
Caius Torpetius, que la postérité appellera Tropez, naît à Pise, en Toscane, au Ier siècle de notre ère. Issu d’une famille patricienne (d’extraction chevaleresque, comme disent les snobs contemporains), officier dans l’armée, il gravit rapidement les échelons et se retrouve à la tête de la garde personnelle de l’empereur Néron. Décidément, pas ouf comme plan de carrière d’être officier d’élite et chrétien sans reproche sous l’Empire romain, et ce ne sont pas Saint Maurice, Saint Sébastien et tous les autres qui diront le contraire.
Car justement, Tropez est devenu chrétien, lui aussi. C’était pendant la captivité de saint Paul, dont il assurait la surveillance. À force de discuter avec le saint apôtre, le jeune Caius a fini par se dire que tout ça était remarquablement cohérent, et hop. Logiquement, arrive donc ce qui doit arriver : à Pise, alors que l’empereur est en train de faire un superbe discours devant toutes-et-tous, en rappelant que c’est Diane, dont il est en train d’inaugurer le temple, qui a créé le monde, le chevalier jusque-là irréprochable administre à son n+1 une gifle de réalité : il n’y a qu’un seul Dieu et toutes ces billevesées ne mènent nulle part.…




