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Marion Maréchal, victime du coronavirus !

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Publié le

13 avril 2020

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Marion Maréchal allait être en devanture de toutes les librairies! Et des maisons de la presse ! On allait, à nouveau, ne parler que d’elle. Et puis le coronavirus l’a atteinte. Stoppée pour au moins quatre mois. Pourra- t-elle encore, un jour, « maîtriser à fond le système / Accéder au pouvoir suprême / S’installer à la Présidence / Et de là faire bander la France » ?

 

 

 

Pas loin de trois cents pages. Une couverture aguicheuse. Un titre qui ne l’est pas moins: Marion Maréchal – Le Fantasme de la droite. Le livre était annoncé pour le 2 avril. Sur le site de l’éditeur, c’est d’ailleurs ce qui est toujours écrit. Les « bonnes feuilles » avaient même été réservées pour publication, quelques jours plus tôt, par un grand hebdomadaire. Et puis le Covid-19 s’est abattu sur la France comme la petite vérole sur le bas-clergé breton, et les librairies, qui ne sont pas considérées comme des commerces de première nécessité, au contraire, par exemple, des « activités financières et d’assurance », ont fermé. L’éditeur aussi. Le 16 mars, « en raison de la situation sanitaire », les éditions du Rocher ont suspendu toute activité dès le soir même et « jusqu’à nouvel ordre », suspendant toutes leurs parutions. Le livre consacré à Marion Maréchal est reporté à la rentrée. Pas sûr qu’il reste grand-monde pour le lire à ce moment-là dans les Ehpad…

Après s’être demandé – ou avoir feint de se demander – quel intérêt pouvait bien présenter sa courte existence, elle a tout de même, selon nos informations, accepté de rencontrer l’auteur, qui n’est autre que Louis Hausalter, journaliste politique à l’hebdomadaire Marianne.

On ne sait donc pas précisément ce qu’il y a dedans, mais c’est déjà un événement qu’à 30 ans (elle les a fêtés le 10 décembre dernier), Marion Maréchal fasse l’objet d’une biographie, « non autorisée » certes, selon la formule consacrée qui signifie qu’elle n’a pas exercé de droit de regard sur ce qui a été écrit, mais à laquelle elle ne s’est pas opposée. Après s’être demandé – ou avoir feint de se demander – quel intérêt pouvait bien présenter sa courte existence, elle a tout de même, selon nos informations, accepté de rencontrer l’auteur, qui n’est autre que Louis Hausalter, journaliste politique à l’hebdomadaire Marianne. De gauche, certes, mais réputé pour son travail sérieux. Marion Maréchal l’a vu, pas pour se livrer, ce qu’elle ne fait qu’avec parcimonie, mais pour préciser certains points et lui apporter des éclairages. Selon les rares qui ont eu le privilège de lire ce livre, il en a tenu compte.

Parmi lesquels Jean-Marie Le Pen en personne, Samuel Maréchal (le père de Marion), le directeur de la rédaction de Valeurs actuelles, Geofroy Lejeune, qui est un ami de longue date de l’ex-député de Vaucluse, ce qui ne l’empêche pas d’entretenir avec elle des relations tumultueuses, ou encore les membres de « garde rapprochée », à savoir François de Voyer, Erik Tegnér et Jacques de Guillebon, le directeur de la rédaction de L’Incorrect.

« Pour distinguer la réalité du fantasme », et retracer le parcours de celle qui, au moins dans l’imaginaire de la droite, a « réussi l’amalgame de l’autorité et du charme », le journaliste a enquêté. Selon nos recoupements, il a sollicité des entretiens avec une bonne cinquantaine de personnes. Presque toutes ont accepté de lui parler, plus ou moins longuement. En l’autorisant à les citer nommément. Parmi lesquels Jean-Marie Le Pen en personne, Samuel Maréchal (le père de Marion), le directeur de la rédaction de Valeurs actuelles, Geofroy Lejeune, qui est un ami de longue date de l’ex-député de Vaucluse, ce qui ne l’empêche pas d’entretenir avec elle des relations tumultueuses, ou encore les membres de « garde rapprochée », à savoir François de Voyer, Erik Tegnér et Jacques de Guillebon, le directeur de la rédaction de L’Incorrect.

Marine Le Pen, qui, sollicitée par texto, aurait répondu par le canal par trois lettres: « Non ».

Seules trois personnes auraient refusé : Yann Maréchal, la mère de Marion, mais celle-ci a toujours fui les journalistes; Madeleine de Jessey, l’ancienne présidente de Sens commun, qui a pourtant accompli une partie de sa scolarité en même temps qu’elle à l’Institution Saint-Pie X, à Saint-Cloud, bien qu’elles n’y étaient pas particulièrement liées; et… Marine Le Pen, qui, sollicitée par texto, aurait répondu par le canal par trois lettres: « Non ».

 

Lire aussi : L’UNION EUROPÉENNE : STOP OU ENCORE ? PAR MARION MARÉCHAL

 

De tous les témoins, Arnaud Stephan, l’ancien conseiller en communication de Marion Maréchal, aurait été le plus prolixe, ce qui promet quelques propos qui ne vont pas améliorer ses relations avec la direction du Rassemblement, Samuel Maréchal le plus précis, Philippe Olivier, beau-frère et conseiller de Marine Le Pen, le plus critique, et Jacques de Guillebon le plus « cash » dans la formulation, plus encore que le député Gilbert Collard.

 

« Le bouquin a plusieurs qualités, nous confie un journaliste qui a pu le lire aussi sur épreuves. D’abord il est honnête. L’auteur a tenu à rester au plus près de la réalité et il n’a pas cherché à verser dans le sensationnalisme, ni à faire les fonds de tiroirs des ragots. Ensuite il ne s’est servi que de ce qui “fait sens“, c’est-à-dire de ce qui permet d’expliquer comment Marion s’est construite, puis comment elle est devenue, peut-être sans en mesurer au début les conséquences, l’égérie que l’on connaît ». Pas de lacunes? « Si, enchaîne le même : bien qu’il s’efforce de rester neutre, on sent bien, à certaines formulations, que Louis Haushalter a une culture de gauche et qu’il ne maîtrise pas toute la pensée de droite, mais les approximations sont mineures ».

« La troisième, c’est qu’à la question que tout le monde se pose, celle de sa volonté de se porter candidate à la présidence de la République, son entourage la pousse à l’être mais en réalité, elle-même ne sait pas si elle veut vraiment y aller et préfèrerait peut-être apporter son soutien à quelqu’un d’autre, mais un quelqu’un d’autre qui n’existe pas pour le moment ».

Et la tonalité dominante ? Un autre confrère, de droite celui-là, nous l’affirme : « Il en ressort trois choses. La première, c’est que Marion Maréchal est une bosseuse, ce qui n’est pas la règle du genre dans ce milieu. La deuxième, c’est qu’il ne se trouve personne pour en penser du mal, du moins sur le plan humain. La troisième, c’est qu’à la question que tout le monde se pose, celle de sa volonté de se porter candidate à la présidence de la République, son entourage la pousse à l’être mais en réalité, elle-même ne sait pas si elle veut vraiment y aller et préfèrerait peut-être apporter son soutien à quelqu’un d’autre, mais un quelqu’un d’autre qui n’existe pas pour le moment ».

 

Si « le fantasme de la droite » en est elle-même à fantasmer sur un hypothétique sauveur, on n’est pas sorti de l’auberge.

 

Bruno Larebière

 

 

 

MARION MARÉCHAL, LE FANTASME DE LA DROITE Louis Hausalter Le Rocher 288 p. –16,90 €

 

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