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Carte noire pour Louis-Henri de La Rochefoucauld : Hors de l’été

Je n’ai pas toujours été radicalisé. Comme tout le monde, j’ai d’abord aimé l’été. C’était la saison des grandes vacances et du Tour de France. Les beaux paysages de nos régions, la joie simple de la caravane, les grimpeurs et les baroudeurs, une fièvre populaire qui savait se contenir ; encore aujourd’hui, c’est un de mes plaisirs de l’année. Mais quand j’y repense, je m’aperçois que ce sont les journées où le climat se déréglait qui m’ont le plus marqué. J’adorais que la pluie et le brouillard s’invitent sur la route, ajoutant à la course le frisson du danger. Ah, cette étape du Tour 1998 au cours de laquelle Marco Pantani s’était envolé au pied du Galibier dans des conditions dantesques… 

Mon ancêtre le marquis de Launay, gouverneur de la Bastille de son état, ayant été décapité le 14 juillet 1789, je suis sceptique chaque fois qu’arrive cette date de ferveur nationale.…

Grand reportage : Bienvenue à Colon-sur-Seine

Ah, l’été à Paris ! L’indolence et le doux abrutissement qui torréfient les âmes, mollusquent les chairs ! Ah les femmes alanguies, gourmées de chaleur, avec leurs gorges encore pâles que des ombrelles gardent au secret… Ah ces nymphes lestées de livres d’occasion croisées à l’écliptique des géants de la Fontaine Médicis… Ah, ces jeunes femmes presque uniquement vêtues de cordelettes et qui exposent à la cruauté d’Hélios un corps parfaitement conscient de sa dive et pleine nubilité ! Sans parler de cette créature en minishort, qui toise du haut de sa carrosserie longiligne une cour affamée de salarymen en bras de chemise, prêts à lui mordre les jarrets à la moindre éclipse, au moindre crash de la station Mir… C’est sûr, pas très inclusif, ce soleil, tout le monde n’a pas les mêmes chances dans une telle lumière de vestiaire…

39 degrés celsius… et donc ?

Vous vous souvenez, quand c’était encore permis de trouver ça agréable, la chaleur ?…

Fronts de mer moches : c’est la faute à de Gaulle (et à Franco)

Nous sommes au cœur des années 1960, et les Trente Glorieuses battent leur plein. La croissance atteint des niveaux à deux chiffres, les salaires grimpent en proportion, le chômage tombe à des niveaux inédits. L’heure est à l’essor des classes moyennes, à l’explosion de la société de consommation, à la démocratisation de la voiture. En février 1956, les congés payés ont été allongés à trois semaines sous le gouvernement socialiste Guy Mollet par une Assemblée nationale unanime, celle-ci étendant à l’ensemble du pays une mesure mise en place un an plus tôt par les usines Renault pour mettre fin à un mouvement de grève.

Et ces jours de repos, les Français commencent à les prendre hors de chez eux : dans une étude portant sur la cuvée 1961, le statisticien Philippe Gounot constatait qu’environ 40 % des Français étaient partis en vacances, un taux qui atteignait même 60 % dans les grandes agglomérations.…

Éditorial d’Arthur de Watrigant : Il faudra revenir

On aurait aimé ouvrir ce numéro d’été en parlant d’autre chose. L’été est là, la moiteur avait même pris de l’avance, et voilà que les préfets se découvrent soudain une vocation de pion. L’hôpital manque de lits, la police d’effectifs, la justice de moyens et l’école de tout ; en revanche, les idées à la con pondues au plus haut sommet tournent à plein régime. Comme l’imprimante de la préfecture. S’il y a bien un service public qui marche à merveille, ce sont les arrêtés préfectoraux. Champion du monde ! La société de la permission est en marche. Et celle qui laisse buter nos enfants aussi.

On aurait aimé lancer ce numéro d’été avec légèreté et méchanceté. Mais l’époque ne nous laisse même plus le luxe de l’insouciance. Elle entre partout, et ce sont les noms de Lyhanna, Louis, Élias et de tant d’autres qui viennent nous hanter. Le flux des horreurs ne s’arrêtera donc jamais : plus nombreuses, plus intenses, plus sadiques.…

Carte noire pour Thomas Moralès : Pétrole, pétrole !

