C’est presque devenu une constante : plus un film vous sera vendu comme « subversif » ou « dérangeant », plus il sera moulé au contraire dans la doxa la plus complaisante. Avec Sans Filtre, le Suédois Ruben Östlund voulait sans doute prendre en otage les festivaliers cannois. C’est gagné : ils lui ont lâché la suprême statuette. Un hold-up en règle, puisque son film, non content d’être d’une facture hideuse, se contente d’aligner quelques clichés confortables sur une hyperclasse mondiale en villégiature sur un yacht.
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Croyant sans doute exploser toutes les convenances, la vacuité du propos culminera au milieu du métrage, lorsque Ruben filme des vieilles bourgeoises en train de vomir, juste pour le plaisir. Sauf qu’il n’a pas l’once du talent de Marco Ferreri, et que sa moraline est d’une rare débilité – voir la façon dont les méchants marchands d’armes sont punis par là où ils ont péché – lol. Interminable et idiote, cette Palme d’Or est à ranger à côté des Palmes de la honte, avec l’infâme Titane. Décidément, les jurys actuels rivalisent de médiocrité.
Sans Filtre (2h29), de Ruben Östlund, avec Harris Dickinson, Charlbi Dean Kriek, Dolly de Leon, en salles le 28 septembre





