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Samuel Fitoussi… sort la sulfateuse

Les « valeurs de la République » : religion ou arnaque au patrimoine ?

Ce n’est pas une arnaque ! Je suis très attaché aux valeurs de la République, à savoir le respect des sensibilités, la sororité, et la lutte contre le réchauffement climatique. Par cette question, L’Incorrect s’exclut de l’arc républicain.

Vous imaginez un fact-checker en guerre contre la liberté d’expression. Quel fait vrai lui conseilleriez-vous d’interdire en premier ?

Sans les fact-checkers, le relativisme règnerait. Les mensonges (l’idée farfelue d’une surdélinquance immigrée) seraient mis au même niveau que les vérités incontestables (l’existence d’hommes enceints); les pseudo- sciences (la biologie comportementale) au même niveau que les vraies sciences (la sociologie des injustices de genre dans les cours de récréation). La mission des fact-checkers est noble : les faits, rien que les faits, tant qu’ils ne font pas le jeu du RN.

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Chaque lundi, vous publiez de délicieuses satires politiques dans le Figaro.…

15 octobre 1582 : un nouveau calendrier à l’avenir prometteur

Cocasse. Le 15 octobre 1582, à Rome, on est vendredi. La veille ? Jeudi, bien sûr. Mais jeudi 4 octobre, pas jeudi 14 ! Dix dates viennent d’être rayées du calendrier : on passe directement du 4 au 15. Diantre ! Et ce même vendredi, en France, les sujets du roi Henri III sont encore le 5 octobre. Un seul jour, deux dates : voilà de quoi donner la migraine.

Une petite explication s’impose pour comprendre cette faille spatio-temporelle.

Au XVIe siècle, le calendrier utilisé jusque-là, hérité de Jules César, finit par poser problème. En effet, ce calendrier dit « julien » compte une année trop longue d’environ onze minutes. On pourrait se dire, à juste titre, que l’écart paraît dérisoire. A l’échelle humaine, indubitablement. Mais accumulé sur des siècles, l’écart atteint dix jours. Mazette ! Et pour l’Église catholique, ce problème est tout sauf anecdotique puisque la dérive menace de décaler la fête de Pâques par rapport aux saisons.…

Le pape à Paris : un nouvel espoir

Tout le monde vous le dira : la foule, c’est pas mon truc. Les mouvements de masse, les grandes trémulations collectives, les messes dominicales augmentées à coups de beuglements de boy-scouts et de familles Benetton qui chantent à tue-tête, les paroisses moquettées comme des couloirs d’aéroport et les tropismes aviaires des foules pastorales, ce n’est pas vraiment la vision première que je me fais de la foi, ni de la piété. Pendant longtemps, j’ai méprisé ces rassemblements, que je tenais pour de l’idolâtrie. Pendant longtemps, faute de me coucher de bonne heure, j’ai cherché dans l’obscurité des monastères la flamme unique qui faisait vaciller mon cœur : celle d’un Christ inconnaissable – sinon dans les ténèbres et le recueillement. Je me sentais plus l’âme d’un Huysmans, le fonctionnaire qui se rêvait pèlerin, l’ancien martiniste séduit par les vapeurs d’encens, qui courait les messes de la capitale pour trouver celles qui se conformeraient le plus à ses tentations d’esthète.…

Éditorial d’Arthur de Watrigant : La fille prodigue

Il s’appelle Ambroise. Il est arrivé sur terre il y a un peu moins de trois ans avec de sacrés bagages en soute. Bien lourds. Ses parents les portent, sans jamais se plaindre, toujours joyeux. Ils sont admirables. Si on avait demandé son avis à une Intelligence artificielle ou à un médecin amnésique de son serment, il ne serait pas là. Les statistiques le donnaient bon perdant. Il n’aurait même pas dû franchir la ligne d’arrivée. Chez Ambroise, il n’y a pas grand-chose qui va. Rien n’est vraiment au bon endroit, on lui a même greffé un robinet au-dessus du nombril pour qu’il se nourrisse. Il est toujours là, défiant les probabilités. Un large sourire se dessine jusqu’à ses grosses lunettes, laissant juste apparaître deux petites dents. Le sourire des innocents. Sa tête lourde, perchée sur un petit cou, tombe en arrière. La position parfaite pour regarder le ciel. Il n’entend rien, ne voit pas grand-chose, mais dans la pénombre, il discerne mieux que nous tous la lumière.…

