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Pas de deux pour Emmanuel Macron

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Publié le

3 mars 2022

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Alors que les présidentielles approchent, Emmanuel Macron s’impose aux yeux des français dans le conflit russo-ukrainien en tant que médiateur, mais également en tant que chef d’État d’une France subordonnée.
Macron

« Malin » et « qu’aura-t-il fallu » sont surement les deux réflexions qui nous viennent à l’esprit après l’allocution du Président ce mercredi soir. Malin car s’il est confortablement installé dans la posture du protecteur de la nation, dans un fauteuil pour sa réélection, il reste encore au Président à négocier le passage clé de l’annonce de candidature, compliqué dans le contexte actuel. Il s’agit en effet de trouver le trou de souris qui lui assurerait d’être audible sans renvoyer l’exercice au trivial, alors que la guerre tonne à 2 300 kilomètres de Paris. D’où la réponse – pour une fois ramassée, treize minutes en tout – apportée hier soir : une approche en deux temps.

D’abord poser le contexte de ce nouveau monde qui ressemble terriblement à l’ancien. Soit une nouvelle ère géopolitique qui nous renvoie au XIXème siècle, marquée par le retour du tragique et clôturant une parenthèse historique de vingt ans. Comme hier, il sera donc demain question de souveraineté, d’indépendance, dans l’énergie et l’alimentaire, et de défense. Huntington fait cette fois la leçon à Fukuyama, même si le choc a lieu en terre européenne et chrétienne.

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Ce cadre posé hier soir, il ne reste plus au Président qu’à dérouler – dans un texte publié ce vendredi dans la presse quotidienne régionale – pourquoi il est le plus à même de répondre à ces nouveaux enjeux. La continuité plaidant évidemment pour lui, on ne change pas de cheval au milieu du gué entendra-t-on bientôt. Malin donc puisqu’en fixant les règles du jeu il augmente ses chances de gain.

Mais impossible de se départir d’une autre question ensuite : que n’aura-t-il pas fallu pour en arriver là ? Pour qu’opère un tel revirement chez l’ancien banquier d’affaire progressiste. Rien de moins qu’une pandémie mondiale et la perspective d’une troisième guerre mondiale, qui ont révélé nos vulnérabilités, nos dépendances, et décillé une classe politique que l’aveu d’impuissance a soudainement rendu va-t-en-guerre.

La souveraineté est en effet d’abord européenne, signe que la France n’est toujours pas en mesure d’utiliser l’Union comme le levier d’Archimède théorisé par de Gaulle

Cependant, tout auréolé que soit Emmanuel Macron des attributs du chef de guerre, ils ne l’empêcheront pas se confronter à une série d’écueils les semaines à venir. L’impossibilité de débat démocratique d’abord, du fait du contexte géopolitique. On comprend aisément que le taux de CSG ne soit pas forcément à l’agenda les semaines à venir et si les oppositions n’ont pas encore trouvé le moyen d’entamer le débat à l’échelle nationale, ils n’auront bientôt plus le choix que de se jeter corps et âmes dans ce qu’il leur reste de campagne.

L’Europe comme épée à double tranchant ensuite. Pour le Président, la souveraineté est en effet d’abord européenne, signe que la France n’est toujours pas en mesure d’utiliser l’Union comme le levier d’Archimède théorisé par de Gaulle. Souveraineté donc, mais à plusieurs.

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Enfin, si la politique étrangère dicte le tempo de la campagne, les gains du Président sur le front économique disparaissant à mesure que le contexte macro-économique se tend à base d’inflation, et il n’échappera pas non plus à son bilan intérieur, surtout le plan social et sécuritaire. Car les Français entendent être protégés chez eux avant toute chose. Un succès comme Bac Nord montre qu’il reste de la marge pour que charité bien ordonnée commence par soi-même.

Comme lors de la crise des Gilets Jaunes et de la pandémie de COVID-19, Emmanuel Macron tente de se hisser à la hauteur de l’histoire. Mais si la France veut se tenir debout, n’oublions pas que c’est sur la pointe des pieds qu’elle participe pour l’instant à la marche du monde.

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