Lorraine année zéro : un cheminot veuf et papa-poule veille sur ses deux poussins étudiants, le manuel et l’intello. Mais l’aîné a de mauvaises fréquentations fachos et l’irréparable pointe le bout du nez. On n’en peut plus de ces banlieues ouvrières à la dérive traitées en cinoche MTV (L’Amour ouf), en mythe boursouflé (Leurs Enfants après eux) ou esthétisées avec narratif NFP (Jouer avec le feu). Delphine et Muriel Coulon ne filment que des clichés avec un sérieux de papesses (cf. l’usine désaffectée où un demi-monde de nazillons assiste à des combats de MMA la bave aux lèvres).
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L’angle mort – la seule violence impunie est celle d’extrême-gauche – condamne leur film à patauger dans l’idéologie. Toujours incapable d’articuler après cinquante ans de carrière, Vincent Lindon est ce Gabin progressiste qui porte sur son dos le poids d’un monde faux et frelaté. Jusque dans ses détails, le film ment : garé en face d’une maison, on y parvient essoufflé, mais pas dans une chambre de bonne après six étages à pied.
JOUER AVEC LE FEU (1 h 58), de Delphine et Muriel Coulon, avec Vincent Lindon, Benjamin Voisin, Stefan Crepon, en salles le 22 janvier.





