Erwan Le Noan accuse une dérive de notre démocratie : l’obsession pour l’égalité. L’analyse tocquevillienne et une étude sourcée des inégalités lui font soutenir une thèse intéressante : loin de signifier une injustice, les inégalités, inévitables, peuvent s’avérer bonnes et stimuler la mobilité sociale, alors que le combat visant à les éradiquer provoquerait lui de l’injustice en consacrant une société de la « comparaison permanente ». Si l’auteur pointe à juste titre la confusion entre égalité des chances et des places, il entend restaurer la méritocratie dans un sens très libéral qui peine à dépasser les principales objections faites à cet idéal. Sans nier un certain déterminisme en matière d’éducation, le journaliste affirme combien l’égalité y est un « mensonge coupable et hypocrite » qui laisse croire à une équivalence des talents et des efforts.
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Il fustige une excessive redistribution qui généraliserait un contrôle social en maltraitant le droit de propriété par l’impôt. Il en veut pour preuve l’augmentation continue de la fiscalité, conjointe à l’éternel « manque de moyens » d’un État surendetté. Bien qu’il souligne avec justesse le paradoxe de la démocratie, sa démarche demeure inachevée en ce qu’elle n’interroge pas la nature du régime démocratique, qui porte en germe le combat pour l’égalité.

L’OBSESSION ÉGALITAIRE, ERWAN LE NOAN, La Cité, 368 p., 23€





