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Diên Biên Phu : et à la fin resta l’honneur

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Publié le

11 avril 2024

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La bataille de Diên Biên Phu commence comme beaucoup d’histoires tricolores avec les erreurs du commandement et finit avec l’héroïsme des soldats. Dès les premières heures, l’issue des combats ne fait pas de doute, et pourtant les troupes françaises s’accrochent 57 jours à la terre, surtout pour une certaine idée de l’honneur. Récit d’une folie française.
© Camus – Péraud – ECPAD – Défense

Diên Biên Phu, littéralement la « préfecture du district frontalier », ce sont trois mots vietnamiens et un mythe français. Cette bataille avait de toute éternité sa place dans notre histoire, au vénérable chapitre des défaites magnifiques, auquel chacune de nos générations ajoute sa ligne douce-amère, des palissades d’Alésia jusqu’à la tête basse d’un certain gamin de Bondy un soir de décembre 2022. Là, la scène est celle d’une plaine autrefois verdoyante labourée de l’acier Viet Minh, d’une cuvette où plongent des anges de la guerre aux ailes de toile pour y troquer leur jeune vie contre l’honneur.

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La citadelle assiégée au milieu de la jungle, le surnombre écrasant de l’ennemi, la fureur du feu, les coups d’éclat sans lendemain, et partout ce désespoir, ce couperet inévitable du destin qui s’abat lentement : c’est presque trop beau pour être vrai, trop scénarisé. C’est bien connu, le réel n’est pas autorisé à avoir autant d’imagination. Alors oui, le chapitre des défaites magnifiques de la France est particulièrement bien garni, peut-être le mieux garni au monde, mais Diên Biên Phu, plus cruciale que Camerone, plus héroïque que Waterloo, peut à bon droit prétendre y siéger au premier rang. Les paras, les légionnaires et les autres ont perdu la bataille et l’Indochine, oui, mais ils ont gagné leur pan d’histoire de France. Cette histoire nous oblige, et, en cette année anniversaire, elle nous oblige à la narrer.

La forteresse française

Depuis fin novembre 1953, les soldats français et leurs alliés vietnamiens se retranchent dans la plaine de Diên Biên Phu, du nom du village qui y loge. Cette vallée de dix-sept kilomètres de long pour cinq à sept de large est traversée par un cours d’eau, la Nam Youn, que borde un terrain d’avion construit par les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette piste, en plus de la position stratégique du site, à la frontière laotienne, explique une bonne partie de l’intérêt de Diên Biên Phu. En effet, tout l’approvisionnement de ce camp situé à trois cents kilomètres des lignes françaises dépend d’elle, aussi bien pour les denrées alimentaires et les munitions que les hommes. Sans piste, pas de Diên Biên Phu.


Peu avant leur saut sur Diên Biên Phu, des parachutistes du 6e BPC envoyés en renfort.

C’est logiquement que le dispositif du camp retranché s’organise autour d’elle. Il s’appuie sur des groupes de collines, chacun qualifié de centre de résistance (CR), qui reçoivent tous un prénom féminin. Il y a ainsi les CR Éliane, Dominique, Béatrice, Gabrielle, Anne-Marie, Huguette, Isabelle. Le CR Claudine, au centre, collé à la piste, constitue le poste de commandement français. Béatrice et Gabrielle sont les plus avancés, au Nord-Est. Dominique et Éliane, où se trouvent les pitons les plus élevés, protègent directement le flanc est de la piste et du PC, côté le plus exposé. Anne-Marie et Huguette couvrent le flanc ouest, quant au CR Isabelle il se trouve loin au Sud du camp, à sept kilomètres, et forme quasiment un complexe à part. Chaque CR est constitué de collines individuelles, les points d’appui (PA), désignées chacune par un numéro. Il y a ainsi Éliane 1, Éliane 2, Dominique 1, Dominique 2 etc.

