L’alter ego belge de Jean-Luc Mélenchon s’appelle Raoul Hedebouw. À 45 ans, il est député de Liège, en Wallonie même si son mouvement politique, le Parti des travailleurs de Belgique, est unitaire, échappant au clivage linguistique entre Flamands et Wallons. Marxiste et anticapitaliste, le PTB a été fondé en 1979 par Ludo Martens (1942-2011), un nationaliste flamand devenu prochinois. Ne faisant pas mystère de son maoïsme et de son stalinisme, le PTB originel reprochait au PCB, affilié à Moscou, son « révisionnisme ».
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Le PTB a connu une croissance significative au XXIe siècle puisqu’il est passé de 2800 adhérents en 2007 à 20000 adhérents en 2020. Il compte aujourd’hui 12 députés au parlement fédéral et 5 sénateurs. La poussée est surtout nette en Wallonie et à Bruxelles, au détriment du Parti Socialiste, émoussé par le pouvoir et désormais éclaboussé par le scandale du « Qatargate » et la corruption découverte au sein du Parlement européen. Une situation qui inquiète non seulement le PS mais aussi l’ensemble de la classe politique belge modérée, habituée à se partager les postes.
Le 16 décembre, le très médiatique Louis Boyard, 22 ans, député LFI du Val-de-Marne (photo) rendu célèbre par sa passe d’armes avec Cyril Hanouna, a tenu une réunion commune à l’Université Libre de Bruxelles avec Victor Daube, vice-président du COMAC, le mouvement de jeunesse du PTB. Il faut dire que LFI et le PTB sont membres du même groupe au sein du Parlement européen. Le PTB est régulièrement été mis en cause pour des tentations antisémites même s’il réfute cette accusation. Bien entendu de tels liens ne font pas de Jean-Luc Mélenchon et de ses amis des militants maoïstes, mais la radicalisation de son mouvement et de telles relations sulfureuses démontrent la radicalisation de l’ancien ministre socialiste jadis acquis à la social-démocratie.





