtres humains forment des familles, des groupes, des sociétés. C’est dans ce cadre que j’ai voulu expliquer en quoi notre psychologie, qui fait partie de notre nature humaine, explique les comportements politiques, même dans des sociétés de masse. [...]
Dominique Reynié : Feu sur l’euthanasie !
Fin février, l’Assemblée nationale approuvait en deuxième lecture la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté en une version très permissive, puisque beaucoup des « garde-fous » étaient finalement retoqués. Cette légèreté satisfaite avec laquelle une loi si grave, qui s’apprête à renverser le plus vieil et le plus universel interdit humain, nous faisant par-là sortir des voies de la civilisation, est avalisée par la représentation nationale, dans l’indifférence à peu près générale de nos compatriotes, a de quoi faire frémir. Le char moderne avance avec fureur ; il dévale la pente du progrès, renverse tous les obstacles, répand dans son sillage cette culture de la mort dénoncée par Jean-Paul II dans Evangelium vitae. [...]
Progressisme : chronique d’une défaite annoncée
On peut compter sur un ancien Young Leader, ce programme de la French-American Foundation par lequel sont passés Alain Minc ou Emmanuel Macron, pour dresser des comparaisons fécondes entre les destinées électorales de nos pays. Dans La France au miroir de l'Amérique, Aquilino Morelle étudie la succession des récentes mandatures américaines pour présager du futur hexagonal en matière d’alternance politique. Le sous-titre – « Quand les progressistes font triompher le populisme » – éclaire sa thèse : le wokisme conduit, par un effet de balancier, au retour de son inverse, le conservatisme voire la « réaction ». [...]
Geoffroy de Lagasnerie : quand la gauche veut en finir avec la démocratie

Il n’est plus besoin de présenter Geoffroy de Lagasnerie, l’un des idéologues organiques de la gauche française, qui est à la philosophie et à la sociologie ce qu’Édouard Louis est à la littérature. Lagasnerie est un homme dont la notoriété publique tient à de petites provocations régulièrement commises sur France Culture où il a son rond de serviette, et développées dans des essais, ceci afin d’élargir à gauche toute la fenêtre d’Overton.

Lire aussi : Marcel Gauchet : l’ère des idéologies

Dernière polémique en date : une critique très virulente de la démocratie, exécutée dans L’Âme noire de la démocratie, court manifeste publié dans la collection qu’il dirige chez Flammarion. À travers une critique progressiste de la démocratie, Lagasnerie veut décomplexer la gauche et l’inviter à penser un régime alternatif et plus progressiste encore. Pour lui, la démocratie ne peut être le stade terminal du progrès.

De la démocratie au fascisme

L’essence du propos consiste à dire que la démocratie telle que conçue aujourd’hui – les partis politiques, les élections, le principe représentatif, le parlementarisme – serait viscéralement néfaste parce qu’elle favoriserait les pulsions populistes, nationalistes, réactionnaires, autoritaires, fascistes.…

« The Polarization Myth » : le consensus conservateur
C’est l’un des lieux communs les plus tenaces de notre époque : les nations occidentales seraient de plus en plus polarisées, en proie aux « extrêmes » politiques. Les enjeux culturels et sociétaux diviseraient âprement les électeurs en parts presque égales, au point d’empoisonner le climat social et le débat public. Habituellement, la faute est rejetée sur les conservateurs, qui seraient coupables d’entraver la marche vers le progrès en soulevant des questions « qui divisent ». [...]
Université d’été « Living Freedom » : Good morning England

Ça se passe à Londres du 9 au 11 juillet. Living Freedom organise un brain storming de trois jours pour les 18-30 ans sur le sujet des libertés fondamentales, avec conférences, débats, ateliers. Les intervenants sont de haute tenue. Le programme – séminaire et logement compris – coûte 50 livres sterling (60 €). Et les Frenchies sont bienvenus !

Depuis vingt ans, l’Académie des Idées (Academy of Ideas) s’occupe de booster le débat public avec, comme point d’orgue annuel, la Bataille des Idées (Battle of Ideas). Ce forum géant, orchestré chaque automne, présente une centaine de panels chargés d’explorer les controverses contemporaines. Ce festival déborde d’idées. En fin de journée, l’affaire se poursuit dans les superbes pubs aux parquets poisseux, les pintes s’entrechoquent et les conversations explosent le niveau sonore, dans la plus robuste tradition british.

La liberté d’expression étant dans une mauvaise passe, pour ne pas dire en soins intensifs, l’Académie des Idées a lancé Living Freedom, sa branche chargée de promouvoir toutes sortes de programmes à l’usage de jeunes anticonformistes désireux de penser par eux-mêmes.…

L’impossible laïcité
N’est-ce pas chose extraordinaire, en notre laïque République, que ce Conseil d’État, devenu malgré lui « gardien de l’orthodoxie religieuse », et qui « déboute systématiquement de leurs demandes les associations cultuelles se revendiquant catholiques contre l’avis du pape » ? N’est-elle qu’un texte de loi ? Assurément non : « forme émergée d’un discours philosophique », la littérature qui l’entoure est bien davantage l’œuvre des historiens et des politistes, voire des politiques, que des juristes. Pourtant, c’est bien une loi, invoquée par les plaideurs et appliquée par les juges, jusque dans des considérations très terre-à-terre d’affectation des bâtiments, de financement, d’appellation. [...]
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Jacques-Bénigne Bossuet : heureux les pauvres
On date souvent la naissance de la doctrine sociale de l’Église de la publication, par le pape Léon XIII, de Rerum Novarum en 1891. Mais le catholicisme social n’est rien que le catholicisme tout court, et l’encyclique n’a fait que formaliser, pour répondre aux questions nouvelles posées par le siècle industriel, ce qui était déjà contenu en puissance dans la foi, celle-ci débordant la stricte intimité du croyant pour susciter des effets directs dans la cité. L’historien Jean-Marie Salamito a bien montré dans l’excellent Travailleuses, travailleurs ! (Salvator, 2023) combien les Pères de l’Église s’étaient déjà penchés avec sérieux sur les questions économiques. Cette courte anthologie sociale et spirituelle de Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704) prouve que ces préoccupations n’ont jamais depuis cessé d’occuper les pasteurs catholiques, avec une intensité et une vérité que les socialistes ne connaîtront jamais. [...]
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