Depuis fin novembre 1953, les soldats français et leurs alliés vietnamiens se retranchent dans la plaine de Diên Biên Phu, du nom du village qui y loge. Cette vallée de dix-sept kilomètres de long pour cinq à sept de large est traversée par un cours d’eau, la Nam Youn, que borde un terrain d’avion construit par les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale.

Cette organisation est servie par un armement conséquent, avec une solide dotation en artillerie lourde, des canons de 155 et 105 mm et des mortiers de 120 mm, de nombreuses mitrailleuses de gros calibre et un escadron de dix chars légers. Le tout est par ailleurs miné et hérissé de barbelé. Au niveau des effectifs, 17 des meilleurs bataillons du corps expéditionnaire défendent le camp, pour un total de presque onze mille hommes au début de la bataille. Les journalistes et observateurs extérieurs qui visitent le camp à l’hiver 53-54 repartent presque tous avec l’impression d’une forteresse inexpugnable. Le Monde parle ainsi en février 1954 d’une « espèce de piège gigantesque et compliqué, hérissé de pointes, boursouflé d’ouvrages, miné, creusé […] et plus habité qu’une fourmilière. » La confiance est débordante chez les Français, persuadés qu’un assaut de la base aboutirait nécessairement à un revers cuisant pour l’Armée populaire vietnamienne (APV) du général Giap.


Le 6e BPC (bataillon de parachutistes coloniaux) est parachuté en renfort au-dessus de la DZ (dropping zone) du centre de résistance Isabelle, au sud du camp retranché de Diên Biên Phu.

Mais celle-ci prépare sa bataille avec une minutie diabolique, bien aidée par la suffisance du commandement français. Comme en 1940, quand il croyait que les Ardennes étaient infranchissables par des éléments blindés, ce dernier sous-estime le danger et juge que les montagnes entourant Diên Biên Phu sont trop difficiles d’accès pour que le Viêt Minh y hisse une artillerie conséquente. Comme en 1940, cette erreur aura des conséquences désastreuses. Car Giap, conseillé et armé par la Chine, est bien décidé à faire de la cuvette le tombeau du corps expéditionnaire.

Cette organisation est servie par un armement conséquent, avec une solide dotation en artillerie lourde, des canons de 155 et 105 mm et des mortiers de 120 mm, de nombreuses mitrailleuses de gros calibre et un escadron de dix chars légers. Le tout est par ailleurs miné et hérissé de barbelé.

Il sait que les négociations ne sont pas loin et qu’une victoire permettrait à son camp de s’asseoir à leur table dans une position idéale. Ainsi, en mobilisant des dizaines de milliers de travailleurs, il achemine en pièce détachée des canons lourds sur les monts qui encerclent la cuvette. Si la légende veut que ces armes aient été transportées à dos d’hommes, c’est en fait grâce à des camions soviétiques que l’exploit sera accompli. Par ailleurs, des batteries de DCA sont installées sur les monts, qui auront une importance capitale lors de la bataille.

Giap rassemble aussi ses meilleures divisions autour de la plaine, et notamment la 308e, la « division de fer », plus ancienne unité constituée par l’APV et qui lui a donné toute son ossature. Au total, à l’aube de la bataille, près de cinquante mille soldats vietnamiens s’apprêtent à se jeter à l’assaut de la cuvette, des hommes entraînés, bien approvisionnés et soutenus par une artillerie puissante.

Le piège se referme

À la fin de l’hiver, les tentatives de sorties des troupes françaises se heurtent à un maillage de plus en plus serré de l’APV. Peu à peu, les hommes commandés par le colonel de Castries comprennent qu’ils sont enfermés dans leur camp. Malgré tout, les Français gardent confiance en leurs fortifications et attendent de pied ferme l’assaut Viet Minh. Leurs renseignements leur indiquent même sa date, et c’est ainsi que de Castries peut dire à son état-major, le 12 mars au soir : « Messieurs, c’est pour demain. » Le colonel a raison.

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17 h 10, le lendemain. En un instant, l’enfer se déchaîne sur Béatrice, à la pointe nord-est du dispositif français. Les canons de Giap se révèlent enfin et concassent les abris trop légers de tôle et de sac de sable des légionnaires de la 13e DBLE (Demi-brigade de la légion étrangère). Une heure durant, les cinq cents hommes subissent une préparation d’artillerie digne des heures les plus intenses des deux guerres mondiales. Leurs officiers les plus gradés sont tués. Ce sont des hommes choqués et désorganisés qui encaissent le choc de milliers de fantassins vietnamiens à partir de 18 h 30. À minuit et demi, leur résistance s’effondre. Béatrice est tombée.


Des soldats de la colonne Godard font une pause au milieu de la brousse lors de l’opération Condor.

Cette prise éclair d’un des bastions français laisse le camp totalement abasourdi. Personne n’imaginait un tel scénario, un tel déluge de feu, et de nombreux officiers craquent nerveusement. Le colonel Charles Piroth, coupable d’avoir sous-estimé l’artillerie adverse, se suicide dans son abri en se couchant sur une grenade dégoupillée. L’offensive continue pourtant le lendemain, et, toujours en fin d’après-midi, Giap fait donner l’artillerie sur Gabrielle, l’autre CR du secteur nord-est, désormais isolé. Cette fois-ci, le matraquage dure jusqu’à deux heures du matin. Malgré tout, les tirailleurs algériens qui défendent les collines s’y arc-boutent toute la nuit, et, à l’aube, ils semblent devoir rester maîtres du terrain. La contre-attaque française depuis le cœur du camp censée les dégager échoue cependant et les défenseurs finissent emportés par la marée humaine avant huit heures.

Cette prise éclair d’un des bastions français laisse le camp totalement abasourdi. Personne n’imaginait un tel scénario, un tel déluge de feu, et de nombreux officiers craquent nerveusement. Le colonel Charles Piroth, coupable d’avoir sous-estimé l’artillerie adverse, se suicide dans son abri en se couchant sur une grenade dégoupillée.

La première phase de l’offensive vietminh se termine après ces deux succès expéditifs. Les Français n’ont pu que subir, et se trouvent dans une situation catastrophique. En effet, depuis Béatrice et Gabrielle, l’artillerie ennemie peut matraquer le terrain d’aviation, poumon de Diên Biên Phu. Dans cette situation, chaque défenseur sait au fond de lui que la question n’est pas de savoir si mais quand le camp va tomber.

La bataille des cinq collines

Les Français ne s’avouent pas vaincus pour autant. Passé le premier choc, ils réorganisent leur dispositif, fortifient ce qui peut encore l’être et reçoivent des renforts depuis Hanoï, notamment ceux du fameux 6e BPC, les paras du lieutenant-colonel Bigeard, de quoi les revigorer. La deuxième quinzaine de mars est une période de relative accalmie, l’artillerie vietminh se contentant de harceler les positions françaises. La conséquence de ces bombardements incessants est cependant la mise hors d’état définitif de la piste d’atterrissage. 26 mars, dernier vol pour Diên Biên Phu. À partir de cette date, les Français doivent survivre avec des parachutages, qui s’effectuent dans des conditions rocambolesques. La DCA vietminh sur les montagnes complique en effet terriblement la tâche des aviateurs français, qui opèrent par ailleurs loin de leur base et ne peuvent s’attarder au-dessus de Diên Biên Phu afin de ne pas manquer de carburant pour le retour. Les largages d’hommes et de matériel s’effectuent à la hâte, et atterrissent parfois derrière les lignes ennemies. De même, l’aviation française est dans l’incapacité de frapper efficacement l’artillerie vietminh, souvent protégée dans des grottes.

Les Français ne s’avouent pas vaincus pour autant. Passé le premier choc, ils réorganisent leur dispositif, fortifient ce qui peut encore l’être et reçoivent des renforts depuis Hanoï, notamment ceux du fameux 6e BPC, les paras du lieutenant-colonel Bigeard, de quoi les revigorer.

Le 30 mars, Giap pense enfin en finir. Il s’attaque à Éliane et Dominique, les deux CR qui protègent l’Est du camp. C’est l’épisode de la bataille des cinq collines. S’il s’empare d’elles, il n’y aura plus rien entre ses troupes et le PC français. Dans la nuit du 30 au 31, le barrage d’artillerie est encore une fois d’une violence inouïe. Très vite tombent Dominique 1, 5 et 2, cette dernière étant le pic le plus élevé de la défense française. Sur ce CR, seule la plus modeste Dominique 3 résiste encore. Elle est défendue par les artilleurs du 4e RAC (régiment d’artillerie colonial), qui décident de faire donner leurs pièces de 105 mm, normalement faites pour la longue distance via des frappes en cloche, en tir tendu. Cette manœuvre audacieuse hache littéralement sur place les vagues d’assaut vietnamiennes. Dans le secteur Éliane, de la même manière, tout semble d’abord perdu. Éliane 1 tombe très rapidement, et Éliane 2, le cœur de cette zone, semble devoir subir le même sort. Sous la nuit blanchie par les fusées éclairantes et les balles traçantes, les combats sont d’une férocité incroyable. Au cœur de la nuit, on pense la partie perdue, mais les tirailleurs marocains s’accrochent à chaque centimètre comme des diables, et cinq contre-attaques furieuses des légionnaires finissent par les dégager. Quand la poussière retombe à l’aube, Éliane 2 est française.

L’offensive de Giap est un demi-échec. Lui qui pensait en finir immédiatement a cette fois buté sur des Français acharnés. Pire encore, ces derniers se décident à contre-attaquer. Même si la situation semble désespérée, de Castries, qui croit toujours à un retournement de dernière minute, reprend l’initiative. Avec le peu de force dont il dispose encore, il ordonne une offensive sur Éliane 1. Dans les galeries de la colline s’engagent alors des combats parmi les plus terribles de la bataille, de sanglants corps à corps arrosés par les lance-flammes des légionnaires. Finalement, le 10 avril, à la surprise générale, le drapeau tricolore flotte à nouveau sur Éliane 1. La bataille des cinq collines est gagnée par le camp français.

Pour l’honneur et les copains

À cette date, les troupes vietnamiennes sont très entamées. Des plaintes commencent même à se faire entendre chez certains officiers, qui sont traités avec l’humanisme que l’on imagine de Giap. Malgré tout, l’APV peut reconstituer ses forces, alors que chaque jour qui passe rend la situation des Français plus intenable. Les blessés graves s’entassent dans des conditions déplorables au PC et les troupes nouvellement parachutées sont pour beaucoup inexpérimentées.

Des centaines de ces volontaires n’ont même jamais sauté en parachute auparavant et plongent vers une défaite quasi-certaine « pour l’honneur et les copains », comme le voudra la formule consacrée. La mobilisation massive de l’aviation américaine présente dans le golfe du Tonkin, longtemps espérée comme deus ex machina, ne viendra finalement pas, Washington voulant éviter une escalade avec la Chine probable en cas d’implication trop directe.

À cette date, les troupes vietnamiennes sont très entamées. Des plaintes commencent même à se faire entendre chez certains officiers, qui sont traités avec l’humanisme que l’on imagine de Giap. Malgré tout, l’APV peut reconstituer ses forces, alors que chaque jour qui passe rend la situation des Français plus intenable.

Lors de la deuxième moitié du mois d’avril, Giap lance des attaques limitées qui grignotent les positions des Français et les épuisent. Ces derniers tiennent cependant bon, avec une ténacité étonnante vu la fatigue et le déséquilibre des forces. Mais la conférence de Genève s’ouvre à la fin du mois, et Giap veut absolument sa victoire pour en tirer tous les fruits diplomatiques.

Le coup de grâce est porté à partir du 1er mai. Les Français n’ont plus qu’à peu près trois mille hommes valides, mais épuisés, à opposer à près de quinze mille Vietnamiens reposés. Dans les premiers jours de mai, l’APV progresse, conquiert Dominique 3
et Éliane 1, ainsi que la majeure partie du secteur Huguette à l’ouest. Des parachutistes continuent à être largués jusqu’à la dernière nuit, alors que tout espoir de victoire s’est évaporé depuis longtemps. L’état-major français envisage de réaliser une percée
pour s’échapper de la cuvette, mais doit renoncer par manque de potentiel offensif. Après une relative accalmie les 4 et 5, l’assaut reprend avec toute sa fureur dans la nuit du 6. Même l’indomptable Éliane 2 tombe alors, et le secteur central se trouve pour ainsi dire sans défense. Les Français n’ont pratiquement plus d’obus pour continuer la lutte. Finalement, le général Navarre, le chef du corps expéditionnaire, donne l’ordre à de Castries de cesser le feu, mais sans hisser le drapeau blanc, pour ne pas salir la magnifique résistance des Français. La bataille cesse par extinction du feu, les troupes de de Castries se contentant de ne plus répliquer aux tirs adverses. Comme prévu, ce sont des hommes de la 308e division de l’APV qui hissent le drapeau rouge à étoile d’or sur le PC français. Il est 17h30 le 7 mai.

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Sans véritable ravitaillement, sans relève, sans espoir, les soldats français ont tenu 57 jours, dans ce qui est encore la plus grande bataille de l’histoire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour les guerriers désormais prisonniers, un autre calvaire commence, sûrement pire que la bataille. Pendant ce temps-là, la préoccupation principale des hommes politiques est de se précipiter à Genève pour négocier.

Français par le sang versé Ce qui distingue Diên Biên Phu, c’est sans nul doute cette camaraderie qui poussa tant de jeunes
gens à s’engager jusqu’à la fin, quand bien même l’issue fatale était connue. Et cette camaraderie est d’autant plus exceptionnelle qu’elle n’était pas naturelle. Le Diên Biên Phu de Schoendoerffer le montre bien : la cuvette est une véritable cour des miracles qui verra passer 15 000 hommes de toutes les nationalités, de toutes les langues, de toutes les couleurs. Les baroudeurs de la Légion étrangère bien sûr, corps d’armée comprenant le plus de soldats d’infanterie durant le conflit indochinois, avec ses Germaniques (40 %) dont d’anciens nazis, ses Européens de l’est fuyant le communisme, ou ses Latins. La guerre d’Indo sera le plus lourd bilan de l’histoire de la légion (plus de 10 000 morts), devant la Première Guerre mondiale. Les combattants issus de l’empire colonial aussi, qu’ils soient Algériens, Marocains, Sénégalais ou autres, comme l’héroïque et multi-décoré Bourama Diémé. On estime à 27 000 le nombre d’Africains disparus en Indo entre 1946 et 1954. Les Indochinois qui avaient choisi la France enfin, qu’ils s’agissent des nombreux soldats (après l’arrêt des combats à Diên Biên Phu, ils sont séparés des autres combattants et tous abattus sur place par le Viet Minh), ou des populations villageoises, dont Hélie de Saint Marc raconte le scandaleux abandon par la France dans ses Champs de braises. À tous ces hommes tombés pour un pays qu’ils n’ont jamais vu, à ces Français par le sang versé, la patrie reconnaissante. Rémi Carlu


DIÊN BIÊN
PHU, UN COIN D’ENEFR
, BERNARD FALL, Les Belles Lettres, 728 p., 19,50 €

DIÊN BIÊN PHU, PIERRE PELLISSIER, Perrin, 864 p., 12,50 €

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