À quoi doit servir l’Union européenne en 2024 ?
À créer les conditions d’une coopération entre États, entre nations libres et souveraines. L’Union européenne dans son état actuel nous fait rater toutes les grandes révolutions en cours, que ce soit celle de l’intelligence artificielle, de l’écologie et peut-être la plus importante, celle de la démographie. Ces élections européennes sont un référendum pour ou contre le délitement de la France et pour ou contre le délitement de l’Europe.
Comment peut-on définir l’Europe ?
Je fais mienne la définition de Paul Valéry : « J’appelle Europe toute terre qui a été romanisée, christianisée, et soumise à l’esprit de discipline des Grecs. » L’erreur est de penser que l’Europe a soixante ans. L’Europe a trois mille ans. L’Europe ne peut pas être l’Europe si l’on nie le fait qu’elle est d’abord et avant tout une civilisation, une communauté d’esprit et de valeurs. Depuis plusieurs décennies, l’Union européenne se construit sur la négation même de ce qu’est l’Europe. Aucune grande puissance ne réussit dans la mondialisation en se reniant. Toutes les grandes puissances qui marchent aujourd’hui dans la mondialisation s’assument. Le vrai problème aujourd’hui de l’Europe, c’est qu’elle ne s’aime pas suffisamment.
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Vous pensez à quelles grandes puissances ?
Les États-Unis ou la Chine par exemple. Si demain la Chine, le Japon, le Brésil ou les États-Unis organisent une cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, ils chercheront à promouvoir leur histoire et leur culture. Ce n’est pas ce que fait la France. L’Union européenne est au point mort. Nous avons deux choix aujourd’hui : celui de la croissance et de l’esprit de puissance, ou celui de la résignation et de la décroissance. Ce sont des décisions que nous allons prendre maintenant que dépendront l’avenir de l’Europe et l’avenir de nos nations. Je me bats contre l’effacement de la France et de l’Europe.
L’UE peut-elle vraiment être réformée de l’intérieur ? À quoi ressemblerait cette « union » s’il y avait une prise de pouvoir des partis dits populistes- souverainistes-illibéraux ?
L’Europe de 2024 n’est pas celle de 2014. En 2014, l’Europe de Renzi, de Merkel et de Hollande n’offrait à notre courant d’idées qui étaient minoritaires, ceux des défenseurs de l’Europe des nations, aucune autre possibilité sinon celle sortir et de quitter la table. Dix
ans plus tard, ce sont nos idées qui s’imposent dans de très nombreux États européens. Lorsqu’on est en train de gagner la partie, on ne quitte pas la table des négociations. Évidemment qu’une Union européenne dirigée par le Rassemblement national en France, Giorgia Meloni et Matteo Salvini en Italie, Viktor Orbán en Hongrie et d’autres comme les démocrates en Suèdes ne ressemblerait en rien à l’Union européenne actuelle. Je veux tout changer sans rien détruire.
L’Europe de 2024 n’est pas celle de 2014. En 2014, l’Europe de Renzi, de Merkel et de Hollande n’offrait à notre courant d’idées qui étaient minoritaires, ceux des défenseurs de l’Europe des nations, aucune autre possibilité sinon celle sortir et de quitter la table.
Jordan Bardella
Je veux construire l’Europe du XXIe siècle. Une Europe qui prend racine sur la défense de l’identité des peuples, sur la défense de nos frontières et sur un principe clair et assumé de patriotisme économique qui vise à défendre les intérêts européens d’abord. Deux pays, essentiellement, peuvent changer la construction européenne : la France et l’Allemagne. Beaucoup de Français nous attendent, et je pense que beaucoup d’Européens nous regardent. Le seul espoir aujourd’hui d’impulser au niveau européen une alternance qui n’est plus arrivée depuis 1981 ne peut venir que de la France.
Si l’on regarde les projections, le PPE et ses alliés, même en chutant, resteraient majoritaires. Comment peser dans ce contexte ?
Il faut faire émerger une minorité de blocage au sein du Parlement européen, de la même manière que nous avons mis les macronistes en minorité à l’Assemblée nationale en 2022. Nous souhaitons que de plus en plus de textes se jouent à de moins en moins de voix. Je souhaite créer les conditions de cette minorité de blocage avec les alliés actuels du groupe Identité et Démocratie, mais aussi élargis à des partis politiques souverainistes et patriotes sur la scène européenne. Le soutien italien à un deuxième mandat de la présidente actuelle de la Commission européenne rebattrait significativement les cartes au sein de l’hémicycle.

