La naissance d’un amour lesbien adolescent dans les lotissements HLM du XXe arrondissement parisien, le tout mis en boîte par une ex-étudiante de la FEMIS. Logiquement, on y trouve à peu près tout ce qu’on redoute : des dialogues qui essaient péniblement de faire jeune et une tendance systématique à poétiser les grands ensembles urbains du nord parisien. Pourtant, passée la première demi-heure peu convaincante, la sauce finit par prendre, peut-être parce que Marion Desseigne-Ravel évite l’angélisme approximatif du regard bourgeois sur la banlieue et parvient à raconter assez brutalement la logique mortifère des réseaux sociaux qui enferment les adolescents dans le conformisme et la vendetta permanents.
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Les deux jeunes actrices tirent leur épingle du jeu et nous font croire à leur histoire d’amour, une parenthèse touchante et charnelle dans cet univers balisé par les rapports de force – notamment entre « gangs de filles ». Ce qui est ennuyeux, c’est que la réalisatrice évite soigneusement de nommer la principale force d’opposition à cette liaison homosexuelle en milieu « racisé »: l’islam, dont l’ombre plane, sans qu’on l’éclaire, sur l’ensemble du métrage.
Les Meilleures (1h21) de Marion Desseigne Ravel, avec Lina El Arabi, Esther Bernet-Rollande, Mahia Zrouki, en salles le 9 mars





