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Éditorial d’Arthur de Watrigant : L’humilité des braves

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Publié le

5 mars 2026

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« Du Parti socialiste au centre-gauche, en passant par les Verts et les Communistes, tous ont permis que Quentin Deranque soit tué. » Éditorial du numéro 95.

La France est un vieux pays et la mort rôde. « Nous avons bien souvent regretté d’être nés/ Dans un pays trop vieux, une époque tardive », murmure Michel Houellebecq dans son nouvel album au crépusculaire doux et racé. Est-ce la fin ? Le poète n’a jamais paru aussi serein. « Il faut que la mort vienne, la mort douce et profonde, bientôt les êtres humains s’enfuiront hors du monde », nous console-t-il, porté par la musique de Frédéric Lo qui rappelle que lorsque la mélancolie danse avec l’élégance, elle peut tutoyer le sublime. Pourtant le poète se bat. La mort est imminente, mais il continue. Il était encore là, en première ligne il y a quelques jours lorsque nos parlementaires abattaient une à une les digues pour légaliser l’euthanasie, pour créer cette nouvelle catégorie d’êtres humains : les éligibles, c’est-à-dire ceux qui ne méritent plus de vivre. Houellebecq se tenait debout pour rappeler que l’âme de notre civilisation repose sur notre attachement non-négociable à la dignité de l’Homme. Notre civilisation n’a peut-être plus envie de vivre après tout. Elle est fatiguée et les vautours rôdent. Ils veulent leur part.

On les a vus tournoyer au-dessus du corps de Quentin Deranque. Un jeune homme de vingt-trois ans, chassé, lynché et tué avec un acharnement bestial. Pour une seule raison : il incarnait l’ennemi existentiel. Il était catholique, il était patriote, il était identitaire. Trois raisons de lui ôter sa dignité. Toute la gauche s’est levée avec Mélenchon et même un peu plus. Quentin ne pouvait être une victime, encore moins un martyr. Il fallait le salir pour absoudre les coupables, cette milice antifa lâche et abjecte qui entrait triomphalement au parlement il n’y a pas si longtemps avec la bénédiction de toute la gauche. Toute. Ils connaissaient leurs méthodes, ils les ont acceptées et les accepteront encore parce que leur différence n’est pas de nature, seulement de degré.

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Alors les vautours ont tournoyé, dans l’espoir de récupérer quelque chose. Ils ont scruté au microscope la marche digne de ces milliers de Français qui rendaient hommage à leur enfant. Ils guettaient le moindre signe douteux pour se donner bonne conscience, désirant au plus profond de leurs cœurs qu’elle se termine en guerre civile. Ils ont falsifié le récit en bons staliniens, ils ont menti avec l’aplomb des ordures amputées de la honte. Les coupables mènent la danse. Du Parti socialiste au centre-gauche, en passant par les Verts et les Communistes, tous ont permis que Quentin Deranque soit tué. Le sang a coulé sur les planches du théâtre antifasciste. Celui d’un innocent. Qu’importe, ils rejouent et joueront encore la pièce. Elle commence par un refus d’une poignée de main à l’Assemblée nationale et se termine en massacre sur le bitume.

C’est le prix du paradis sur terre laisseront-ils entendre. Fidèle à sa nature, cette gauche croit toujours que débarrassée de ses structures mauvaises, l’Eden jaillira des terres de France. Cela vaut bien quelques tueries. Mais seuls nos morts gisent sous nos pieds et Quentin Deranque les a rejoints. Nous sommes les héritiers et les débiteurs. Un héritier ne se soumet pas et un débiteur ne ploie le genou que pour toucher cette terre qui, il n’y a pas si longtemps, illuminait le monde. La reddition n’est pas et ne sera jamais une option. Jamais. Alors il faut se battre, centimètre par centimètre, sans jamais oublier de lever les yeux vers le ciel car, « le nationalisme manque d’infini » écrivait Barrès. Pour une fois, Cyrano se trompait. Ce n’est pas bien plus beau parce que c’est inutile. Non, ça l’est parce qu’on ne sait pas. On appelle ça l’humilité des braves.


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