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Quand la gauche appelle aux « Soulèvements »

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Publié le

29 juin 2023

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Les Soulèvements de la Terre, groupement écologiste extrémiste, a enfin été dissous par le ministre de l’Intérieur. La tâche fut rude pour un gouvernement à l’autorité chancelante, alors que la gauche a multiplié les tentatives de récupération autour de l’affaire.

La dissolution du groupuscule Les Soulèvements de la Terre (SLT), qualifié d’« écoterroristes » par Gérald Darmanin a été actée. Bien qu’il l’ait déjà prononcée le 28 mars dernier à la suite des évènements de Sainte-Soline, celle-ci était restée inappliquée ces deux derniers mois. Les heurs du 17 juin en Savoie où les militants du groupe ont tenu les premiers rôles a rebattu les cartes et forcé le gouvernement à passer la vitesse supérieure en déclarant : « Le recours à la violence n’est pas légitime en État de droit et c’est bien cela qui est sanctionné ». Le collectif a immédiatement réagi en lançant une pétition sur son site internet, qui en quelques heures, a déjà réuni près de 120 000 signatures, signe de l’aura du groupe d’activistes.

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Une gauche complaisante, en recherche d’un électorat

Les réactions de soutien des politiques de gauche n’ont pas tardé. Julien Bayou a déclaré, en visant le gouvernement : « J’y vois une vraie dérive et une perte de sang-froid ». Jean-Luc Mélenchon regrette quant à lui que les militants des SLT soient « réprimés comme des terroristes qu’ils ne sont pas ». Dans le même temps, mardi 20, plusieurs descentes de police se sont déroulées dans le but d’arrêter plusieurs militants écologistes en Loire-Atlantique, près de Notre-Dame des Landes, ou encore dans la région de Marseille, dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’actions menées à l’encontre de la société de cimenterie Lafarge. Il ne fallait rien de plus pour jeter de l’huile sur le feu…

Une structuration qui rend complexe la dissolution

SLT est un rassemblement de plusieurs associations militantes, effectuant des actions en faveur de la préservation du climat et de la biodiversité, tout en utilisant divers procédés plus ou moins violents et illégaux qui vont de la désobéissance civile aux actions de sabotage. Il ne dispose pas d’un statut juridique précis. C’est ainsi que Gérald Darmanin utilise le terme de « groupement de fait » dans son décret de dissolution. Prononcer la dissolution n’a donc pas été évident pour le gouvernement. De plus, tout comme les actions qui sont complexes à qualifier juridiquement, les individus sont difficilement identifiables, et ce même si la loi sur le séparatisme de 2021 a facilité les dissolutions. Fondée en 2021 par des anciens zadistes de Notre-Dame des Landes, cette association utilise des modes d’actions méthodiques. En 2023, deux évènements où elle a été impliquée au premier plan, ont particulièrement attiré l’attention.

Le projet Lyon-Turin a été validé à Turin en janvier 2001 sous le gouvernement de Lionel Jospin dans lequel figurait Jean-Luc Mélenchon (surprise !)

Épisode 1 : Les Soulèvements à Sainte-Soline

Les événements de Sainte-Soline ont marqué le début de la fin pour les Soulèvements de la Terre. Le samedi 25 mars dernier, l’interdiction de manifester est prononcée. Le préfet, méfiant, décide tout de même de dépêcher près de 3 000 forces de l’ordre sur place. C’est là que des militants sont arrivés en nombre, scandant fièrement « Nous aussi on va passer en force ! » et « La guerre de l’eau a commencé, on se battra pour la gagner ! ». Ils étaient 30 000 selon les organisateurs, 6 000 selon les autorités, divisés en plusieurs cortèges. L’un de ces rassemblements, « pacifique » d’après les organisateurs, alignait au premier rang plusieurs enfants récitant fièrement les lubies enseignées par leurs parents. L’un d’eux confie à Konbini : « Les policiers, ça ne m’importe pas vraiment. C’est juste que comme ils nous empêchent d’aller à la bassine, on est obligés de se battre contre eux. »Les instructions données par les organisateurs sont claires : « Ici, on est dans le cortège tranquille donc c’est pas de projectiles, on va faire une grande chaîne humaine. » Les militants ont habilement décidé de positionner les plus vulnérables devant, pour laisser les éléments plus hostiles, qui usent de la violence contre les forces de l’ordre, à l’arrière. Les images ne peuvent alors être qu’en faveur du collectif : soit les policiers décident de ne pas répliquer par peur ; soit ils ripostent en employant leurs LBD et subissent alors les foudres médiatiques.

Épisode 2 : Les Soulèvements en Savoie

Déjà visés suite à cette première confrontation par une procédure de dissolution par Gérald Darmanin, les Soulèvements n’ont pas décidé de faire profil bas. En effet, le retour dans l’actualité du projet ferroviaire Lyon-Turin était l’occasion rêvée de revenir sur le devant de la scène. Le 17 juin, le collectif a organisé une mobilisation afin de récupérer le mouvement contestataire de départ. Là encore, la manifestation était interdite mais comme à Sainte-Soline, des policiers étaient présents et les heurts ont rapidement éclatés. Des responsables politiques de gauche étaient de la partie, comme la député LFI Mathilde Panot qui a affirmé que l’on souhaitait avec ce projet, « éventrer la montagne ».

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Le projet Lyon-Turin – validé à Turin en janvier 2001 sous le gouvernement de Lionel Jospin dans lequel figurait Jean-Luc Mélenchon (surprise !) – a l’ambition de relier les deux villes en 1h47 alors qu’il faut compter aujourd’hui deux heures supplémentaires. Pour cela, un tunnel de 57 kilomètres de long est creusé depuis plusieurs années dans les Alpes. C’est là l’élément déclencheur de toutes les passions. Certains opposants pacifiques pointent de réels problèmes tels que le drainage de l’eau utilisée pour les besoins des travaux, qui a d’importantes conséquences sur les réserves aquatiques et les nappes phréatiques régionales. Une commission d’enquête de l’Assemblée nationale a d’ailleurs été ouverte la semaine dernière sur cette question. L’argumentaire contre le projet est complété par le fait que la ligne ferroviaire existante est largement sous-exploitée. Si les réserves formulées peuvent sembler légitimes, elles ont vite été entachées par les actes de violence de 200 à 300 effectifs cagoulés et masqués, issus des SLT. Résultats : 12 gendarmes et 50 « manifestants » blessés.

Perspectives politiques de la dissolution

La dissolution est donc justifiée mais le ministre de l’Intérieur l’a surtout prononcée pour conserver le soutien de la frange la plus conservatrice de la majorité et redorer son image dans l’opinion publique. Il ne tardera pas à trouver une association « d’extrême droite » pour recentrer son image, en suivant son précepteur en la matière, Emmanuel Macron. Cependant, les Soulèvements de la Terre peuvent avoir quelques lueurs d’espoirs. En effet, la dernière dissolution voulue par Gérald Darmanin, concernant le groupe antifasciste lyonnais « La Galle » a été retoquée par le Conseil d’État au nom de la « liberté d’association ». Et puis la dissolution ne les empêchera pas réellement de poursuivre leur activisme ; ils l’affirment eux-mêmes : « On ne dissout pas un soulèvement ; Des « actions ressurgiront partout, dissolution ou non ». Affaire à suivre.

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