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Coordinatrice du collectif VigiGender et auteur du livre Enquête sur la théorie du genre (Artège), Esther Pivet assure un travail d’information auprès des parents et des enseignants sur la diffusion de la théorie du genre à l’école.
De quand date l’arrivée de la théorie du genre à l’école ?
La théorie du genre est arrivée en 2010 dans les manuels scolaires de SVT en première et de sciences économiques et sociales en seconde, qui expliquaient que le masculin et le féminin étaient uniquement des constructions de la société. En 2014, le genre a envahi tous les niveaux par le biais des Outils pour l’égalité filles garçons, qui ont remplacé l’ABCD de l’égalité dans le but de déconstruire les stéréotypes sexués, au motif qu’ils ne seraient que construits afin d’asservir les femmes à des tâches et des métiers jugés sans valeur. Depuis 2016, cette théorie est explicitement enseignée dans les manuels d’Enseignement moral et civique à partir de la 5e. Enfin, à la rentrée 2019, elle a investi massivement les nouveaux manuels de SVT et de SES de seconde, expliquant aux jeunes que l’identité sexuelle serait un ressenti et que notre sexe, qui nous aurait été « assigné à la naissance », ne dirait rien de nous.
Heureusement beaucoup d’enseignants résistent – merci à eux – mais beaucoup aussi sont complices, soit par militantisme, soit par ignorance, le mensonge du genre avançant masqué sous les atours consensuels que sont l’égalité filles-garçons et la lutte contre l’homophobie.
Constatez-vous une évolution ?
La propagation du genre à l’école s’est fortement accrue depuis 2013 avec la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux personnes de même sexe, la loi « Justice du XXIe siècle » en 2016, qui a permis le changement de sexe à l’état-civil sans opération chirurgicale, et la création en 2012 du Haut comité à l’égalité entre les femmes et les hommes, qui établit des recommandations visant non pas une égalité en dignité et en droit, à situation égale, mais une indifférenciation des hommes et des femmes dans tous les champs de la société, puisqu’il n’y aurait aucune spécificité masculine ni féminine, tout étant le fruit d’une construction. Ainsi l’égalité filles-garçons enseignée à l’école exclut toute influence du corps sexué sur les aspirations et les comportements masculins et féminins. Depuis 2014, les fondements du genre sont inscrits dans la formation des professeurs, qui apprennent à déconstruire les stéréotypes sexués et à ne pas faire de différence entre garçons et filles. Heureusement beaucoup d’enseignants résistent – merci à eux – mais beaucoup aussi sont complices, soit par militantisme, soit par ignorance, le mensonge du genre avançant masqué sous les atours consensuels que sont l’égalité filles-garçons et la lutte contre l’homophobie.
Lire aussi : Homophobe ? Et ta soeur !
Comment êtes-vous reçus par les directeurs d’établissement lorsque vous les contactez ?
Au cours de l’année scolaire 2017-2018, VigiGender a envoyé un livret intitulé Le Genre en images aux directeurs de 50 000 établissements scolaires, publics comme privés. Ce livret recense les modes de diffusion du genre à l’école et dans la société, à travers de nombreuses illustrations. Plusieurs directeurs nous ont remerciés et ont commandé d’autres exemplaires pour les distribuer aux professeurs. D’autres nous ont adressé des mails témoignant de leur action militante auprès des enfants. Quant à l’Éducation nationale, plusieurs académies ont envoyé aux directeurs d’établissement un mail demandant de ne pas diffuser le livret et alléguant que VigiGender « tente de démontrer que le ministère poursuit un objectif d’indifférenciation des filles et des garçons et de promotion de l’homosexualité ».
La lutte contre l’homophobie mise en œuvre consiste à mettre sur le même plan les orientations hétérosexuelle et homosexuelle, et à banaliser tous les comportements sexuels, en affirmant que la sexualité c’est uniquement prendre du plaisir. C’est en réalité un irrespect total de la personne humaine et un viol de la conscience de nos enfants.
Qu’y a-t-il à cacher, sinon la vérité qui dérange ?
Oui, l’Éducation nationale a une vision de l’égalité qui réduit la différence sexuelle à une différence biologique sans influence ni signification. Oui, elle promeut l’homosexualité en la présentant comme équivalente à l’hétérosexualité. La lutte contre l’homophobie dont il est question à l’école n’est pas une éducation au respect de toute personne, homme ou femme, infiniment aimable et dont il faut prendre soin. La lutte contre l’homophobie mise en œuvre consiste à mettre sur le même plan les orientations hétérosexuelle et homosexuelle, et à banaliser tous les comportements sexuels, en affirmant que la sexualité c’est uniquement prendre du plaisir. C’est en réalité un irrespect total de la personne humaine et un viol de la conscience de nos enfants.
Propos recueillis par Arthur de Watrigant
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