Blocus des lycées : l’école publique, otage de la gauche

On aurait tort de s’étonner du chaos qui bouleverse actuellement le paysage scolaire de notre pays. L’explosion était dans l’ordre des choses. La gauche a tout fait pour aboutir à ce désordre. Il était logique qu’il se produisît à la faveur de cette année présidentielle, comme pour installer un bras de fer et gagner par la rue l’audience que les sondages lui refusent pour le moment. La question des moyens aura servi de prétexte et fourni l’étincelle suffisante. Mais à quelles mesures politiques doit-on au fond cet embrasement sinon celles promues par la gauche depuis cinquante ans ?

Ouvrir largement les frontières et s’enivrer, la main sur le cœur, de cette dilatation inédite de la fraternité. Cultiver les communautarismes, au titre des sacro-saints droits de l’homme, et faire en sorte que les derniers venus ne s’intègrent pas à la maison commune. Accuser sans cesse notre histoire et notre culture comme pour les rendre inhospitalières.…

Jean-Éric Schoettl : Les juges à la barre

La montée en puissance du pouvoir juridictionnel a une longue histoire. Celle d’une émancipation qui finit par bousculer, voire inverser, les rapports entre pouvoirs dans les démocraties occidentales. En France, les « parlements » d’Ancien Régime jugent, mais aussi « enregistrent » les lois et lettres patentes émises par le roi. À partir du xvie siècle, ils ne se privent pas de refuser l’enregistrement et d’émettre des « remontrances » s’ils considèrent que l’acte qui leur est soumis est contraire à ce qu’ils estiment être les « lois fondamentales du Royaume ». Cela leur confère un pouvoir de veto qui n’est pas sans rappeler nos modernes cours constitutionnelles.

La Révolution réagit énergiquement contre cette hégémonie. La séparation radicale des sphères judiciaire, d’une part, législative et administrative, d’autre part, est proclamée par la loi des 16-24 août 1790 sur l’organisation judiciaire. En vertu de l’article 10 de cette loi : « Les tribunaux ne pourront prendre directement ou indirectement aucune part à l’exercice du pouvoir législatif, ni empêcher ou suspendre l’exécution des décrets du Corps législatif, à peine de forfaiture.…

Pierre Manent : Où vont les droits humains ?

Dans un livre limpide et profond, Agnès Louis s’attache à expliquer le singulier pouvoir de persuasion du progressisme sociétal contemporain : d’un côté, il annonce grandiosement chacune de ses innovations – nouveaux droits, nouvelles lois – comme l’advenue d’une nouvelle civilisation, une civilisation enfin humaine ; de l’autre, ou plutôt en même temps, il explique que ce grand changement ne change presque rien, plus précisément qu’il ne fait que prolonger la longue suite des « avancées » sociales et sociétales, qu’il n’est qu’une étape de plus dans la « longue marche des droits humains ».1 Ce dispositif moral et intellectuel mérite en effet une vaste et soigneuse enquête. Je voudrais seulement ici faire quelques remarques sommaires sur une faiblesse majeure du grand récit progressiste.

Tous les « nouveaux droits » peuvent être ramenés de bonne foi, comme à leur source, à l’article premier de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.…

Abbé Matthieu Raffray : Le boom des baptisés, qui l’eût cru ?

Depuis 2020, le nombre d’adultes baptisés a explosé avec un record en 2026. Comment l’expliquer ?

Je dirais d’abord que nous n’en sommes qu’au début. Je suis convaincu que le nombre de baptêmes ne cessera de croître et que le retour à la foi sera de plus en plus massif. Il y a trois ans, lorsque je disais à mes confrères que, sur les réseaux sociaux, des gens posaient des questions et s’intéressaient à la foi, on me répondait que tout cela était virtuel et que, dans les paroisses, on n’en voyait aucune conséquence. Aujourd’hui, toutes les paroisses, y compris dans nos campagnes les plus reculées, font l’expérience de personnes qui se tournent de nouveau vers la foi. On parle des baptêmes, mais on ne mesure pas du tout un phénomène bien plus important : tous ceux qui avaient été baptisés sans jamais recevoir d’éducation chrétienne et qui se mettent à pratiquer.…

L’Incorrect

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