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Autant en emporte great America : Le réveil sécessionniste

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Publié le

11 mars 2021

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Le 26 janvier, le député républicain Kyle Biedermann a déposé un projet de loi visant à proclamer l’indépendance du Texas. La Maison Blanche prend l’affaire très au sérieux. Les États-Unis sont-ils à la veille d’une nouvelle sécession ?
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Le duel Donald Trump-Joe Biden a réveillé chez certains élus américains des velléités de séparatisme. Wyoming, Mississippi, Colorado, autant de « blue » ou de « red states » qui font l’objet de frondes orchestrées par leurs propres élus lesquels considèrent que « le gouvernement fédéral laisse tomber continuellement les familles de travailleurs, les personnes âgées, les contribuables, les anciens combattants et les propriétaires de petites entreprises », comme le constate Kyle Biedermann. Une défiance vis-à-vis de Washington que quatre ans de mandature Trump ont considérablement accentuée et qui a trouvé son point d’orgue lors de l’invasion du Capitole, par tout ce que compte la nation américaine de complotistes, de membres de l’extrême droite et autres partisans du Sud confédéré.

« Beaucoup de nos États ont la capacité d’être autonomes, et nous regardons vers le Texas, et la possibilité qu’il fasse sécession », déclare de son côté Frank Eathorne, président de la section des Républicains du Wyoming. « Cette décision aura des conséquences profondes pour l’avenir de notre république constitutionnelle. Peut-être que d’autres États devraient s’y joindre et former une Union d’États qui respecteraient la constitution ». Depuis des années, en Californie, dans le Colorado ou le Vermont, des campagnes font la promotion de l’indépendance, toutes lancées par des groupes politiques qui cultivent la nostalgie d’un âge d’or que l’on ne voit plus que dans les livres d’histoire ou sur les écrans d’Hollywood.

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Un phénomène qui alimente les tensions dans un pays qui ne s’est jamais remis du traumatisme de la guerre de Sécession (1861-1865), qui a fait des millions de morts de part et d’autre et qui reste profondément marqué par une fracture raciale. En novembre 2019, le leader antisémite de « Nation of Islam », Louis Farrakhan, n’avait pas hésité à réclamer que le gouvernement fédéral octroie un État aux Afros-américains. « Nous ne disons pas que nous ne voulons pas nous intégrer, nous disons simplement que c’est l’heure pour notre nation d’émerger et de posséder son propre État. C’est ce que Dieu veut ! » s’écriait sur Instagram celui qui a depuis reçu le soutien du mouvement « Black Lives Matter ». À Hawaï, des mouvements indépendantistes ont d’ores et déjà obtenu un certain nombre de concessions qui pourraient permettre à l’île (annexée illégalement par les États-Unis en 1898) d’organiser un référendum sur sa souveraineté. 

Une nouvelle sécession est-elle envisageable ? Selon une étude de l’Institut de sondage Zogby international, 68 % des Américains n’étaient pas opposés à ce que leurs États respectifs se séparent du reste du pays en décembre 2017. Démocrate ou Républicaine, c’est la génération des 18-30 ans qui est la plus réceptive au sécessionnisme. « Les fantômes du président Abraham Lincoln, (« Je dois sauver l’Union ») et du président Thomas Jefferson (« Une rébellion est nécessaire à chaque génération ») semblent toujours planer au-dessus du paysage politique américain », conclut l’étude.

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