Quelle est la deuxième étape ?
Si demain, la France, sous son impulsion, voit triompher les idées d’une Europe des Nations, des coopérations entre États, d’une réforme de l’espace Schengen, du marché unique, de la défense absolue du droit de veto, alors évidemment que la construction européenne peut évoluer, non pas par une sortie unilatérale d’un État, mais par une réécriture des traités. Il faut que ces coopérations européennes soient librement consenties et qu’elles se fassent dans l’intérêt des peuples et des nations.
Il y a plusieurs lignes rouges : le droit de veto, la défense et évidemment l’immigration. L’immigration est une question nationale. C’est aux États membres de définir leur politique d’immigration et non à une instance supranationale. Ce qui ne veut pas dire que l’Union européenne ne peut pas être une force d’appui. Je défends, dans le cadre de ces élections européennes, l’idée d’une double frontière qui soit à la fois des limites physiques aux frontières de l’Union et en même temps, la restriction de l’espace Schengen aux seuls ressortissants de l’Union européenne. Le destin d’une nation se décide au niveau national. On peut avoir des coopérations. Et oui au marché unique à la condition que les États puissent faire du patriotisme économique et qu’on puisse, dans le cadre de la commande publique, avantager les entreprises françaises et les entreprises européennes.
Vous parlez de minorité de blocage mais quid de l’action des juges européens ? Que faites- vous de la primauté du droit européen sur le droit français ?
Je souhaite mettre en place le modèle danois, un opt-out, mais à la française. C’est-à-dire faire en sorte que sur les questions de sécurité et d’immigration, le droit français soit supérieur à tout autre droit européen et international. Cela passe évidemment par une révision de la Constitution en France et donc l’engagement d’un référendum. La question migratoire est le plus grand défi du XXIe siècle et je refuse qu’une instance supranationale ait le dernier mot. C’est pourquoi il faut un référendum qui ne soit pas un « pour ou contre » une question posée mais l’approbation ou non d’un texte de loi. Un texte qui comprendrait la priorité nationale, la suppression du droit du sol, le traitement de l’asile dans les ambassades et consulats des pays de départ, l’expulsion systématique des délinquants et criminels étrangers et, la mère de toutes les batailles, la supériorité de l’ensemble de ce droit par rapport à tout autre droit européen.
Je souhaite mettre en place le modèle danois, un opt-out, mais à la française. C’est-à-dire faire en sorte que sur les questions de sécurité et d’immigration, le droit français soit supérieur à tout autre droit européen et international.
Jordan Bardella
Avec ce référendum, si demain, la France décide de procéder à l’expulsion d’un délinquant ou d’un criminel étranger, une OQTF ne pourra plus être retouchée par aucune jurisprudence européenne ou internationale. C’est indispensable. Faire croire aux Français qu’on va résoudre la question de l’immigration par une loi ordinaire est un mensonge. Le seul moyen de reprendre le contrôle en matière d’immigration passe nécessairement par cette révision constitutionnelle que nous défendons. D’ailleurs, l’échec de la loi ordinaire qui a été votée par le Parlement sur l’immigration et le fait qu’une grande partie des mesures restrictives de l’immigration a été retouchée par le Conseil constitutionnel démontre qu’aujourd’hui, une partie des juges ne font plus du droit mais de la politique.
Vous préconisez une double frontière. Sur la frontière européenne, que proposez-vous ?
C’est une question que nous prenons à bras-le-corps, et c’est pourquoi j’ai fait le choix d’accueillir sur ma liste en troisième position Fabrice Leggeri, l’ancien patron de l’agence de garde de côte européenne Frontex. Il a été débarqué par la Commission européenne parce qu’il se livrait, selon eux, à des pratiques de push-back qui consistaient à remplir la mission qui lui a été initialement confiée par les autorités européennes en renvoyant les bateaux dans les ports de départ. La Commission européenne ne considère pas l’immigration comme un problème, mais comme un projet.

Elle considère que le sujet n’est pas le renvoi dans les pays de départ, mais l’accueil sur notre terre. Il faut aussi savoir que des États subventionnés par l’argent des contribuables européens comme la Turquie se livrent à des pratiques agressives contre nous et utilisent l’immigration comme un moyen de chantage. Primo, il faut impérativement des frontières physiques aux frontières de l’Union européenne et dont le financement serait assumé par l’UE. Deuxio, il faut que Frontex ait pour mission et pour objectif non pas d’accueillir, non pas de répartir dans les pays de l’Union, mais de mettre en sécurité les bateaux et de les raccompagner dans les pays de départ. Tercio, il faut lutter contre le trafic d’êtres humains et pour cela, cesser les financements publics aux ONG d’extrême gauche qui, dans le cadre du trafic d’êtres humains, ne jouent pas un rôle humanitaire, mais jouent le rôle de taxi.
