Skip to content
Éditorial d’Arthur de Watrigant : L’humilité des braves

La France est un vieux pays et la mort rôde. « Nous avons bien souvent regretté d’être nés/ Dans un pays trop vieux, une époque tardive », murmure Michel Houellebecq dans son nouvel album au crépusculaire doux et racé. Est-ce la fin ? Le poète n’a jamais paru aussi serein. « Il faut que la mort vienne, la mort douce et profonde, bientôt les êtres humains s’enfuiront hors du monde », nous console-t-il, porté par la musique de Frédéric Lo qui rappelle que lorsque la mélancolie danse avec l’élégance, elle peut tutoyer le sublime. Pourtant le poète se bat. La mort est imminente, mais il continue. Il était encore là, en première ligne il y a quelques jours lorsque nos parlementaires abattaient une à une les digues pour légaliser l’euthanasie, pour créer cette nouvelle catégorie d’êtres humains : les éligibles, c’est-à-dire ceux qui ne méritent plus de vivre. Houellebecq se tenait debout pour rappeler que l’âme de notre civilisation repose sur notre attachement non-négociable à la dignité de l’Homme.…

Action française : « La gauche n’a pas le monopole de la Résistance »

Nous sommes des enfants et des petits-enfants de personnes qui ont résisté à l’occupation allemande et combattu le nazisme. La gauche n’a pas le monopole du patriotisme. Nous sommes des militants et des cadres royalistes dont les familles ont payé le tribut du sang. La gauche n’a pas le monopole de la Résistance. Nous commémorons chaque année la Résistance française, notamment le 11 novembre 1940. La gauche n’a pas le monopole de la mémoire.

Si l’histoire de l’Action française a connu des vicissitudes, nous pourrions également rappeler les propos publiés dans L’Humanité le 4 juillet 1940 : « Il est particulièrement réconfortant en ces temps de malheur de voir de nombreux travailleurs parisiens s’entretenir avec les soldats allemands, soit dans la rue, soit au bistrot du coin. Bravo camarades, continuez même si cela ne plaît pas à certains bourgeois aussi stupides que malfaisants ! La fraternité des peuples ne sera pas toujours une espérance, elle deviendra une réalité vivante.

Quand Johann Chapoutot validait Renaud Camus

Johann Chapoutot, après Patrick Boucheron, est devenu l’un des plus célèbres intellectuels médiatiques militants à l’extrême gauche. Il fait partie des signataires d’une tribune publiée le 20 février dernier par L’Humanité, organe historique du Parti communiste, afin de réaffirmer la nécessité d’être « antifasciste » à l’heure où le « fascisme » a fini par désigner tout ce qui n’est pas d’extrême gauche, sauf l’islamisme ; et où ce soi-disant « antifascisme » tue. En matière de recherches, l’universitaire a moins fait avancer l’histoire si étayée du nazisme que la nazification tous azimuts de l’adversaire présent. Le nazisme ayant synthétisé et perverti à peu près toutes les idées à la mode dans les années 30, de l’écologie au techno-futurisme, de l’utopie sociale au délire hyperboréen, du collectivisme au surhomme, du management à la bureaucratie, il suffit de choisir ce qui vous déplait dans le temps présent pour le renvoyer à son occurrence hitlérienne, que vous trouverez toujours, et vous pourrez diaboliser aisément les trois quarts du réel.…

Carte noire pour Gérald Sibleyras : Pour la suppression immédiate et définitive du ministère de la Culture
Le ministère de la Culture détruira la culture comme le Ministère de l’économie a détruit l’économie, celui du Logement, le logement, celui de la femme, la femme. En 1959, le Ministère chargé des affaires culturelles de Malraux gérait le patrimoine, les musées, les monuments historiques, la mission d’un secrétariat d’État, en somme. Comme toute émanation
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Bruno Lafourcade… sort la sulfateuse
Vos Hyaines sont des caractères contemporains. Comment l’idée de les portraiturer vous est-elle venue ? Y a-t-il eu un spécimen originel ?

