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« Numéro 6 » est spécialiste des questions de sécurité. Il revient sur la gestion calamiteuse des manifestations non autorisées des Gilets jaunes à Paris, où les forces de l’ordre ont hésité entre provocation, répression et laisser-faire, pour le plus grand plaisir de la racaille et de l’extrême gauche.
« On s’est plantés » : c’est le bilan que tirait le ministre de l’Intérieur, le 1er décembre, sur le plateau d’une chaîne d’information en continu alors que, au même moment, à Paris comme en province, la France brûlait. L’aveu concernait-il la gestion de l’ordre public par les équipes de Beauvau et de la Préfecture de Police ? Non, l’échec que reconnaissait, à chaud et du bout des lèvres, Christophe Castaner, était simplement celui des « séquences de communication » dans la présentation de la politique énergétique du gouvernement… Pour le reste, « circulez, y’a rien à voir ! »
Le ministre de l’Intérieur est un (ancien ?) joueur de poker, c’est-à-dire un bluffeur. Comme ce samedi 24 novembre, jour de l’acte II des Gilets jaunes, lorsqu’il expliquait que les groupes qui dévastaient les Champs-Élysées étaient infiltrés et pilotés par des séditieux d’extrême-droite. La surprise qui se lisait alors sur le visage de son secrétaire d’État, Laurent Nunez (qui, lui, savait ce qu’il en était réellement), en disait long sur le culot du tout nouveau ministre. Les faits mettront d’ailleurs au jour le « fake » de Casta puisque parmi les interpellés ce jour-là, de fachos il n’y avait point…

À côté du ministre, il y a aussi le préfet de police dont la présence discrète a aussi quelque chose de surréaliste. Il y a six mois, le grand patron de la police parisienne s’était déjà brillamment distingué avec son traitement apocalyptique du 1er mai en laissant 2 000 nervis d’extrême gauche constituer librement un black-bloc sur le pont d’Austerlitz, lequel black-bloc ravagera ensuite tout un quartier. C’était le jour, chacun s’en souvient, où la direction de l’ordre public et de la circulation de la Préfecture de Police comptait dans ses rangs un observateur de choc, l’homme à tout faire de la macronie : le fameux Alexandre Benalla.
Malgré son incompétence manifeste et ses turpitudes printanières, la fine équipe de la PP ne sera jamais inquiétée administrativement. C’est donc tout naturellement que, à la veille de la première manifestation parisienne des Gilets jaunes, Michel Delpuech refit surface sur nos écrans pour annoncer, le vendredi 23 novembre que, promis juré, pas un Gilet jaune ne pourrait accéder aux Champs-Élysées. Ils furent 8 000 sur ladite avenue le lendemain, dans les conditions que l’on sait.
On croyait avoir tout vu mais, les mêmes causes entraînant les mêmes effets, ce qui devait arriver arriva : la France, à commencer par Paris, a connu, le 1er décembre, une vague de violences « sans précédent ».
Lire aussi : Grande Jacquerie des Gilets Jaunes, Acte IV, Scène 1.
Fidèle à sa stratégie de l’esbroufe, entre messages lénifiants sur les réseaux sociaux, visites de terrain démagogiques et déclarations convenues sur le respect de l’autorité de l’État, le locataire de la place Beauvau tente, depuis ce fiasco, lui aussi « sans précédent », dans le maintien de l’ordre d’expliquer qu’il y a un chef, un vrai, à la tête de la police et de la gendarmerie.

Le message semble cependant difficilement passer, si l’on en croit la presse écrite, ses troupes demandant à être reçues par le président de la République plutôt que par leur ministre. Cette défiance est légitime tant les errements dans le traitement de cette crise sont inquiétants de la part d’une équipe dont la démission paraîtrait logique. Totalement débordés par l’ampleur des troubles, le ministre de l’Intérieur et son préfet de police naviguent à vue dans la « gestion de l’ordre public ». Ils sont bel et bien comptables de la débâcle ; le 24 novembre, ils abandonnaient les Champs-Élysées aux casseurs puis, une semaine plus tard, leur décision de contenir passivement les Gilets jaunes sur la place de l’Étoile permettait aux plus radicaux de passer à l’action contre des forces de l’ordre livrées en pâture à des tueurs de flics.
D’authentiques fanatiques
Qui sont-ils ces « factieux »? Des nostalgiques du 6 février 1934, comme l’affirme M. Castaner au terme d’une lecture hasardeuse des événements? Évidemment non. La vérité, c’est que cet épisode des « Gilets jaunes » a révélé l’existence d’une extrême gauche envers laquelle les pouvoirs publics se sont montrés bien trop complaisants. N’en déplaise aux autorités obsédées par la « Peste Brune » et le « retour de la bête immonde », le fait est que ce sont bien des activistes issus de la nébuleuse d’ultra-gauche (anarchistes, antifa, pro-migrants, collectifs contre les violences policières, etc.) qui ont opéré dans Paris.
Les racailles sont là. pic.twitter.com/SgLeFGoyYQ
— L'Incorrect (@MagLincorrect) December 8, 2018
Certes, ils se sont appuyés sur des forces supplétives, et notamment sur nos fameux « jeunes » de banlieues, trop heureux d’investir Paris pour y incendier des véhicules, détruire du mobilier urbain, piller les magasins, agresser et voler les simples badauds. Mais, à la manœuvre, dans l’ombre, il y avait d’authentiques fanatiques, connus des services spécialisés pour leur appartenance à la mouvance la plus extrême du gauchisme. Et ces terroristes en puissance avaient un objectif : se faire du flic.
Face à cette réalité, dont nos doctes Bisounours du nouveau monde n’ont à l’évidence pas pris la mesure : le paradigme du maintien de l’ordre « républicain et démocratique » – en vertu duquel un manifestant violent reste un honnête citoyen qui, pris par l’effet de foule, s’égare temporairement – doit être abandonné. Les forces de l’ordre sont confrontées à des groupes d’activistes agissant méthodiquement, se déplaçant rapidement, maîtrisant parfaitement les techniques de maintien de l’ordre (en connaissant donc les faiblesses) et celles de la guérilla urbaine.
Le principe – découlant du paradigme du manifestant « bon père de famille » – selon lequel policiers et gendarmes doivent rester à distance des manifestants et n’user que très modérément de la force, aboutit, dans le cas d’espèce, à laisser des voyous commettre les pires exactions. La preuve : qui n’a pas vu l’effet pour le moins réduit qu’exercent les grenades lacrymogènes, destinées à disperser la foule sans blesser quiconque, sur cette engeance révolutionnaire ? Il est temps de passer à autre chose et de donner aux policiers et aux gendarmes les moyens de neutraliser de tels individus.

Outre un assouplissement procédural conjugué avec un alourdissement des peines encourues, il convient surtout de s’orienter vers un maintien de l’ordre dynamique, autorisant le contact physique avec les agitateurs, avec, dans ce cas, une présomption de légitime défense pour les policiers et gendarmes participant aux opérations de maintien de l’ordre.
Cela veut dire qu’il faut assumer, politiquement notamment, l’hypothèse d’un « drame » dans le camp des « pseudo-manifestants » en revenant sur la jurisprudence « Malik Oussekine ». Dans des situations comme celles que nous avons connues ces derniers temps, c’est un maintien de l’ordre « d’exception » qu’il faut urgemment mettre en place. Et vite !
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