C’est-à-dire ?
Ces ONG vont chercher les bateaux à dix ou vingt kilomètres des côtes libyennes ou des côtes tunisiennes. Le droit de la mer voudrait que ces bateaux soient raccompagnés dans les ports les plus proches, c’est-à-dire, le plus souvent, ceux de Sousse ou de Sfax. Non seulement, elles ne le font pas, mais elles accompagnent ces bateaux jusque sur le sol européen. Il faut condamner ces ONG évidemment et criminaliser l’assistance au trafic d’êtres humains. Le nerf de la guerre est financier. Si vous asséchez leur financement, notamment les financements publics, elles auront beaucoup de mal à fonctionner. Enfin, il faut impérativement rétablir le délit de séjour irrégulier sur le sol français afin de pouvoir poursuivre devant les tribunaux ces associations qui se livrent à un rôle d’assistance des mafias de passeurs.
Comment différencier les clandestins qui fuient une guerre et les clandestins économiques ?
70 % des demandes d’asile sur le sol français sont déboutées et deux tiers d’entre elles le sont parce que les demandeurs ne viennent pas de pays en guerre. Pour les autres, il faut financer dans les pays de départ ce que j’appelle des cités de l’asile, c’est-à-dire des campements mis en sécurité par l’Union européenne ou par les Nations unies, dans les régions de départ. Il faut envoyer un message très clair, à savoir que l’Union européenne et la France ne seront plus une terre d’accueil. Cela passe par des campagnes dissuasives dans les pays de départ mais aussi par le renforcement de nos coopérations avec les États, et notamment les États africains. Il est important de rappeler que la déstabilisation de la Libye par la droite entre 2007 et 2012 a probablement été l’une des plus graves erreurs de politique étrangère de toute la Ve République, dans la mesure où elle a affaibli des États qui, certes, n’étaient pas des démocraties, mais qui, en la matière, étaient des hotspots migratoires bien utiles à la protection des frontières de l’Union européenne.
Jusqu’à quel point la France doit-elle soutenir l’Ukraine. Y a-t-il une ligne rouge ? S’il y a des négociations avec Poutine, que faut-il concéder ?
Nous sommes favorables à l’envoi de matériel défensif à l’Ukraine pour leur permettre de tenir le front. La ligne rouge, c’est l’entrée en guerre de la nation française contre la Russie. Depuis le départ, le RN a tenu cette position d’équilibre qui s’inscrit dans la droite ligne de la diplomatie française, à savoir la voie de l’indépendance et de l’équidistance dans les conflits : soutien à l’Ukraine parce qu’en patriote, on ne peut pas tolérer que la souveraineté territoriale d’un État soit violée aux portes de l’Union européenne, mais empêchement de l’escalade avec la Russie qui pourrait créer les conditions d’un affrontement entre deux puissances nucléaires. En la matière, les dernières déclarations du président français participent à la montée des tensions et à l’isolement de la France sur la scène européenne. Quand on propose d’envoyer des troupes au sol contre l’avis du peuple français, de nos alliés européens et de l’OTAN, on met en lumière les divisions du camp occidental et on fait donc le jeu du Kremlin.
Depuis le départ, le RN a tenu cette position d’équilibre qui s’inscrit dans la droite ligne de la diplomatie française, à savoir la voie de l’indépendance et de l’équidistance dans les conflits : soutien à l’Ukraine parce qu’en patriote, on ne peut pas tolérer que la souveraineté territoriale d’un État soit violée aux portes de l’Union européenne, mais empêchement de l’escalade avec la Russie qui pourrait créer les conditions d’un affrontement entre deux puissances nucléaires.
Jordan Bardella
En voulant être un va-t-en-guerre et en voulant être le porte-voix de l’Union européenne, avant même d’être le porte-voix de la France, Emmanuel Macron isole et affaiblit le camp occidental. La France doit jouer son rôle, qui n’est pas de regarder face à face la Russie, mais en l’occurrence de consolider son architecture à l’Est. Des engagements ont été pris à l’égard de la Moldavie : si demain, il devait y avoir une annexion de la Transnistrie, je pense qu’ils doivent être respectés. Nous avons des éléments militaires français en Roumanie, dans le cadre des missions de l’OTAN. Nous assurons la protection aérienne des Pays baltes. Tout cela participe à consolider le rôle diplomatique capital de la France dans cette région. Mais je ne crois pas que les Français soient favorables à l’entrée en guerre avec la Russie. Or, les dernières déclarations du président de la République apparaissent comme extrêmement anxiogènes.
