
Je n’ai pas toujours été radicalisé. Comme tout le monde, j’ai d’abord aimé l’été. C’était la saison des grandes vacances et du Tour de France. Les beaux paysages de nos régions, la joie simple de la caravane, les grimpeurs et les baroudeurs, une fièvre populaire qui savait se contenir ; encore aujourd’hui, c’est un de mes plaisirs de l’année. Mais quand j’y repense, je m’aperçois que ce sont les journées où le climat se déréglait qui m’ont le plus marqué. J’adorais que la pluie et le brouillard s’invitent sur la route, ajoutant à la course le frisson du danger. Ah, cette étape du Tour 1998 au cours de laquelle Marco Pantani s’était envolé au pied du Galibier dans des conditions dantesques…
Mon ancêtre le marquis de Launay, gouverneur de la Bastille de son état, ayant été décapité le 14 juillet 1789, je suis sceptique chaque fois qu’arrive cette date de ferveur nationale.…