J’aime l’odeur de l’essence, à l’approche des stations-service, sur la route des départs en vacances. Ce parfum d’innocence, d’enfants terribles du Baby-Boom. Les boomers seront mes amis pour la vie. Ils ont brûlé la leur, sans se retourner, sans s’économiser, sans penser au lendemain, sans aucun remords. Pied dedans. À fond ! À fond ! Chauffeur, si t’es champion… Ils auront été des modèles pour nous, rejetons des crises et des élargissements, souffreteux des fausses libertés et des casernements. Surnuméraires apeurés par notre propre ombre. Mauviettes ! Nous longions les murs, nous avions la trouille du chômage, du SIDA et des prélats bruxellois. Alors, quand j’approche des pompes avec leur pistolet, je revis, j’ai envie de dégainer. J’emporte avec moi, tout mon barda culturel, Joss Beaumont et Frank Bullitt. Je ne sais pas pourquoi, je vois clairement aussi Charles Denner chez Truffaut, il porte un blouson en cuir étrange et conduit une Alfa Romeo Giulia accidentée.…

Oxfam France : la transparence comme argument commercial

Oxfam France a été fondée en 1988. Elle mène des campagnes sur les inégalités mondiales, la justice fiscale, l’aide humanitaire. Elle collecte des dons défiscalisés. Et depuis le 4 mai 2010, elle est titulaire du label Don en Confiance — une certification délivrée par un organisme indépendant qui soumet ses membres à des audits réguliers de leur gouvernance, de leurs finances et de leurs communications avec les donateurs. C’est un gage sérieux — et c’est aussi, pour ses concurrents moins rigoureux, une invitation à réfléchir.

Ce que le label Don en Confiance garantit vraiment

Le label Don en Confiance n’est pas une simple décoration. Il suppose un audit annuel, des comptes certifiés, une communication transparente sur l’utilisation des fonds, l’absence de pression sur les donateurs. Les associations labellisées s’engagent à un niveau de transparence et de rigueur qui dépasse les obligations légales minimales.

Pour les donateurs d’Oxfam France, c’est une protection double : d’un côté, le régime légal du mécénat garantit la réduction d’impôt ; de l’autre, le label Don en Confiance garantit que les fonds sont effectivement utilisés aux fins annoncées.…

Greenpeace France : un modèle financier en péril

Greenpeace France se veut le modèle de l’association indépendante : zéro subvention publique, zéro don d’entreprise, financement exclusivement assuré par les dons de particuliers. Ce modèle, vertueux sur le plan de l’indépendance, a une face cachée que le plan social annoncé en 2025 a mise en pleine lumière : quand les dons baissent, la machine se grippe — et les obligations fiscales risquent de ne plus être tenues.

24 % des dons partent en frais de collecte

Les données publiées par l’association elle-même sont éclairantes. En 2024, Greenpeace France a collecté 31,5 millions d’euros de dons. Mais 24 % de cette somme — soit environ 7,5 millions d’euros — ont été consacrés aux dépenses de levée de fonds : publicité, phoning, street marketing. La trésorerie de fin d’année s’établissait à 8,5 millions d’euros. Dans le même temps, l’organisation reverse entre 8 et 9 millions d’euros par an à Greenpeace International — une contribution solidaire que la direction internationale n’entend pas mobiliser pour les salariés français en difficulté.…

Parti communiste français : une fragilité comptable et financière récurrente

Le Parti communiste français est l’une des organisations politiques les plus anciennes de France. Il dispose d’un réseau territorial dense, d’un patrimoine immobilier substantiel et d’une tradition de rigueur militante. Il a aussi, depuis plusieurs années, un problème comptable que la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques signale avec une constance lassante : son périmètre de consolidation comptable – c’est-à-dire l’ensemble des structures et organismes qui doivent, selon la loi, être intégrés dans les comptes annuels que le PCF dépose auprès de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) – n’est pas exhaustif. En clair, il manque des morceaux du patrimoine réel du parti dans la photographie comptable qu’il présente au régulateur.

Une observation récurrente qui devient un risque structurel

Dans son avis publié au Journal officiel du 10 février 2026, la CNCCFP est explicite : « À l’exception du PCF, dont le périmètre est jugé non exhaustif de manière récurrente malgré des progrès significatifs, la Commission n’a pas constaté de périmètre incomplet pour l’année 2024.

L’Incorrect

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