Comment créer un rapport de force sans être un « va-t-en-guerre » ?
Est-ce que les intérêts vitaux de la nation française sont aujourd’hui menacés par la Russie ? La réponse est non. En revanche, nos intérêts sont contestés par la Russie, notamment en Afrique, sur notre zone d’influence historique, où l’agressivité de la propagande russe a créé un ressentiment extrêmement hostile dans une partie des populations africaines à l’égard de la France. On a vu tout le travail de désinformation qui a été fait, notamment par des milices privées comme Wagner.
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Les intérêts français sont contestés par la Russie et parfois menacés lorsque par exemple, il y a quelques semaines en mer Noire, des avions russes menacent d’abattre des éléments de l’Armée de l’air française. Nos intérêts sont contestés par la Russie lorsqu’elle s’engage dans un soutien plein et entier aux Comores, alors que cet État revendique la souveraineté par la voie migratoire d’une partie du territoire français, à Mayotte.
Et les intérêts européens sont-ils menacés par la Russie ?
La réponse est oui. Mais les intérêts vitaux de la nation française sont-ils engagés au point d’envoyer des troupes sur le sol ukrainien affronter la Russie ? La réponse est non. Cette ligne rouge est absolument essentielle. Et c’est la raison pour laquelle je me suis opposé à l’envoi de missiles longue portée, comme à l’envoi de troupes, qui pourraient venir frapper le territoire russe. En tant qu’Européen, on a de la mémoire et on sait à quoi peut mener l’escalade militaire. Surtout, il ne faut jamais écarter l’ambition d’épouser la paix, parce que viendra le moment où il faudra se mettre autour de la table pour faire cesser les armes et pour négocier. La première des conditions d’une négociation, ce serait que la Russie comprenne qu’elle n’a plus aucun intérêt à maintenir des troupes sur un front qui n’avance plus depuis des mois.
Autre zone de conflit : Israël. Comment jugez-vous la riposte d’Israël aux attaques du 7 octobre ?
Il est clair que quand la nation israélienne est attaquée, elle ne fait pas dans la dentelle en matière de riposte. C’est une attitude à laquelle nous ne sommes pas habitués en Europe. Depuis les attentats de Mohamed Merah en 2012, on a un peu le sentiment qu’on combat le terrorisme islamiste à l’aide de bougies et de minutes de silence qui apparaissent bien faibles compte tenu de l’ampleur de la menace. Israël a vécu dans un même temps son Bataclan et son 11 septembre. Les pogroms qui ont touché Israël le 7 octobre ont frappé tout l’Occident en réalité – encore plus peut-être la France, parce qu’il y a un fil qui nous lie de tout temps avec le Proche-Orient, et ce qui se passe là-bas a toujours eu une influence chez nous.
Depuis les attentats de Mohamed Merah en 2012, on a un peu le sentiment qu’on combat le terrorisme islamiste à l’aide de bougies et de minutes de silence qui apparaissent bien faibles compte tenu de l’ampleur de la menace. Israël a vécu dans un même temps son Bataclan et son 11 septembre.
Jordan Bardella
Nous avons dit depuis le départ que la réponse israélienne était légitime, mais qu’elle devait être la plus ciblée possible dans le respect du droit international : sur un territoire extrêmement contraint, elle doit protéger les populations civiles tout en étant la plus implacable possible à l’égard du Hamas, qui est une organisation terroriste. Je note au passage que pour la première fois, on s’est aperçu que la condamnation du terrorisme islamiste dans la société française ne faisait plus l’unanimité. On avait des signes avant-coureurs avec le non-respect des minutes de silence dans certaines écoles de banlieue, mais là on a vu que dans le spectre politique français, la condamnation du terrorisme islamiste ne faisait plus l’unanimité. Ensuite, il y a une responsabilité dans les pertes civiles qui incombe avant tout au Hamas. C’est le Hamas qui utilise les bâtiments de civils, les sous-sols des mosquées, les sous-sols des écoles ou des hôpitaux pour installer ses quartiers généraux et ainsi créer les conditions d’un chaos irréversible sur la bande de Gaza.
