Fin mars, le FLNC (le Front de libération nationale corse) a revendiqué 17 attentats. Selon le folklore corse, il y a différents FLNC. Désormais la franchise regroupe « l’Union des Combattants » et le « 22 octobre », groupes jadis rivaux mais réconciliés grâce à Darmanin. Soucieuse de formation et d’apprentissage des jeunes, la clandestinité corse a même donné naissance à la GCC (Ghjunventù Clandestina Corsa) qui, comme son nom l’indique, regroupe des jeunes cagoulou de la génération « assassinat d’Yvan Colonna ».
Avec l’arrivée des nationalistes modérés de Gilles Simeoni au pouvoir en 2015, les différentes chapelles du maquis avaient annoncé leur sortie progressive du pain de plastic. 2014 pour l’Union des Combattants et 2016 pour le 22 octobre. Courageux, car quoi qu’on pense des poseurs de bombe corses, le processus n’est pas aisé. Convaincre des types de sortir d’une clandestinité à travers laquelle ils se sont réalisés, sont devenus « quelqu’un », les persuader d’abandonner flinguos et cagoules, statut social et aura sombre, pour passer désormais ses soirées sur Netflix, ce n’est pas rien. Et le monde du nationalisme a dû faire de sacrés efforts et stages câlineries pour arriver à ce dépôt des armes. Comme certains n’ont que leur boulot dans leur vie et se retrouvent comme des glands une fois en retraite, d’autres n’ont que la clandestinité et le mythe qui va avec comme horizon. N’oublions pas qu’en Irlande-du-Nord aujourd’hui, il y a des clubs d’anciens de l’IRA ou de l’UVF loyaliste où les mecs viennent boire de la Guinness avec le calibre en bandoulière.
Paris a cru que les autonomistes voulaient le pouvoir pour régler leurs petits problèmes de lignes de cars et de poubelles de recyclage
Pour arriver à la paix, le nationalisme corse aura donc fait de sérieux efforts. On ne solde pas cinquante ans de nuits bleues comme ça… Le problème c’est que, vu de Paris, il existe une équation qui dit « plus de bombes = plus de problèmes corses ». Les Natios au pouvoir gèrent leurs problèmes de chèvres et on vérifie qu’ils ne sortent pas du cadre. Or si les Autonomistes ont été élus, c’est bien pour obtenir l’Autonomie, ça paraît logique à tout esprit rationnel.
Mais pas pour Paris. Paris a cru que les Autonomistes voulaient le pouvoir pour régler leurs petits problèmes de lignes de cars et de poubelles de recyclage mais qu’il n’était point question que la « République » leur octroie le moindre pouvoir supplémentaire. D’où une certaine impression de se faire prendre pour des cons.
En mars 2022, Colonna se fait assassiner dans une prison française par un islamiste. Émeutes, colère notamment de la part de la jeunesse corse très encadrée par les mouvements nationalistes. Et pour qui Colonna était un symbole christique.
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Darmanin se radine et arrête l’incendie en promettant des discussions sur un statut d’autonomie, sept ans après, il était temps ! Tout cela s’est passé il y a un an et depuis, rien n’a avancé ! Rien. Darmanin avait lancé un « cycle de discussion » et visiblement ça discute toujours. Tout simplement parce que Paris, que la Droite ou la Gauche soit au pouvoir, considère ces problèmes d’autonomie comme secondaires. La poussière sous le tapis. On promet et, quand tout est calmé, on revient aux affaires sérieuses et on laisse les ploucs dans leurs fermes, avec leurs rêves de libertés locales. La « parenthèse de la confiance » durant laquelle les clandestinous ont laissé les gentils nationalistes de Simeoni tenter la « voie institutionnelle » est donc tranquillement en train de se refermer. La violence reprend en Corse, une nouvelle génération d’artistes du détonateur étant même en train de se former.
Le jacobinisme, c’est comme le gauchisme : une maladie mentale qui empêche de voir la réalité en face.





