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« Communion » : en quoi croit J.D. Vance ?

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Publié le

11 août 2026

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Après le succès d’« Hillbilly Elegy », la sortie du nouvel ouvrage du vice-président J.D. Vance, portant sur sa conversion au catholicisme, était très attendue. Et pourtant, « Communion » est moins une confession spirituelle qu’un livre de campagne, qui révèle le rôle nouveau et primordial de la foi dans la vie publique américaine.
© DR

Si J.D. Vance est aujourd’hui vice-président des États-Unis, c’est grâce à un livre, Hillbilly Elegy, qui a propulsé cet avocat et investisseur originaire de l’Amérique rurale vers une célébrité instantanée. En racontant son histoire familiale marquée par l’abandon de son père, la toxicomanie de sa mère et la force de sa grand-mère, il a mis en lumière comme aucun autre les maux des « petits blancs » qui ont voté en masse pour Donald Trump. À l’annonce d’un nouvel ouvrage, portant sur sa conversion à la foi catholique, les attentes étaient élevées, mais vouées à être déçues, car un politique en campagne n’écrit pas avec la liberté d’un auteur sans attaches.

Communion conserve en partie l’aspect biographique qui a fait connaître Vance, mais avec un ton immanquablement plus politique. Il y raconte comment les difficultés de sa jeunesse, mais surtout la culture des milieux universitaires et professionnels d’élite, l’ont conduit à s’éloigner de la foi. Plongé dans une culture où le travail passe avant tout, à la recherche du statut social et du succès matériel, Vance finit par en percevoir la vacuité, et à désirer davantage. Sa rencontre avec Usha, son épouse, constitue également un point tournant. Bien qu’elle ne soit pas chrétienne, l’amour qu’il éprouve pour elle remet en cause ses priorités, et le lance dans une quête spirituelle et intellectuelle qui le conduit à rejoindre l’Église catholique en 2019.

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Ce récit semblera sans doute familier aux jeunes, des deux côtés de l’Atlantique, qui reviennent à l’Église par désillusion envers le matérialisme et le nihilisme ambiants. On se désolera néanmoins qu’il soit confiné à la première moitié de l’ouvrage, la seconde portant davantage sur la carrière politique de l’auteur. Celle-ci s’attarde, sans grande subtilité, à diverses controverses récentes, afin de lisser son image en prévision de la succession du président Trump. Sa conversion au populisme, sa relation avec le pape, le discours de Munich et l’épisode des « cat ladies » sont abordés sur un ton parfois repentant, toujours posé, pour répondre aux critiques. Il en va de même d’enjeux polarisants comme l’immigration, le soutien à Israël ou l’avortement : Vance évite les positions tranchées, comme pour plaire à l’ensemble de sa coalition.

 Le vice-président est néanmoins très clair dans son adhésion à un conservatisme à la fibre sociale, alors qu’il critique sévèrement la droite libérale, pour sa vénération du PIB au détriment des familles et de la nation. Notons que l’on ne trouve jamais dans Communion une critique frontale de l’État-providence. Son auteur se dit bien davantage préoccupé par l’avenir des familles américaines et par la démographie des nations occidentales, questions sur lesquelles il se positionne sans équivoque. Ce basculement que l’on observe depuis une décennie aux États-Unis, entériné par le favori pour porter ses couleurs en 2028, marque une vraie rupture avec l’ère Reagan et Bush.

 Sans surprise, ce deuxième récit de J.D. Vance n’est en rien comparable au premier, puisqu’il s’agit surtout d’un livre de campagne. Il démontre néanmoins qu’au sein de la droite américaine, la place de la religion évolue. Moins concentrée sur les questions de mœurs, elle se redéploie autour des besoins fondamentaux de sociabilité, familiale et civilisationnelle, au cœur des angoisses contemporaines, notamment chez la génération Z. Comprendre ce nouveau rôle de la foi dans la vie publique, qui dépasse les États-Unis, est fondamental pour saisir l’esprit de l’époque.


COMMUNION: FINDING MY WAY BACK TO FAITH, J.D. VANCE, WILLIAM COLLINS, 304 P., 23 €

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