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Toulouse : Mgr de Kerimel interdit la soutane aux séminaristes

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Publié le

7 juin 2022

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Dans une lettre, l’évêque de Toulouse Mgr de Kérimel a interdit le port de la soutane à ses séminaristes. Signe de plus d’une Église qui ne s’assume plus, par peur de déplaire au monde.
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« Surtout ne vous assumez pas trop ! » Ainsi pourrait être titrée la lettre de Mgr de Kérimel à ses séminaristes sur l’interdiction du port de la soutane. « Je ne souhaitais pas que les séminaristes s’affichent de manière trop cléricale », cela ne serait pas « ajusté » à leur « situation de séminaristes qui restent des fidèles laïcs », y explique l’évêque. Si l’argument peut à la limite être entendu au début, la suite est absolument inaudible, car il explique que cela est aussi valable pour les diacres. Or un diacre est un clerc et ne peut donc plus être considéré comme « fidèle laïc ». La remarque de l’évêque président de la Commission épiscopale pour la liturgie et la pastorale sacramentelle manifeste une méconnaissance grave des statuts cléricaux, méconnaissance d’autant plus grave du fait de sa fonction.

Lire aussi : Le nouveau cléricalisme selon la CIASE

Mgr de Kérimel explique également que l’interdiction du port de la soutane repose sur le canon 284 de la conférence des évêques. Or « l’autorité de la conférence des évêques est une « autorité de service », autrement dit la Conférence épiscopale n’est pas un échelon intermédiaire entre le pape et les évêques : l’entière compétence de chaque évêque dans son diocèse demeure sauve » d’après le site même de la conférence des évêques. Ainsi l’argument de l’évêque n’a pas de sens car le canon 284 en question ne saurait faire force de loi. Mgr de Kérimel devrait donc assumer pleinement ses décisions, si insensées soient-elles.

Selon la tradition de l’Église, les séminaristes doivent se dévouer totalement au service de Dieu dès les premiers moments de leur formation de séminariste. La soutane est, dans cette perspective, une étape importante dans la prise de conscience du don de soi. La cléricature était d’ailleurs donnée par l’Église au cours de la cérémonie de la tonsure, qui se pratique encore avec l’autorisation de Rome grâce à Paul VI dans Ministeria quaedam du 15 août 1972.

Rappelons le sens de la soutane qui semble bien oublié. L’habit ecclésiastique – contrairement aux dires de Mgr de Kérimel qui soupçonne les séminaristes et diacres de pouvoir jouer un rôle en portant la soutane – pour celui qui le revêt chaque jour, est un rappel très concret de sa consécration et de sa mission, rappel qui, s’il est enseigné à celui qui portera la soutane, ne peut que porter du fruit et lui faire prendre conscience de l’engagement qui sera le sien in aeternum. Puis il y a aussi le côté pratique : pour ceux qui le voient, croyants ou non, cela permet d’identifier immédiatement l’homme de Dieu. L’habit des consacrés est un premier témoignage très simple de la présence de Dieu parmi les hommes. Pour ceux qui ont pour vocation d’évangéliser, de témoigner de leur foi, l’abandon de la soutane est comme le début de l’abandon de leur vocation propre.

« L’habit ecclésiastique est le signe extérieur d’une réalité intérieure : en effet, le prêtre n’appartient plus à lui-même, mais, par le sceau sacramentel reçu, il est “propriété” de Dieu. »

Le Directoire pour le ministère et la vie des prêtres

C’est pour cela que l’Église en réalité a toujours demandé aux clercs de porter un habit ecclésiastique identifiable. Le Directoire pour le ministère et la vie des prêtres (2013) explique : « L’habit ecclésiastique est le signe extérieur d’une réalité intérieure : en effet, le prêtre n’appartient plus à lui-même, mais, par le sceau sacramentel reçu, il est “propriété” de Dieu. Ce fait “d’être à un Autre” doit devenir reconnaissable par tous, à travers un témoignage transparent, […] même dans l’habit ». Le séminariste en prenant conscience peu à peu de son don à Dieu se doit donc de porter le signe extérieur de cette réalité intérieure, son discernement en sera ainsi facilité.

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