Il est de bon ton de détester Ulrich Seidl, cinéaste misanthrope et autrichien comme Michael Haneke, mais en moins théorique et plus cracra. Sa trilogie du Paradis comprenait pourtant les séquences les plus dérangeantes vues sur un écran depuis des années (et aussi les plus bouleversantes, le final de Foi transcendé par une actrice, Maria Hofstätter, dans un rôle dont rêve encore Huppert, la nuit, entre ses draps roses).
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Son nouveau film, Rimini, plutôt bien reçu, sent clairement le ronron. Un chanteur variétoche sur le retour vivote entre galas miteux et baisouilles facturées à ses fans; surgit sa fille abandonnée qui lui impose une troupe de migrants silencieux. Les marqueurs d’époque se succèdent dans des cadres toujours aussi réfléchis, la ville de Rimini empruntant évidemment aux Vitelloni de Fellini (1954). Mais la version de Seidl, avec sa part inaliénable d’enfance, enfonce des portes qu’il a déjà mieux ouvertes dans d’autres films, jusqu’à une larmichette finale on ne peut plus attendue.
RIMINI (1h56) de ULRICH SEIDL, avec Michael Thomas, Tessa Göttlicher, Hans-Michael Rehberg, en salles le 23 novembre





