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Pour contrebalancer la force d’inertie des grands partis déliquescents, les initiatives de rassemblement se multiplient à droite. La dernière en date est orchestrée par l’élu régional, ex-RN, Pascal Gannat, depuis les Pays de la Loire et vers toute la France.
Dans votre région, vous avez créé avec quatre autres élus anciens du RN, un groupe indépendant nommé « Alliance pour les Pays de la Loire » qui a vocation à fédérer tous ceux qui se reconnaissent dans la droite, quelles que soient leurs étiquettes partisanes. Avez-vous vocation à dupliquer ces structures dans d’autres régions ou bien dans des communes, à l’occasion des prochaines élections municipales ? À terme, est-ce un collectif que vous comptez constituer dans la France entière ?
Plusieurs centaines d’élus et cadres ayant quitté le RN, et d’autres, DLF, le CNIP, le PCD, le SIEL font le constat de l’impasse politique de la désunion aux seconds tours. J’avais participé au lancement de l’Appel d’Angers pour l’union des droites, qui a été considéré avec méfiance et mépris par les deux grands partis, qui ont combattu cette exigence des électeurs contre les partis. Le RN croit trouver un second souffle à gauche et LR ont décidé de servir de force d’appoint à LREM, ayant renoncé à la droite. Cette identité de vue nous conduit logiquement à créer la « Coordination des élus nationaux » qui va débuter son existence avec 2020, regroupant des élus de la France entière. Pour les municipales, étant partisans de l’Union des droites, nous soutenons ceux des candidats issus du RN ou non, voire proches d’autres partis qui animent ou participent à des listes locales d’union, que ce soit au Mans ou à Cogolin, par exemple. Notre but n’est pas de de créer un parti, ni de combattre le RN, ou d’autres, mais de faire vivre la nécessité de l’union pour vaincre la gauche, un « Vivre ensemble » à droite. Nous participerons aux prochaines départementales et régionales dans cet esprit d’union des droites.
Lassés des martingales électorales, les Français de droite attendent une espérance : la politique ce sont des idées avant d’être des voix. Si nous leur parlons un langage de vérité, ils l’entendront, comme une liberté retrouvée, celle d’être pleinement eux-mêmes.
D’une manière générale, l’union des droites bute sur les structures partisanes, notamment le front républicain initié par Jacques Chirac et maintenu encore aujourd’hui comme doctrine au sein des LR. La récente exclusion d’Érik Tegnér, qui n’était pourtant même pas candidat à des élections locales, en est la preuve vivante. Dans ces conditions, comment pensez-vous pouvoir infléchir le discours et les pratiques des appareils ? Misez-vous avant tout sur les petites communes où les élus ne sont pas encartés ?
Les appareils sont devenus des machines à produire des mandats et des salaires au profit de clans, reposant sur des réseaux et lobbys. Ce sont les électeurs qui feront fléchir et vaciller les appareils. LR prépare son basculement vers LREM, et laissera vacant un espace électoral qu’a également abandonné le RN : cela prépare de futures recompositions autour d’une droite que je nomme « maximale », comme on le dit de la dose d’un médicament nécessaire à la guérison. La maladie étant l’électoralisme fondé uniquement sur de la com’. Et des éléments de langage, sans principe, sans filiation, sans analyse des réalités de la société française, et finalement sans analyse de ce qu’est réellement la société française. Lassés des martingales électorales, les Français de droite attendent une espérance : la politique ce sont des idées avant d’être des voix. Si nous leur parlons un langage de vérité, ils l’entendront, comme une liberté retrouvée, celle d’être pleinement eux-mêmes. Dans les petites communes, de nombreuses personnes de droite participent à des initiatives : le ciment de l’union ce sont des convictions ancrées.
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Vous avez été récemment exclu du RN dont vous avez dénoncé la gauchisation. Pensez-vous avoir été victime de vos positions conservatrices, notamment concernant la famille ? Votre exclusion n’est-elle pas un signal inquiétant pour ceux qui veulent allier conservatisme et populisme ?
En m’excluant avec un reproche d’« homophobie » non explicité, pour avoir critiqué le député Chenu et avoir retweeté trop souvent Agnès Cerighelli, la bête noire du lobby LGBT, Marine m’indiquait ainsi la voie à suivre : rompre avec le politiquement et sociétalement correct, et le clanisme dans lequel elle a enfermé le RN, et je l’en remercie. Très sincèrement. Dès ma nomination comme tête de liste aux régionales en Pays de Loire, j’ai été l’objet d’attaques et de reproches quand j’ai préconisé la fin des subventions régionales au Planning dit « familial », par antiphrase. Aujourd’hui le RN affirme que la natalité est nécessaire à la solidarité intergénérationnelle des retraites par répartition. Qui croire : Bruno Bilde le Héninois s’abstenant de voter à l’AN contre la PMA sans père, ou Jérôme Rivière issu du MPF de Philippe de Villiers ? Il faudra trancher.
La droite doit rebâtir une politique économique des libertés, une politique sociale fondée sur la famille et son patrimoine et une politique culturelle qui ne soit pas qu’identitaire, mais qui passe par les communautés naturelles de base, de la famille aux communes, de la nation aux enracinements.
Le populisme de gauche contient une contradiction, que les Gilets jaunes ont exprimée : on ne peut représenter les libertés et le souverainisme du peuple en défendant l’étatisme et son intrusion idéologique dans tout l’espace du corps social. La droite doit rebâtir une politique économique des libertés, une politique sociale fondée sur la famille et son patrimoine et une politique culturelle qui ne soit pas qu’identitaire, mais qui passe par les communautés naturelles de base, de la famille aux communes, de la nation aux enracinements.
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