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Adélaïde humiliée à l’Opéra de Paris : le « racisme d’opinion », un délit inconnu ?

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Publié le

27 mai 2022

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Adélaïde, jeune fille franche, simple et discrète raconte comment son rêve d’enfance a été littéralement détruit par une femme de gauche qui lui a prêté des opinions « racistes » se fondant sur des stages réalisés dans des journaux de droite, notamment L’Incorrect.
Adélaïde

Pourriez-vous résumer quels étaient vos dispositions en arrivant, ce qui s’est passé avec la responsable qui vous a reçue [appelée Mme X], et votre sentiment en quittant l’Opéra ?

Je dois reconnaître que j’étais très heureuse d’avoir un entretien à l’Opéra de Paris, c’était un rêve pour moi. Malheureusement, je n’ai pas pu devenir danseuse. Mais j’étais heureuse et sereine, même si je savais forcément qu’il fallait que je me défende sur mon CV. Cependant, je ne savais pas du tout que ça allait prendre cette tournure-là.

J’avais envoyé une candidature spontanée, il n’y avait pas d’offre d’emploi. La responsable m’a répondu : « Nous avons lu votre CV, est ce que vous êtes disponible pour un entretien ? » J’étais très surprise car je m’attendais vraiment à un refus de leur part. Je me suis dit que c’était cool qu’ils fassent fi de mon passé dans la presse d’opinion, et qu’ils se focalisent seulement sur mon diplôme en communication politique et institutionnelle. Ce qui est drôle c’est qu’au fond de moi, je me disais qu’ils allaient me faire venir simplement pour m’humilier. J’ai fait part de cette crainte à mon entourage qui m’a dit que ça n’arriverait jamais.

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Donc, elle m’a donné rendez-vous au palais Garnier, je suis arrivée par l’entrée des artistes et l’entretien s’est déroulé dans la cafétéria. J’étais un peu surprise que ça se déroule dans un espace public. Les premières minutes se sont bien passées : elle m’a demandé de me présenter, elle m’a montré une vidéo de l’Association pour le rayonnement de l’Opéra de Paris (AROP) et m’a demandé ce que j’en pensais. Je précise que j’ai postulé pour l’AROP et non pas directement pour l’Opéra de Paris. J’ai donc déroulé un argumentaire sur les différents enjeux de l’AROP pour promouvoir l’Opéra de Paris, avoir plus mécènes etc. Elle hochait la tête à chaque fois, je me suis dit que je ne disais pas de bêtises et que je semblais compétente. Je précise également que tout au long de l’entretien, elle n’a jamais dit que je n’étais pas compétente pour le poste.

Au bout de cinq minutes d’entretien, elle me dit soudain que j’ai un CV de presse d’extrême droite, je lui réponds qu’il s’agit de presse d’opinion, et elle me rétorque : « Non, il faut dire les mots, c’est de la presse d’extrême droite, eux-mêmes se revendiquent d’extrême droite ». Au début, je n’étais pas trop sur la défensive, je voulais vraiment paraître une fille bien élevée. Je reconnais qu’au bout d’un moment, je me suis écrasée un peu. De toute façon, je savais très bien qu’en entrant à l’Opéra de Paris, il fallait faire profil bas et que je devais défendre une institution. Donc si j’avais eu le poste, je comptais vraiment mettre de côté mes idées et défendre ce que voulait l’Opéra de Paris. Elle poursuit en me disant qu’elle a montré mon CV à son équipe, qui comprend des « personnes issues de l’immigration » qui apparemment seraient gênées de travailler avec moi et craint que je sois incapable de communiquer avec des gens de gauche et des « gens issus de la diversité ». Apparemment, ils doutaient tous que je puisse promouvoir la ligne culturelle de l’Opéra de Paris. Il n’y a pas vraiment de ligne politique là-bas, mais une idéologie qui promeut la « diversité » – Pap Ndiaye par exemple avait fait un rapport sur le sujet. Ils se disent neutres mais ils sont quand même politisés derrière. Pour les rassurer, je leur ai dit que j’ai passé cinq ans à la Sorbonne, dans un univers de gauche, que j’ai des amis de gauche, des projets d’études clairement orientés et que je m’y suis pliée. Malgré tout cela, elle ne me faisait pas confiance et partait du principe que je serai incapable de me plier à la ligne de l’Opéra de Paris.

C’est paradoxal car vous me parlez d’inclusion, de diversité, ce qui est très bien, bien sûr qu’il faut ça pour l’Opéra de Paris, mais vous me fermez vos portes tout simplement parce que je n’ai pas les mêmes opinions que vous. Donc vous n’êtes pas inclusifs et vous n’acceptez pas la diversité !