Êtes-vous favorable à un cessez-le-feu, et si oui à quelles conditions ?
Je pense que le cessez- le-feu peut être une possibilité, mais à condition que le Hamas libère les otages. Et puis j’essaie toujours de raisonner par rapport aux intérêts français. Notre intérêt est d’empêcher que l’idéologie du Hamas ne contamine la société française. Or, le Hamas, dans ce qu’il représente, est déjà arrivé sur le territoire français. Et ce qu’a vécu Israël, on l’a déjà vécu depuis 2012. Tout notre combat aujourd’hui, ça doit être l’islam politique. Cette bataille se mène sur le plan légal, politique, administratif, financier, mais aussi sur le plan culturel. En réalité, l’islam politique prospère dans un pays qui ne s’aime pas suffisamment et qui à renoncer à mener la bataille culturelle.

Comment mène-t-on cette bataille culturelle ?
Dans Les Chênes qu’on abat…, André Malraux dit qu’un pays qui ne croit plus en rien cesse d’exister. C’est tout le mal français. Beaucoup se plaignent aujourd’hui de voir l’islam occuper une place de plus en plus importante dans la société française, en meublant une espèce de vide culturel et intellectuel. Cette religion n’est pas seulement une spiritualité qui relève de l’intime, c’est avant tout un système politique, religieux, légal ; en somme, un véritable système de société. Donc la bataille, si tant est qu’on souhaite encore la mener, ce qui est mon cas, doit être menée sur le terrain culturel. Il faut réapprendre l’amour de la France, et ça commence par l’école.
Il est évident qu’il y a une génération perdue et qu’on ne refera pas des citoyens français modèles de types qui sont prêts à aller se faire péter au Bataclan. Il faut accepter, et c’est aussi vrai avec la délinquance de banlieue, qu’on a une génération de déracinés qui est incontestablement d’ici, mais dont l’âme est ailleurs, dans les pays d’origine. Tout l’enjeu maintenant, c’est de ne pas perdre la génération d’après.
Comment faire ?
Il faut d’abord arrêter l’immigration, parce que la seule science exacte dans un pays, c’est la démographie. Il suffit de prolonger les courbes pour savoir à quoi on ressemblera dans 30, 40, 50 ans. Deuxièmement, il faut recentrer l’école sur les savoirs fondamentaux et faire en sorte qu’on retransmette l’amour de ce qu’on a été. Ça n’est pas en enseignant la repentance à l’école, en omettant les passages les plus glorieux de notre histoire et en expliquant aux jeunes générations qu’on a toujours tout mal fait par le passé, qu’on redonnera la France à aimer. Moi, je fais partie d’une génération issue de l’immigration qui, quand elle est arrivée d’ailleurs, est devenue d’ici. On est devenu des Français de cœur et d’esprit.
Il faut d’abord arrêter l’immigration, parce que la seule science exacte dans un pays, c’est la démographie. Il suffit de prolonger les courbes pour savoir à quoi on ressemblera dans 30, 40, 50 ans.
Jordan Bardella
On a fait cet effort exigeant qui s’appelle l’assimilation, qui consistait à dire : on arrive de l’étranger, mais la France va devenir notre nation et notre communauté d’esprit à part entière. Donc on apprenait la langue, on respectait l’enseignant et les policiers, on respectait surtout l’histoire et le patrimoine. Aujourd’hui, les générations qui arrivent semblent totalement dispenser de cet effort. Il faut rehausser le niveau d’exigence. Ce combat ne sera pas simple parce qu’on mène une course contre le temps, et il nécessitera la mobilisation de tous : des acteurs de la culture, de l’Éducation nationale et évidemment du sommet de l’État. Quand au sommet de l’État on vous explique qu’il n’y a pas de culture française, on ne peut pas demander à des gens qui arrivent en France de l’aimer et de la respecter pour ce qu’elle est.
On célèbre les vingt ans de la loi de 2004, mais pas une semaine sans une « atteinte à la laïcité » à l’école. Comment s’en sortir ? La laïcité est-elle le bon outil, et est-elle suffisante ? Après tout, la nature a horreur du vide…
La laïcité, c’est le corollaire de la bataille culturelle. La laïcité en soi, c’est un principe de droit et un principe d’esprit, mais s’il n’est pas alimenté par un fond de sauce culturel, il est voué à l’échec. Ça fait 20 ans que mon mouvement politique tire la sonnette d’alarme et ça fait 20 ans qu’on voit se succéder année après année des alertes dont on ne tient pas compte. Ces alertes, si on remonte dans le temps, c’est l’affaire du voile de Creil en 1989, c’est Les Territoires perdus de la République en 2002, c’est le rapport Obin en 2004, c’est évidemment la loi sur les signes religieux ostentatoires à l’école la même année. On n’est pas face à des gens qui veulent se séparer pour vivre selon des préceptes politiques et religieux qui leur sont propres. Il est illusoire de penser que notre adversaire, c’est le séparatisme. Ça, c’était il y a 30 ans.
