Il semblerait que l’association « Cafet en Kit », présente sur le campus de Sciences Po Grenoble, ne servira désormais plus que des menus halal ou végétariens. Pouvez-vous nous confirmer cette information ?
C’est du moins ce qu’ils ont publié sur leur compte Instagram avant qu’ils ne suppriment la publication, suite à la réponse de l’UNI Grenoble. Si le message n’est plus disponible sur les réseaux sociaux, c’est uniquement pour éviter d’avoir des problèmes de la part d’associations telles que la nôtre qui pourraient contester ce « 100% halal ». Ils vont continuer à faire progresser ce projet sans le dire, puisqu’ils ont même trouvé un fournisseur de viande halal. Pareillement, s’ils avaient décidé de changer de ligne, ils auraient probablement fait un contre-communiqué.

Qui est à l’origine de cette initiative, et comment cette décision a-t-elle été prise ?
Nous n’avons pas de précisions sur l’origine de cette idée, puisque nous n’avons pas beaucoup de contacts avec « Cafet en Kit ». Mais l’initiative vient d’eux. Cette association est par ailleurs affiliée à Sciences Po, qui la reconnaît et qui la soutient, puisqu’elle dispose même de locaux au sein de l’école. Ces locaux sont très pratiques pour tous les étudiants, puisqu’ils leur permettent de se nourrir rapidement le midi au lieu de faire une heure et demie de queue au Crous. Les élèves seraient donc presque obligés de consommer du halal si la démarche de « Cafet en Kit » venait à aboutir, puisqu’ils n’ont pas le temps d’aller dans les autres restaurants universitaires s’ils veulent pouvoir suivre tous leurs cours. Cette décision vient de l’association, mais a probablement été approuvée par la direction : si, malgré le communiqué d’hier, il n’y a pas de réponse de l’institution, c’est qu’ils ont eu vent du projet en amont, ou bien qu’ils cautionnent cette politique.
Quelles ont été les réactions des étudiants sur le campus ?
J’en ai parlé à quelques amis, et de ce que j’ai pu voir, la majorité des gens ne sont pas d’accord avec cette décision. Mais, contrairement aux militants de l’UNI, les étudiants n’ont pas forcément l’envie ou le temps de s’engager, ou ne veulent pas être affiliés à nous par peur d’être taxés d’islamophobie. Et du coup, par peur et par manque d’intérêt, personne ne proteste vraiment. Mais globalement, les étudiants sont plutôt en désaccord.
Vous êtes actuellement responsable du groupe UNI Grenoble, l’une des rares associations qui s’est opposé à ce projet. Que comptez-vous faire désormais ?
Si ce projet venait à se concrétiser, en ma qualité de responsable, j’irais en parler avec la direction du campus de Grenoble, puisque j’y suis étudiant. De même, nous sommes en train de lancer une pétition au niveau national pour essayer d’avoir une réaction soit de l’IEP, soit de l’UGA (Université de Grenoble-Alpes). Mais malheureusement, quand la décision sera prise et que l’engouement médiatique sera passé, même si nous ferons de la communication à notre échelle, il sera très difficile de faire marche arrière et les étudiants seront obligés de consommer du halal.
Cet événement n’est pas sans rappeler l’affaire des deux professeurs taxés d’islamophobie sur le campus de Grenoble. Un rapport avait pointé du doigt l’extrême-gauche étudiante. Que cette nouvelle affaire nous dit-elle du climat idéologique qui y règne ? L’islamo-gauchisme a-t-il gagné ?
Je ne sais pas si l’on peut dire qu’il a gagné, mais on peut dire qu’il est dominant autant dans l’administration que dans les associations. La majorité des étudiants ne sont pas d’extrême-gauche, mais plutôt de gauche modérée, centristes ou de centre-droite. Cependant, ils ne sont pas influents dans les associations, qui sont pour le coup majoritairement contrôlées par des militants de gauche radicale et proches de l’islamo-gauchisme.
Je pense que cette affaire révèle trois problèmes majeurs que l’on peut voir au sein de l’IEP. En premier lieu, on voit un net attachement des groupements étudiants aux questions qui touchent à l’islam ainsi qu’à sa place dans la société, et qui implique un gros manque d’objectivité de certains sur ce sujet. Ensuite, on n’a pas encore vu des initiatives en faveur du casher ou du poisson le vendredi midi, mais par contre, on distribue du halal à tout Sciences Po Grenoble, alors que les musulmans sont une extrême minorité dans l’institut. Cette affaire pose ainsi la problématique de la discrimination des autres croyances au sein de l’école. De fait, je suis en faveur d’un traitement égal de tous les étudiants peu importe leur religion, dans l’idée républicaine de la laïcité, ce qui implique qu’il ne devrait y avoir aucun menu religieux. Enfin, je me pose aussi la question de la maltraitance animale : les étudiants d’extrême-gauche retournent bien souvent leur veste à ce sujet. Ces personnes, qui nous expliquent tout l’année qu’il faut abolir la chasse et qu’il faut diminuer drastiquement notre consommation de viande, défendent une tradition qui prône l’égorgement de l’animal sans aucune forme d’étourdissement, parce que ça touche à l’islam.
Ces trois points montrent à quel point l’université Grenoble-Alpes et en particulier Sciences Po sont gangrenés par cette idéologie. L’islamo-gauchisme n’a donc pas encore gagné, mais il progresse petit à petit. Le rôle des syndicats étudiants et des associations doit être de lutter contre des mesures de ce type.





