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C’est une quasi certitude : Joseph Biden sera le challenger démocrate de Donald Trump en novembre prochain. À en croire les sondages, il serait déjà le futur président des États-Unis d’Amérique. On disait la même chose en 2016 d’une certaine Hillary Clinton mais les sondeurs ne sont pas les électeurs. On peut déjà noter qu’à rebours du renouvellement générationnel claironné ces derniers temps (France, Autriche, Finlande, Arabie Saoudite, Canada…) Joe Biden est né en 1942 et Donald Trump en 1946.
Dans l’hypothèse d’une réélection en 2024, Biden aura 82 ans et potentiellement 86 en 2028. Les admirateurs du nouveau-monde, qui se félicitaient qu’à la suite de Justin Trudeau, une Alexandria Ocasio-Cortez ou un Pete Butigieg incarne une nouvelle élite, plus jeune, moins « hétéro-patriarcale », plus « inclusive » et plus féminine, se retrouvent aujourd’hui à choisir entre deux « mâles blancs » de plus de 70 ans, amateurs de femmes par dessus le marché. « Sleepy Joe » comme l’appelle méchamment le président américain, caracole dans les sondages. Mais avec les casseroles ukrainiennes de son fils n’est-il pas le meilleur ennemi de Trump?
Avec les casseroles ukrainiennes de son fils n’est-il pas le meilleur ennemi de Trump?
Bernie Sanders était susceptible de lui disputer des États-pivots comme le Kentucky ou le Tennessee. Les électeurs démocrates ont préféré l’assurance d’un ancien vice-président centriste, plus populaire dans le Vieux Sud que dans les terres industrielles et agricoles de la Grande Plaine. Après la tornade Trump, assisterons-nous à l’onction progressiste d’un sénateur du Delaware élu pour la première fois en 1972, quand Richard Nixon était à la Maison-Blanche ? Biden rassure avec sa bonhommie. Déjà les élites euro-atlantiques se frottent les mains. Avec le retour du parti démocrate, les relations transatlantiques vont pouvoir reprendre comme avant. Le protecteur américain, rassurant et fidèle, sera là pour nous dire quoi faire.
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Jean-Pierre Raffarin ironisait sur la fermeture des frontières américaines le 12 mars sur Twitter: « Merci à Donald Trump pour sa fidélité à l’amitié «euro-atlantique »!! Avec des alliés comme ça on est en toute sécurité !!! ».
Le valet de Pékin est à l’image de la bourgeoisie française de toujours, sans cesse à chercher un maître à l’étranger.
Celui qui est aujourd’hui le valet de Pékin est à l’image de la bourgeoisie française de toujours, sans cesse à chercher un maître à l’étranger. Le pire adversaire du président sortant vient en réalité d’ailleurs. Il est venu de Chine avec le fameux virus Covid-19 et d’Arabie Saoudite avec le krach pétrolier. Cette mise en quarantaine de l’économie mondiale donne des allures d’apocalypse et pourrait bien effacer les bons résultats affichés jusqu’ici.
Est-ce pour autant la faute du capitalisme et du libre-échange ? Évidemment non, les grandes pandémies de l’histoire se sont transmises et se transmettront à l’avenir avec ou sans frontières. Il n’empêche que des précautions ne sont pas inutiles, sinon à quoi bon confiner les gens ? L’occident redécouvre, un peu éberlué, les limites de son expansion et les vertus des États-nations. L’occident comprendra-t-il un jour qu’il est mortel et que, s’il ne se protège pas des menaces extérieures, d’autres civilisations sont déjà prêtes à le remplacer ? Donald Trump et Joe Biden sont des vestiges de l’ancien monde.
Hadrien Desuin

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