
Le 10 mai 1869, à Promontory Summit, dans l’Utah Territory, une petite ville de tentes et de baraquements s’est improvisée dans la poussière. Plusieurs centaines de personnes se pressent autour de deux locomotives qui se font face. Dirigeants, ingénieurs, ouvriers et invités se tassent avec toute la dignité que la circonstance exige pour assister à une cérémonie minutieusement préparée comme un événement national. Car, ce jour-là, la jonction du Central Pacific et de l’Union Pacific doit marquer l’achèvement du premier chemin de fer transcontinental américain. Le clou d’or (qui doit marquer la jonction officielle des deux lignes) est prêt, le télégraphe aussi, tendu comme un nerf. À peine la tâche accomplie, la nouvelle doit filer à travers les États-Unis. Deux compagnies, un continent, un clou : le récit officiel peut commencer. Et avec lui, une grande cause nationale, lancée sous Lincoln, et désormais offerte au pays comme preuve que l’Union peut, malgré la guerre civile qui vient de se terminer, se recoudre elle-même.…








