C’est un grand succès, et en 2020, alors que le spectacle a fini par réunir 300 000 spectateurs en Italie et à New York, Guerritore décide de rendre Jeanne d’Arc à sa chère patrie, profitant pour ce faire du centenaire de sa canonisation. Séverine Cojannot est choisie pour interpréter en français le feu de la jeune sainte brûlée vive.
Avec le poteau du supplice en fond de scène, la comédienne se défend devant les spectateurs, alternant des moments du procès, les souvenirs de sa geste et des envolées lyriques comme consumée en même temps par sa foi, sa mission et son martyre. Séverine Cojannot, complètement habitée par Jeanne, est bouleversante. Elle incarne à merveille cette pureté implacable et tranchante, et à la fois enfantine, de la sainte attachée à l’Église du ciel et confrontée à l’Église militante comme aux manigances politiques de son temps.
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C’est plutôt du côté de la dramaturgie que les choses pèchent, sans gâcher non plus la performance de Séverine Cojannot. Passe encore une bande-son épique un peu facile et envahissante (Carmina Burana, L’Adagio de Barber, Woodkid ou Queen…), mais les vidéos projetées en fond de scène et qui tentent de relier Jeanne à des figures de l’Histoire récente aussi discutables que Che Guevara ou ridicules que Greta Thunberg, franchissent les limites du bon goût comme de la comparaison historique pertinente. Cette outrance pompière est d’autant plus inutile quand on présente le personnage le plus éblouissant de l’Histoire mondiale.
C’est en cela, d’ailleurs, que ce spectacle possède aussi une vertu thérapeutique essentielle. À une époque où l’islam dénature, entre autres choses, les mots de pureté, de radicalité, de folie inspirée, rappeler par la pucelle qui libéra Orléans et fit sacrer le roi à Reims que ces mots nous sont néanmoins vitaux, est une entreprise salutaire.





