Skip to content

« The Polarization Myth » : le consensus conservateur

Par

Publié le

2 avril 2026

Partage

À rebours du mythe de la polarisation de nos sociétés, Jonathan Butcher, chercheur du think tank américain Heritage Foundation, démontre qu’il existe un solide consensus conservateur, ralliant environ deux Américains sur trois. Les positions culturellement progressistes sont en fait confinées à une petite élite.
© Goldwater Institute

C’est l’un des lieux communs les plus tenaces de notre époque : les nations occidentales seraient de plus en plus polarisées, en proie aux « extrêmes » politiques. Les enjeux culturels et sociétaux diviseraient âprement les électeurs en parts presque égales, au point d’empoisonner le climat social et le débat public. Habituellement, la faute est rejetée sur les conservateurs, qui seraient coupables d’entraver la marche vers le progrès en soulevant des questions « qui divisent ».

Dans The Polarization Myth, Jonathan Butcher, chercheur du think tank américain Heritage Foundation, prend le contrepied de cette légende urbaine. Avec un sondage détaillé sur les questions touchant aux relations interraciales, au transgenrisme et aux valeurs enseignées à l’école, il démontre que derrière le discours sur la « polarisation », la réalité est tout autre : il existe un consensus conservateur dont on ne parle jamais, ralliant environ deux Américains sur trois, peu importe les partis. Les positions culturellement progressistes sont confinées à une petite élite qui, parce qu’elle détient les leviers du pouvoir et se trouve surreprésentée dans les médias, paraît bien plus nombreuse qu’elle ne l’est.

Par exemple, 23 % seulement des Américains croient que la discrimination positive devrait être employée dans la sélection universitaire, alors que 45 % des administrateurs scolaires y adhèrent. De la même manière, 54 % des dirigeants croient aux politiques « d’équité, diversité et inclusion », alors que seulement 34 % des citoyens en disent autant. Ce fossé béant n’indique pas une population divisée en parts égales, mais bien davantage des institutions déconnectées du peuple qu’elles doivent servir.

Lire aussi : « Against the Machine » : retrouver notre humanité

Les citoyens sont aussi univoques sur la question du transgenrisme. Lorsqu’on leur demande si les écoles devraient cacher aux parents que leur enfant envisage de changer de genre, comme le veut la politique de nombreuses écoles, seuls 23 % y sont favorables. De la même manière, les deux tiers des parents s’opposent à l’enseignement de la théorie du genre à l’école primaire, contre à peine 20 % qui y seraient favorables. Même si ces positions dites conservatrices font consensus, elles sont loin d’être appliquées partout, tant la peur de la controverse a pris le dessus.

Quant aux valeurs enseignées à l’école, le consensus passe à l’unanimité. Les administrateurs autant que les parents s’entendent pour dire qu’il faudrait remettre l’accent sur les savoirs de base, enseigner davantage le sens civique et la vertu, et replacer la culture du mérite au centre de l’éducation nationale. Celui qui voudrait la réformer n’aurait donc pas d’opposition au-delà d’une micro-minorité vociférante, qui terrifie nos élus, mais ne représente qu’elle-même.

Pragmatique comme une note de think tank, The Polarization Myth donnera espoir aux lecteurs conservateurs. Alors qu’on leur répète que leurs idées sont corrosives et qu’elles divisent, leur pensée est en fait majoritaire, voire consensuelle, au sein du peuple. Ce qu’on appelle « polarisation » est en réalité un débat entre une élite hors-sol, qui poursuit ses propres lubies idéologiques, et une majorité qui n’y adhère pas, mais qui jouit de moins de tribunes pour manifester son scepticisme. Un rappel salutaire dont les élus auraient besoin, alors qu’ils évoluent trop souvent dans une chambre d’écho progressiste qui parvient à leur faire croire que le sens commun serait radical, voire « extrémiste ».


THE POLARIZATION MYTH: AMERICA’S SUPRISING CONSENSUS ON RACE, SCHOOLS AND SEX, JONATHAN BUTCHER, ENCOUNTER, 248 P., 25 €

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest