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[Cinéma] Un silence : daube indigne

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Publié le

10 janvier 2024

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« C’est le cas de Joachim Lafosse avec son nouveau drame, Un silence, qui s’attaque à la pédophilie avec une intrigue retorse que les multiples échos ménagés par le script simplifient au lieu d’amplifier. » Notre critique.
© DR

Il existe une catégorie de cinéastes qui lorgne avec voracité sur la rubrique des faits divers, non pour en exprimer le monstrueux et l’inaliénable à la façon d’un Claude Chabrol, mais pour surfer bassement sur les passions mauvaises de l’époque. C’est le cas de Joachim Lafosse avec son nouveau drame, Un silence, qui s’attaque à la pédophilie avec une intrigue retorse que les multiples échos ménagés par le script simplifient au lieu d’amplifier.

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Construit sur le modèle lointain de Caché – la maison observée sans relâche, l’inconscient colonial, Daniel Auteuil en coupable refoulé – le film congédie la rigueur hanekienne pour une efficacité de téléfilm avec flash-backs et rebondissements signifiants. Piégés par le scénario, les acteurs flottent (Emmanuelle Devos) ou se raidissent (Auteuil) sans exprimer une quelconque humanité. L’hypothèse suggérée que l’addiction à la pédopornographie se fait par l’usage – et que donc tout homme pourrait y succomber – est d’une dégueulasserie sans nom.

UN SILENCE (1h39), de JOACHIM LAFOSSE, avec Daniel Auteuil, Emmanuelle Devos, Jeanne Cherhal, en salles le 10 janvier.

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