La nouvelle marotte des sociologues et des plumitifs de gauche, c’est la post-vérité. Gérald Bronner, Asma Mhalla, tous se sont engouffrés dans ce fumeux concept à la suite d’Emmanuel Macron, petit lieutenant de la vérité autorisée – celle de l’Union européenne, de la gauche raisonnable, de l’égalitarisme comme seule socle métaphysique possible. Dans son nouveau forfait Logocratie, notre kapo préféré Clément Viktorovitch, l’autre « maître du logos » après Alain Soral, continue sans vergogne à s’auto-paraphraser et à vulgariser un siècle de philosophie moderne. Le plus touchant, c’est sans doute de voir à quel point ces amuseurs de plateaux télé sont incapables de penser un monde autrement qu’à l’aune d’une sacro-sainte démocratie – cette même démocratie que Platon et Aristote conspuaient précisément pour sa porosité à l’autoritarisme aveugle des foules.
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On peut évidemment constater avec raison que les réseaux sociaux, le silotage numérique, l’abêtissement des populations via la sujétion du divertissement mondialisé et tout-puissant soient à l’origine d’un « saccage de la parole publique » et d’une « érosion du débat démocratique ». Mais enfin, faire remonter ce soi-disant effondrement aux effets de manche de quelques clowns d’État comme Trump ou Bolsonaro, tout en faisant de Macron le grand ordonnateur d’une redoutable matrice mensongère relève de l’amnésie pathologique. On conseillera donc à l’élève Vikotorovich de se pencher un peu sur Guy Debord ou Michel Clouscard, voire Joseph de Maistre, pour revoir un peu leur thèse à l’aune d’un corpus plus consistant – et surtout moins idéologue.






