On aime, en documentaire, redoubler le sujet de l’enseignement, afin de faire passer les connaissances des élèves aux spectateurs. Qu’apprend-on, dans En formation, qui suit durant une année des étudiants en journalisme ? Que la fabrique du reporter est une fabrique à clichés, ce qu’on suspectait bien et qui relève en soi du cliché. L’insistance portée sur le storytelling et le calibrage des voix donne quelques scènes intéressantes mais trop répétées, si bien que le filon s’amenuise rapidement. Julien Meunier et Sébastien Magnier se mettent alors à guetter le réveil du citoyen dans la masse informe des futurs Pujadas.
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Celui-ci advient, lors d’une table ronde forcément cathartique où la critique du primat de l’émotion s’exprime en termes eux-mêmes émotionnels. Le retour du réel avec travaux pratiques post-attentats déçoit vite : « Tu n’as rien vu le 13 novembre, rien ! » Jamais les réalisateurs ne remettent en cause le système médiatique que Günther Anders dénonçait déjà comme un double fantôme du monde. Ils désirent seulement un journalisme plus respectueux, engagé, inclusif. En formation se condamne ainsi à son propre formatage, qui rime avec celui des étudiants. « Encore un siècle de journalisme et les mots pueront. », disait Nietzsche. On le rassure, les images aussi.
En formation (1h14) de Julien Meunier et Sébatien Magnier, en salles le 1er décembre





