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À contre-courant

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Publié le

2 novembre 2020

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En 1891, à l’âge de 16 ans Winston Churchill fit une prédiction devant son camarade Murland Evans : « La Grande-Bretagne va être confrontée à une invasion d’une ampleur inouïe, Londres va être en danger, et dans les hautes fonctions que j’occuperai, il me reviendra de sauver la capitale et l’Empire ». Cinquante ans avant la Seconde Guerre mondiale, Churchill avait pressenti un destin qu’il accomplit en dépit d’obstacles considérables.
Chrcuhill

À l’inverse de ce que l’on pourrait croire, le plus grand des dirigeants britanniques du XXe siècle ne fut pas en son temps admiré et soutenu. La monumentale biographie de l‘historien Andrew Roberts montre à quel point au contraire il fut méprisé et rejeté par l’establishment anglais. Méprisé pour son caractère flamboyant que l’on estimait vulgaire, méprisé pour son ambition que l’on jugeait arriviste, méprisé pour son courage que l’on estimait dangereux. Jusque dans les heures sombres de la guerre, les responsables politiques anglais n’ont fait que tolérer Churchill, faute d’autre possibilité. Seul le peuple lui resta fidèle.

Andrew Roberts livre ici le récit époustouflant d’une vie faite tout entière de combat. L’ouverture récente d’archives (comme le journal intime du roi Georges VI) révèle le courage, la puissance de travail et la volonté de fer de Churchill. Sa foi inébranlable dans la supériorité du peuple britannique fit de lui l’homme de la situation en 1940. À ceux qui proposaient un accord honteux avec les nazis, Churchill opposa un programme simple : « L’heure est venue : tuer le boche ».

Lire aussi : Ceux qui savent qu’on nous ment

Son sang-froid et sa détermination ont soutenu le moral de la population britannique comme ils soutiennent le moral du lecteur d’aujourd’hui. En cette époque macroniste où les nains régentent tout, la relation de la vie de Churchill raffermit les cœurs et élève les âmes. Désigné comme va-t-en-guerre dans les années 30 parce qu’il dénonçait Hitler, conspué pour son anti-communisme à la fin des années 40 parce qu’il s’opposait à la mainmise soviétique sur la moitié de l’Europe, voici de nouveau Churchill en procès : les demeurés actuels du progressisme dénoncent son prétendu racisme en peinturlurant ses statues.

Rien ne change finalement, car s’opposer aux imbéciles fut la raison d’être de Winston Leonard Spencer- Churchill. N’a-t-il pas avoué à un ami : « J’ai un penchant contre lequel je devrais peut-être rester vigilant : nager à contre-courant » ?

Churchill d’Andrew Roberts
Perrin, 1360 p., 29€

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