Skip to content

L’esclavage en France : de la réglementation à l’abolition

Par

Publié le

15 septembre 2020

Partage

Illégal en France métropolitaine depuis le Moyen-Âge chrétien, l’esclavage réapparaît sous l’Ancien Régime avec la découverte du Nouveau Monde. D’abord réglementé par Colbert, il est définitivement aboli en 1848 par Victor Schœlcher.
Louis X

« Il n’y a ni hommes ni femmes, ni Juifs ni Grecs, ni hommes libres ni esclaves, vous êtes tous un en Jésus-Christ », affirme l’apôtre Paul dans son épître aux Galates. À l’orée du Moyen-Âge, cette révolution chrétienne commence à porter des fruits dans le royaume de France et le lent travail d’adoucissement des mœurs entrepris par le christianisme transforme la condition de l’esclave antique en celle du serf reconnu comme une personne humaine à part entière, même s’il ne peut se marier sans l’autorisation de son maître.

En 1315, Louis X le Hutin va même jusqu’à publier un édit affirmant que « selon le droit de nature, chacun doit naître franc ». Officiellement, depuis cette date, l’esclavage est aboli en France et « le sol de France affranchit l’esclave qui le touche ». Une situation qui ne sera jamais remise en cause sur le territoire métropolitain.

Toutefois, c’est à la faveur de la découverte du Nouveau Monde que l’esclavage va être toléré puis règlementé dans les colonies malgré les multiples condamnations de l’Église

Toutefois, c’est à la faveur de la découverte du Nouveau Monde que l’esclavage va être toléré puis règlementé dans les colonies malgré les multiples condamnations de l’Église (bulle Sicut Dudum du pape Eugène IV en 1435, bulle Romanus Pontifex de Nicolas V en 1454, etc.). Des condamnations qui visent cependant à l’époque Portugais et Espagnols plutôt que Français.

C’est au XVIIe siècle que la France entre de plain-pied dans le commerce d’esclaves. Elle le réglemente dans le cadre du commerce triangulaire où avec la complicité active de négriers arabes et de roitelets noirs, des armateurs déportent des esclaves d’Afrique noire pour les faire travailler en Amérique du Nord où l’on manque de main-d’œuvre.

Lire aussi : Thierry Lentz : « L’irruption de la race dans le débat public est le fait de groupes minoritaires et subversifs »

Le code noir, préparé à cette fin par Colbert et publié par Louis XIV en 1685 assimile de fait les esclaves à des biens meubles même s’ils bénéficient de droits humains minimaux qui leur garantissent d’être nourris et vêtus convenablement, d’être instruits dans la religion catholique et de bénéficier du repos dominical. Aucune torture ne peut, par exemple, leur être appliquée. Avec la complicité de Jacobites et Irlandais exilés en France, les grands ports négriers (Nantes, La Rochelle, Le Havre, Bordeaux, Saint-Malo et Lorient) se développent au XVIIIe siècle, au moment où l’esclavage est de plus en plus remis en cause.

Comme pour la prostitution, l’esclavage pose une question philosophique de principe : peut-on règlementer une situation de fait tout en prenant le risque de l’institutionnaliser et d’en devenir le complice ? Aboli pour la première fois sous la Convention en 1794 avant d’être rétabli par Bonaparte dans les colonies en 1802, l’esclavage sera définitivement aboli par Victor Schœlcher en 1848.

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest