


La dernière fois que je me suis rendu à Yaroun, c’était à la toute fin de février. Juste avant le début de la guerre. La commune, située à quelques centaines de mètres de la frontière avec Israël, peinait à se remettre des destructions de la guerre de l’automne 2024. Et le mot est faible… La quasi-totalité du village était en ruine ; les bombes et les bulldozers israéliens étaient passés par là. De l’église Saint-Georges, il ne restait plus que trois pans de murs. Et pourtant, 14 familles chrétiennes étaient revenues dans ce village mixte, à la fois chiite et chrétien. Pour ces 14 familles – rejointes par trois autres dans l’hiver – nous avions installé des panneaux solaires, afin de leur offrir quelques heures d’électricité par jour.
Mais aujourd’hui, plus personne ne peut se rendre à Yaroun. D’ailleurs, Yaroun n’est plus. Inclus dans la zone « jaune », la fameuse zone tampon envahie par Israël, tout ce qui restait encore debout a été détruit.…


Très mal, et très mal, du moins auprès de la composante catholique incontournable de la coalition MAGA. Léon XIV est de loin la personnalité publique la plus populaire aux États-Unis. On m’a dit qu’il existait un vieux proverbe français : « Qui mange du Pape en meurt. » Le président souffre désormais au moins d’une grave indigestion.
Cette confrontation peut-elle se lire comme un retour de la question classique des rapports entre pouvoir temporel et pouvoir spirituel ? En quoi est-ce le signe d’un changement d’époque ?
C’est, à mes yeux, le point le plus frappant. Depuis des semaines, tant avant qu’après cet épisode particulier, la sphère publique américaine est saturée de théologie politique, de questions sur la relation entre les pouvoirs « temporels et spirituels » (pour reprendre les termes du député Riley Moore), de débats entre de hauts responsables publics et des évêques, ainsi que de tensions entre les composantes catholiques et protestantes de la coalition MAGA. Quels que soient le bien-fondé ou les détails des questions récemment posées, le point essentiel est que nous avons désormais une sphère publique post-libérale (mais démocratique), dans laquelle la vérité, y compris la vérité théologique, fait à nouveau l’objet de débat. [...]




L’Incorrect
Retrouvez le magazine de ce mois ci en format
numérique ou papier selon votre préférence.

