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« Choisir la France, c’était aussi choisir le catholicisme ». Dès le début Inès-Marie annonce la couleur. Née à Tunis sous le prénom d’Anissa, elle est adoptée au bout de quelques semaines par une famille française de la même origine, de confession musulmane, vivant dans les Vosges. Un sacré départ.
Pas évident de se construire une identité avec ces fragments: elle apprend son adoption à l’adolescence, peu de temps avant le décès de sa mère adoptive. La jeune fille doit alors avancer sans repères véritables: « Je ne connais pas les circonstances de mon adoption ni mes véritables origines, les seules petites informations que j’ai pu recueillir se trouvent sur les quelques documents que j’ai trouvés. Ce que je sais c’est que finalement c’est la France qui m’a adoptée, au fil du temps ». En quête de vérité, celle qui s’appelle encore Inès s’intéresse à de nombreux domaines dont la physique quantique, l’art et l’étude de différents courants religieux. Si bien qu’un trouble commence confusément à se faire sentir: « Je sentais que quelque chose n’allait pas quand je lisais le Coran, cela ne résonnait pas en moi ». Parallèlement à cette recherche de sens spirituel, Inès fait un test ADN. Le résultat ne l’éclaire pas davantage, puisqu’elle y découvre des origines génétiques tant européennes que proche-orientales.
« La chance qui m’a été donnée est d’avoir eu une représentation du tableau de Roberto Ferruzzi accrochée sur le mur de ma chambre, “La Madonnina”, alors que toute ma famille vivait dans l’islam pratiquant. Je le voyais tous les jours et cela respirait la bonté et l’amour.
Alors comment s’est construit cet intérêt pour le Christ? « La chance qui m’a été donnée est d’avoir eu une représentation du tableau de Roberto Ferruzzi accrochée sur le mur de ma chambre, “La Madonnina”, alors que toute ma famille vivait dans l’islam pratiquant. Je le voyais tous les jours et cela respirait la bonté et l’amour. Plus tard en lisant les Évangiles j’ai ressenti une force gigantesque qui semblait m’amener vers la Vérité. J’ai su que c’était cela que je recherchais depuis tant d’années. Il y a cette alliance de l’Amour et de la Vérité si unique, cette Vérité salvatrice qui nous rend libre ». Inès entame donc discrètement les démarches auprès de la paroisse de Saint-Dié pour débuter la formation qui mène du catéchuménat au baptême. Un lien très fort se crée avec la communauté catholique des Vosges, notamment avec Mgr Didier Berthet, l’évêque de la région. Un parcours de plus d’un an l’attend et elle y met tout son cœur. Pas toujours en accord avec le discours qu’on lui tient, qui lui parait parfois absurde :
Quand on lui demande si elle souhaite ajouter un prénom chrétien au sien elle n’hésite pas une seconde. Ça sera Inès-Marie.
« On m’a notamment dit que nous ne détenions pas la Vérité, que chacun avait la sienne. Pourquoi alors me convertirais-je au catholicisme si la Vérité est multiple? » Malgré ces réelles épreuves, rien ne pourra arrêter ce processus si profondément ancré en elle depuis l’enfance. Quand on lui demande si elle souhaite ajouter un prénom chrétien au sien elle n’hésite pas une seconde. Ça sera Inès-Marie.
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Pudique, elle a hésité avant de raconter son histoire. « Je me souviens de cette journée de questionnement, mon âme était très tourmentée, je n’étais pas en paix. J’ai demandé de l’aide à Dieu et j’ai senti une goutte d’eau glisser sur mon font. Je l’ai perçu comme une révélation, je portais déjà une croix et je commençais à ressentir ce besoin du baptême, ça a été pour moi l’élément déclencheur. » Courageuse, Inès va donc braver les interdits et les peurs du regard de ses proches et de sa famille. Si tout le monde n’est pas encore au courant, celle qui s’appelle Inès-Marie depuis maintenant deux ans ne se cache plus et porte sa croix et son médaillon de baptême avec ferté.
Elle parvient à prier à l’intérieur de la maison natale de la Vierge Marie. Le recueillement au Saint-Sépulcre la marque : « C’est le centre du monde, il s’y dégage une énergie incroyable »
Après Pâques 2018, Inès-Marie se rend en pèlerinage en Israël où elle visite les lieux saints. Elle participe notamment, « vraiment par le fait du hasard », à une procession aux flambeaux à Nazareth où elle a été choisie pour porter la lumière au-devant du cortège. Elle parvient à prier à l’intérieur de la maison natale de la Vierge Marie. Le recueillement au Saint-Sépulcre la marque : « C’est le centre du monde, il s’y dégage une énergie incroyable »
Mais « tout ne se règle pas par le baptême. Ce qui change c’est que l’esprit de Dieu est véritablement présent en moi et Il agit. Malgré les difficultés je parviens à progresser et à en tirer du positif. Parce que Dieu est amour Il s’offre à nous pour nous transformer et nous transfigurer ».
Aujourd’hui, Inès-Marie vit dans le sud de la France et est en reconversion professionnelle. Mais « tout ne se règle pas par le baptême. Ce qui change c’est que l’esprit de Dieu est véritablement présent en moi et Il agit. Malgré les difficultés je parviens à progresser et à en tirer du positif. Parce que Dieu est amour Il s’offre à nous pour nous transformer et nous transfigurer ». Changement de vie radical pour cette jeune trentenaire qui, par son courage et sa volonté, veut donner à la hauteur de ce qu’elle a reçu. Inès-Marie a commencé à travailler sur l’écriture d’un livre qui retrace son parcours, « pour témoigner de ma foi en l’ouvrant au monde, et peut-être montrer à des jeunes qui sont dans cette situation et qui souhaiteraient se convertir, que oui c’est possible. Cela vous rendra enfin libre! »
Sylvain Durain
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