On raconte qu’Alain Resnais voyageait toujours avec sa théière et son oreiller. Pour rester chez soi tout en étant ailleurs en même temps. Pascal Thomas choisit Le Voyage en pyjama, et nous offre un délicieux film-somme qui additionne les obsessions d’un vétéran discret du cinéma français. Un homme découvrant l’infidélité de son épouse prend la tangente et se laisse aller au gré des rencontres, à bicyclette, en péniche, à scooter. Les mobilités douces chères à Anne Hidalgo impulsent au film un rythme de croisière qui n’oublie pas les à-coups.
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Celles qu’on n’a pas eues se confondent avec celles qu’on aura peut-être, le futur n’étant qu’une autre configuration du passé. L’amusant procès du séducteur malgré lui – hommage à La Cité des femmes de Fellini – se joue du féminisme à gros sabots qui triomphe partout aujourd’hui. Résolument à contre-courant, l’auteur des inoubliables Zozos cultive l’anarchie douce comme seul art de vivre du dilettante. Bien entouré, Alexandre Lafaurie est, pour son premier grand rôle, tout simplement parfait.
LE VOYAGE EN PYJAMA (1h29), de PASCAL THOMAS, avec Alexandre Lafaurie, Constance Labbé, Lolita Chammah, en salles le 17 janvier.