Au bout d’un moment, elle me dit : « Je vous avoue que je vous ai fait venir parce que je trouvais ça incroyable qu’une fille de droite avec un tel CV puisse penser que le monde de la culture s’ouvrirait à elle ». C’est à ce moment que j’ai vraiment compris que cet entretien n’était qu’une supercherie. J’étais un peu une bête de foire, elle voulait voir comment j’allais me défendre. Pour elle, c’était inédit de voir qu’une fille engagée dans la presse d’opinion de droite puisse aller dans le monde de la culture. Au bout d’un moment, je lui ai répondu : « Écoutez madame, je trouve que c’est paradoxal car vous me parlez d’inclusion, de diversité, ce qui est très bien, bien sûr qu’il faut ça pour l’Opéra de Paris, mais vous me fermez vos portes tout simplement parce que je n’ai pas les mêmes opinions que vous. Donc vous n’êtes pas inclusifs et vous n’acceptez pas la diversité ». Ce à quoi elle m’a répondu avec un sourire vraiment minable : « Mais madame, le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit ». Là, je commençais à bouillonner, je trouvais ça tellement facile et pas pertinent. Je lui ai donc asséné : « Écoutez madame, je pense qu’on a plus besoin de se parler ». Et on s’est quittées comme ça.

Quelles leçons retenez-vous de cette mésaventure ? Car la désillusion a dû être violente face à ce « racisme d’opinion » ?

Ce que je retiens de cette mésaventure, c’est que c’est très compliqué de trouver un travail lorsque l’on a eu de l’expérience dans la presse d’opinion, comme L’Incorrect. Personnellement, j’aime la presse d’opinion et je ne le cache pas. Je me rends compte que ça ferme des portes. C’était une vraie claque. La désillusion est grande et je vous avoue avoir pleuré après être sortie de l’entretien, mais ce n’était pas lié au fait de ne pas avoir eu le job, c’était vraiment une colère importante vis à vis du milieu culturel. Le fait de voir l’Opéra de Paris qui se gauchise à vitesse grand V, ou du moins qui a des salariés qui veulent promouvoir une ligne diversitaire et qui n’accueillent pas des gens qui ne pensent pas comme eux me rend dingue. Et c’est cela qui m’a fait énormément de mal.

L’autre leçon c’est que l’honnêteté peut être difficile parce que je n’ai rien caché dans mon CV, j’ai vraiment tout dit, et en fait c’est pour ça qu’elle m’a interpellée et qu’elle s’est foutue de moi. Et j’aurai très bien pu cacher mes expériences dans la presse d’opinion.

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Vers quoi allez-vous vous orienter après cette douche froide dans le domaine de la culture ? Allez-vous changer de secteur ?

Je pense que je vais quand même rester dans le journalisme, c’est pour cela que j’avais postulé à l’AROP parce-qu’il y a quand même un travail d’écriture et que c’était le milieu culturel, le milieu de la danse et de l’opéra qui sont vraiment des arts qui me passionnent. Mais là je suis un peu vaccinée de ce milieu culturel.

Comment allez-vous œuvrer pour que votre expérience ne soit jamais celle de d’autres jeunes ? Y avez-vous pensé ?

Si j’ai écrit sur cette histoire, ce n’était vraiment pas pour parler de moi, et au début je ne pensais pas que ça allait autant buzzer. C’était vraiment pour montrer l’état de discrimination qu’il y a aujourd’hui en France. On parle toujours de la discrimination en fonction du sexe, du « genre » comme on dit de nos jours, de la couleur de peau, etc. Et il y a vraiment de la discrimination sur les opinions politiques dont on parle très très peu. C’est vraiment pour ça que j’ai voulu prendre la parole… Je pense que je ne suis pas la seule et j’exhorte vraiment tous ceux qui ont été victimes de telles choses à prendre la parole !

Quel était le besoin de Mme X de vous recevoir en entretien, étant donné que la seule lecture de votre CV avait été décisif pour qu’elle prenne sa décision dès avant votre entretien ?

Je pense que son besoin était vraiment d’écraser une jeune diplômée, ex-stagiaire de Valeurs Actuelles, de L’Incorrect et de Boulevard Voltaire, elle prenait vraiment un malin plaisir à m’humilier et tout cela elle l’a quand même prémédité. Une chose que j’ai oubliée de préciser qui est quand même dingue c’est qu’on devait avoir un rendez-vous le lundi mais qu’elle l’a annulé, l’a reporté, et m’a quand même renvoyé un message en me disant : « Je vous redonne une nouvelle date ; on se voit mardi ». Et elle savait très bien qu’elle n’allait pas me prendre. Elle avait vraiment cette envie de m’humilier et de me broyer.

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