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Le Canon français : tirs de riposte
Pouvez-vous revenir sur les évènements survenus à Caen ?

Nous avons organisé à Caen notre banquet géant traditionnel, qui s’est révélé être un grand succès, avec plus de 4 300 participants. La députée insoumise Emma Fourreau a tenté de faire interdire la tenue du banquet en lançant une pétition… au prétexte que nous serions des nazis, des misogynes et des agents de l’extrême-droitisation des esprits.

Je tiens d’abord à dire qu’il s’agit d’accusations fausses et extrêmement graves, qui ont été d’ailleurs en partie montées par le journal Libération. Nous avons un service de sécurité très compétent qui ne laisserait jamais passer quoi que ce soit de politisé, et encore moins d’illégal – comme un salut nazi. Nous serions les premiers à évacuer des personnes qui se livreraient à de tels actes et d’ailleurs nous avons rédigé une charte dans laquelle nous proscrivons clairement toute démonstration politique ou militante. C’est du bon sens, a fortiori lorsque vous réunissez autant de personnes autour d’une table avec de l’alcool : c’est à nous d’éviter les discussions houleuses, voire l’effet « repas de Noël » qui finit fatalement en invectives. Au contraire, nous sommes là pour rassembler les gens et recréer du lien. Ce qui implique que chacun soit respectueux, et chacun l’est. [...]
Non, l’immigration ne paiera pas nos retraites

De l’extrême gauche à l’aile droite de la macronie, c’est devenu l’argument principal en faveur de l’immigration : elle serait le seul moyen de compenser le déséquilibre démographique des vieux pays occidentaux, afin de maintenir notre généreux modèle social à l’équilibre. En clair, il faudrait plus d’immigrés pour sauver notre système de retraite. Beaucoup a déjà été dit sur le scandale moral que recouvre cette proposition, à savoir l’idée, très néo-coloniale, selon laquelle les pays occidentaux doivent pouvoir continuer à jouir de leur niveau de vie confortable en aspirant simplement les forces vives des pays plus pauvres – et tant pis pour ces pays qui perdent leurs jeunes actifs dans l’équation, et avec eux la possibilité de se développer pour de bon.

Mais il manquait encore une déconstruction en règle de cette thèse sur le plan strictement mathématique et économique. C’est chose faite grâce à l’observatoire Hexagone, qui publie ce jeudi une étude en la matière.…

Éditorial d’Arthur de Watrigant : Printemps de façade

Il y a, dans le mois de mai, une grâce française. Non pas celle éclatante de l’été, qui se donne tout entière et finit souvent par se dissiper dans sa propre profusion, mais une grâce plus retenue. Les soirs s’allongent sans peser encore, les premiers rayons de soleil vous rehaussent l’extrémité des lèvres tandis que les rétines scintillent devant les robes encore froissées par le placard hivernal. La lumière s’attarde sur les façades sans vulgarité et les arbres redéploient leur majesté. Soudain, le pays se remet à respirer. La France n’est pas seulement un territoire, ni simplement une histoire, elle est aussi une manière d’accorder les choses. Quelque chose qui relève moins de l’organisation que de la composition. Mais cette justesse des lieux contraste avec le désordre des âmes. Comme si le pays retrouvait, le temps de quelques semaines, une forme de présence à lui-même, tandis que nous demeurions en retrait, incapables de répondre à ce qui nous était offert.…

Le mois d’avril d’un mot : empyrée
« C’est l’empyrée immense et profond qu’il me faut / La terre n’offrant rien de ce que je réclame » Victor-Hugo, un peu à l’étroit sur Terre, rêvait de l’empyrée (mot poétique pour dire ciel) dont l’infinitude serait plus à sa taille. Mais Reid Wiseman, commandant de la mission Artémis II, de retour de l’espace, ayant, lui, visité l’empyrée pour de vrai, se réjouissait, le 11 avril dernier, de retrouver le plancher des vaches : « C’est extraordinaire d’être humain, c’est extraordinaire d’être sur la planète Terre. » [...]
Patrimoine des ministres : la transparence ne sert à rien

Le spectacle est désormais bien rodé : celui d’une transparence affichée, presque ritualisée, où les patrimoines ministériels s’exposent au grand jour… et disent parfois bien plus qu’ils ne devraient.Les écarts sautent aux yeux. Près d’un ministre sur deux tutoie le million d’euros, avec un patrimoine moyen qui flirte avec les 1,5 million. À côté de ces réussites patrimoniales, quelques profils plus hésitants rappellent que l’aisance ne garantit pas toujours le sens de la gestion.

