Primé cette année d’une Mention à la Caméra d’Or, Plan 75 imagine une société où les seniors sont poussés vers l’euthanasie en échange d’espèces sonnantes et trébuchantes, légables à qui de droit. Chie Hayakawa suit une souscrivante, un employé administratif et une petite main de l’annihilation, tous réunis par le contrat qu’a signé la première. On ne saura jamais si l’invraisemblable et très japonaise soumission à la norme qui s’exprime dans le film est critique d’une quelconque façon. Peu probable vu que la catatonie sociale devient rapidement esthétique (contrejours baveux, flous, musique déplorative).
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L’unique trace de révolte apparaît en préambule, parfaitement incompréhensible puisque le sujet n’est pas encore posé. Plus loin, le climax émotionnel – un échange de regards – donne l’impression que tout le monde est déjà mort, réalisatrice et acteurs. Sur fond de chanson d’enfance et de soleil couchant, l’humanité tire sa révérence, sans qu’on en soit une seconde touché.
Plan 75 (1h52) de Chie Hayakawa, avec Chieko Baishô, Hayato Isomura, Stefanie Arianne, en salles le 7 septembre 2022





