
Tout d’abord, avant de rentrer dans le vif du sujet, une petite mise au point s’impose : abolir la traite et abolir l’esclavage, ce n’est pas la même chose. Et l’honorable SDN de distinguer les deux phénomènes dans l’article premier de sa Convention.
L’esclavage y est défini comme « l’état ou condition d’un individu sur lequel s’exercent les attributs du droit de propriété ou certains d’entre eux ». La traite, elle, comprend la capture, l’acquisition ou la cession d’une personne en vue de la réduire en esclavage, mais aussi l’achat, la vente, l’échange, le commerce et le transport de personnes déjà esclaves.
Les États signataires s’engagent donc, d’une part, à prévenir et réprimer la traite et, d’autre part, à poursuivre la suppression complète de l’esclavage « d’une manière progressive et aussitôt que possible ».
Autrement dit, interdire le commerce des esclaves ne signifie pas libérer ceux qui le sont déjà.
La traite est ainsi abolie par plusieurs États au début du XIXe siècle : par exemple, la Grande-Bretagne en 1807 ; les États-Unis interdisent l’importation d’esclaves à partir de 1808.…



