On n’enlèvera pas à Laurent Cantet d’avoir trouvé en Arthur Rambo un excellent avatar à son Karim D., double évident de Mehdi Meklat. Mais partant du principe qu’il y aurait un mystère Meklat à dévoiler, son film est un échec total. Saisi en pleine gloire juste avant la chute, le héros est accompagné à chacune des stations qui le mènent au calvaire. Tous – éditeur, amis, famille – le mettent en accusation, et le petit arriviste bling-bling de devenir improprement une sorte de Rubempré christique.
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Cantet se garde toutefois d’en illustrer l’ascension qui invaliderait sa thèse. Aussi les tweets fatals, réécrits avec moult précautions, flottent sur l’écran, comme s’ils étaient le fruit d’un inconscient d’époque. Ce blanchiment rétrospectif bute sur une écriture indigente et des dialogues à basse psychologie (exemple : alors que Karim D. est réfugié chez sa mère, une bouteille de Coca lui explose au visage – la Pression –, mais une coccinelle se pose sur sa main – l’Espoir). Plat et redondant, le film nous ennuie avant même d’avoir commencé.
Arthur Rambo (1h27) de Laurent Cantet, avec Rabah Naït Oufella, Antoine Reinartz, Sofian Khammes