La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), née dans la foulée du scandale Cahuzac en 2013, veille au grain — du moins en théorie. Elle a récemment invité quatorze ministres à se déporter sur certains dossiers sensibles, tandis que plusieurs déclarations ont dû être corrigées.

Le cas Barbut, ou l’écologie à géométrie variable

C’est sans doute le cas de Monique Barbut qui concentre le mieux les ambiguïtés du moment. Ancienne figure du WWF, incarnation d’une écologie institutionnelle sûre d’elle-même, la ministre de la Transition écologique présente un profil patrimonial pour le moins révélateur.…

Léon XIV vs Donald Trump : vrai Messie et faux prophète

La confrontation devait arriver, mais on ne l’imaginait pas si violente. Tout a commencé dimanche, sur la base militaire d’Andrews, dans le Maryland : « Je ne suis pas un grand fan du pape Léon. C’est quelqu’un de très progressiste et peu soucieux de la lutte contre la criminalité », déclarait Donald Trump, l’accusant notamment de « faire joujou avec un pays qui souhaite se doter de l’arme nucléaire ».

Lundi, le président récidivait dans un long message posté sur son réseau social Truth, qui accusait pêle-mêle Léon XIV de soutenir le programme d’armement nucléaire iranien, de s’être opposé à l’opération militaire au Venezuela et de rencontrer des sympathisants de Barack Obama. « Je ne veux pas d’un pape qui critique le président des États-Unis parce que je fais ce pour quoi j’ai été élu ». Surtout, il expliquait que Léon avait été élu pape parce que le Vatican aurait vu en cet Américain le meilleur moyen de contrôler Trump.…

Ghislain Benhessa… sort la sulfateuse
Vous démontrez que l’UE est une hydre à deux têtes. D’un côté la Commission dirigée par l’ineffable Ursula von der Leyen, et de l’autre la Cour de justice.

Ursula von der Leyen se rêve en impératrice. Sa chevelure blonde incarne l’UE. Mais les pouvoirs dont elle dispose, ainsi que la Commission, dépendent largement de la puissance de frappe des juges européens, qui assomment dans l’ombre les États. Au fond, si l’Europe avance à bride abattue, imposant son fédéralisme par petites touches irréversibles, c’est grâce à ses robes noires. Nul ne les connaît, et pourtant, depuis les années 1960, ce sont eux qui dévitalisent la souveraineté des peuples. Retranchés à Luxembourg, ils font le boulot. [...]
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Marcel Gauchet : Audiovisuel public, stop ou encore ?
Depuis plusieurs mois, la commission d’enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public cristallise beaucoup de tensions. Quelles en sont les raisons ? Une commission d’enquête était-elle nécessaire ?

Cette commission d’enquête a transporté sur la scène publique une bataille idéologique qui traverse la société française : la bataille de la protestation dite « populiste » contre le « progressisme » officiel. Dans cette bataille, les médias sont un enjeu central. Étant donné son objet, comment une telle commission aurait-elle pu ne pas faire des remous ? La pugnacité de son rapporteur a fait le reste. Par principe, je crois à l’utilité de ces commissions, quand elles veulent bien ne pas être paresseuses ou complaisantes. Dans un système où chaque sous-système revendique son indépendance au motif qu’il est là pour défendre la cause sacrée de la liberté contre l’autorité, il est salutaire que celle-ci rappelle son existence et son rôle indispensable de gardienne de l’intérêt général. Il y a deux questions différentes à ce propos, une question de gestion et une question d’orientation. Première question : l’audiovisuel public fait-il bon usage des moyens qui lui sont alloués ? Question importante, certainement, mais somme toute banale. Elle n’a pris un tour inflammable, en la circonstance, qu’en fonction de la seconde question, beaucoup plus épineuse : l’audiovisuel public est-il pour de bon au service du public ? La question est difficile à récuser, on en conviendra. Elle s’imposait d’autant plus dans le cas particulier qu’une partie importante de ce public potentiel juge, à tort ou à raison, ne pas être pris en compte ou pire, être explicitement maltraité au profit d’une orientation partisane. C’est un reproche grave qui méritait amplement d’être soulevé et examiné. [...]

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