Il y eut une scène fondatrice, à Montpellier, rue de Maguelone, que je remontais, stupéfié par ceux que j’y croisais (obèses en micro-jupes canari, succubes noircis de khôl, caïds de cave en joggings immaculés, retraités en pantacourt écossais). Je traversais une foire aux freaks, constituée de Narcisse agressifs et totalitaires qui manifestaient bruyamment leur indifférence aux autres. Ils sont devenus les « égautistes ». [...]
Éleveurs en Ariège : les sentinelles
Ah il fallait les voir, ces petits chroniqueurs arrogants, avec leurs grosses têtes dodelinantes sur leurs corps d’adolescents tardifs, nous convaincre que ces salauds de la Coordination rurale (CR) étaient d’« extrême droite », ce lundi soir, sur Quotidien, l’émission préférée des happyness managers. « Alors, oui, on peut défendre les agriculteurs » susurre Julien Bellmer, dégaine de sociopathe Celio, avec une condescendance détestable. On peut les défendre, à la limite, mais en restant dans les clous : européiste, encarté à la FNSEA, productiviste. Et invisible : travaille et tais-toi. On ne veut pas voir le lisier et la crasse, on te laisse la boue mais on prend les steaks délicieusement persillés – ceux qui feront pousser des feulements de plaisir à ton influenceur food préféré. Quant à ces péquenauds qui ont traversé la France sous la neige, par cette froide semaine de janvier, et qui osent cracher sur les édiles du gouvernement, on ne leur accordera pas un regard. [...]
La France face au chaos mondial
Comment analysez-vous la situation du Groenland ? Est-ce une rupture d'alliance ?

Charles Gave : Le discours de J.D. Vance à Munich était parfaitement clair. Il a expliqué que dorénavant les États-Unis allaient s’occuper de la forteresse America, une forteresse qui irait de l’Amérique du Nord à l’Amérique du Sud. C’est la doctrine Monroe, que Donald Trump a rebaptisé Donroe. Et le Groenland est, à leurs yeux, stratégique puisque c’est de là que vous pouvez surveiller les bateaux qui sortiraient de la zone russe. C’est en quelque sorte le verrou qui bloquerait la flotte de l’Est.

Je me permets également une interprétation supplémentaire : c’est la volonté de Donald Trump de sortir de l’OTAN. Les pays européens ne le souhaitent pas et le Groenland offre la possibilité, par ce conflit, de casser l’OTAN. C’est comme un bonneteau : vous regardez à droite mais l’objectif se passe à gauche.

Philippe d’Iribarne : L’obsession américaine est depuis toujours la crainte de celui dont on dépend et qui a donc la possibilité de vous nuire. Si vous relisez Le Fédéraliste, la grande œuvre de philosophie politique américaine rédigée durant le débat pour la ratification de la Constitution fédérale des États-Unis en 1787, le sentiment d’un péril, qu’évoquent des termes tels qu’insecure, insecurity, danger, attack, y est omniprésent. Face à ce péril, la volonté de se défendre est affirmée sans trêve. Il est question de defense, self-defense, precautions, guarded against, resist, counteract, protect, armed, sentinel. Il s’agit d’atteindre une situation où l’on est en sécurité (preservation, safe, security, secure). Qu’est-ce donc qui est craint ? Le terme d’encroachment (dangerous encroachments, encroachments of the others) évoque bien ce dont il s’agit. C’est l’intrusion d’autrui dans ce qui vous concerne. La place centrale tenue par la référence à la propriété, et l’association intime, aux États-Unis, entre la notion de liberté et celle de propriété, sont associées au caractère prééminent de la protection contre cette menace. « Un homme, déclarait par exemple Madison lors de la Convention constitutionnelle de 1787, a la propriété de ses opinions et de leur libre communication, il a la propriété dans […] la sécurité et la liberté de sa personne. » En la matière, les États-Unis héritent de la tradition britannique pour laquelle ce qui permet d’être protégé, c’est d’être propriétaire, d’avoir édifié une barrière face à ceux qui vous menacent. Cette sacralisation de la propriété est si forte qu’elle a même conduit, au moment de la création de l’Union, à justifier le maintien de l’esclavage en affirmant que, comme l'esclave est la propriété de son maître, attaquer à l'esclavage conduit à s’attaquer à la propriété, donc à la liberté. Donald Trump est un héritier majeur de cette tradition. Il veut être propriétaire du Groenland pour assurer la sécurité des États-Unis. [...]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Euthanasie : le pacte des morts

Le Sénat ayant rejeté sa propre version du texte sur l’euthanasie, les députés auront à examiner en seconde lecture leur propre version, bien plus radicale. Le principe qui l’irrigue, selon lequel la mort serait un soin, est porteur de paradoxes particulièrement pernicieux pour la cohérence de notre droit, à commencer par la notion de consentement.

Le consentement impossible

Le principal argument des partisans de l’euthanasie tient à ce que la société serait mal placée pour empêcher quelqu’un de mourir s’il le veut. En vérité, elle a toutes les raisons de le faire.

D’abord, parler de consentement suppose qu’il vienne de toutes les parties. Or l’euthanasie implique un tiers, le médecin ou le personnel médical, censé concourir à l’injection de ce qui s’analyse matériellement comme un poison. Certes, une clause de conscience existe pour le moment dans le texte, mais elle est vue comme une fragile concession alors qu’elle devrait être une évidence.…

L’Incorrect

Retrouvez le magazine de ce mois ci en format

numérique ou papier selon votre préférence.

Retrouvez les numéros précédents

Pin It on Pinterest