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Inédit en français jusqu’à aujourd’hui, Vie à vendre est un livre à la fois typique et singulier dans l’œuvre de l’écrivain-samouraï. Singulier, parce que, publié en 1968, il possède la tonalité et la désinvolture de cette époque prônant l’amour-libre et les psychotropes.
Typique, parce que Mishima n’y met pas moins en scène ses obsessions : le choc d’Éros et Tanatos, l’oscillation entre absurdité et transcendance, fût-ce sur un rythme pop, tout en raillant au passage la pusillanimité des hippies. Un homme de 27 ans, Hanio, croit voir un jour les mots imprimés sur la page d’un journal se disperser comme des colonies de cafards. Tout perd alors sa saveur, il tente de se suicider, se rate, et a soudain l’idée beaucoup plus originale de mettre sa vie en vente. Le voici alors précipité dans une suite de missions suicidaires, dans les bras de femmes névrosées ou assoiffées de sang et dans les rets d’une mystérieuse organisation secrète. D’une maîtrise admirable, ce « roman d’aventures psychédélique », comme le définit l’auteur, est une pépite rare.
Romaric Sangars
VIE À VENDRE Yukio Mishima Gallimard 272 p. – 22 €

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