La laïcité, c’est le corollaire de la bataille culturelle. La laïcité en soi, c’est un principe de droit et un principe d’esprit, mais s’il n’est pas alimenté par un fond de sauce culturel, il est voué à l’échec.
Jordan Bardella
Désormais, on est face à des gens qui veulent nous conquérir. On est engagé dans une bataille face à des minorités de plus en plus importantes qui veulent imposer leurs interdits à l’ensemble de la société française. Si on n’a pas conscience de ce diagnostic-là, alors on fait fausse route. L’islam politique est de plus en plus conquérant et vindicatif, il cherche à étendre ses interdits à toute la société française. C’est le burkini sur les plages, c’est l’abaya à l’école, ce sont les horaires séparés dans les piscines, ce sont les prières de rue, ce sont des cultes financés depuis l’étranger avec des prêches qui ne sont pas tenus en français… Tout cela crée les conditions d’une société parallèle sur notre territoire, et la constitution d’enclaves étrangères.
La deuxième réalité qu’il faut admettre pour trouver les bonnes réponses, c’est que les radicaux ont gagné la bataille. Quand vous regardez les sondages portant sur les Français de confession musulmane, on s’aperçoit qu’une majorité d’entre eux considère la laïcité comme un problème, considère l’interdiction de l’abaya comme un problème. Et si on va plus loin, environ un tiers, voire parfois 40 % des jeunes musulmans de 18-25 ans, soit considèrent que la charia est supérieure aux lois de la République, soit ne condamnent pas totalement le terrorisme islamiste et les massacres qui ont été commis en France.

Ce constat posé, il faut y répondre. D’abord, la lutte contre l’immigration. Parce qu’en Seine-Saint-Denis, mon département, un rapport parlementaire nous dit que jusqu’à 25 % de la population est présente de manière clandestine. Deuxièmement, il faut être intransigeant sur la laïcité et expliquer aux gens qui veulent vivre selon des mœurs, des coutumes, des modes de vie, des lois qui ne sont pas celles de la société française qu’il leur faudra aller vivre ailleurs. Troisièmement, il faut mener la bataille face à l’islam politique. Ça veut dire fermer les mosquées radicales, dissoudre toutes les organisations en France qui refusent de se conformer à la charte de la laïcité, comme le Milli Gorus turc ou l’association Musulmans de France (ex-UOIF) affiliée aux frères musulmans. Il faut expulser du sol français tous les étrangers radicalisés, qui représentant 4 500 des 8 000 radicalisés qui sont aujourd’hui fichés au sein du FSPRT. Et puis, d’une manière plus générale, il faut mener la bataille culturelle dont j’ai parlé. Ça ne sera pas simple, j’ai conscience que nous allons hériter d’une situation difficile et que nous allons avoir pour mission de réparer et de réunifier un pays qui ressemble à un archipel.
Vous parlez beaucoup de civilisation, de culture, de mœurs. Les lois sociétales structurent notre civilisation, or elles ont beaucoup changé ces dernières années. On a compris qu’elles ne sont pas un enjeu pour votre parti. Toutefois, est-ce que vous avez des lignes rouges sur ces questions sociétales ?
D’abord, je ne considère pas du tout les questions sociétales comme secondaires. Au contraire, je pense que l’arrivée de l’intelligence artificielle et des dilemmes qui vont être posés par le transhumanisme vont réhabiliter l’importance du sociétal, et la capacité ou non du politique à être le gardien de limites. Je dis en revanche que les questions de société sont utilisées depuis le mariage pour tous comme des sujets de diversion pour masquer bien souvent des impuissances sociales et économiques. En pleine campagne des élections européennes, on agite la question de la constitutionnalisation de l’IVG alors qu’aucun mouvement politique en France ne remet en cause l’avortement. On agite désormais la question de la fin de vie, alors même que l’impéritie de la loi Claeys- Leonetti vient du manque de moyens : aujourd’hui, un département français sur trois manque de soins palliatifs et des dizaines de milliers de patients n’y ont pas accès.
D’abord, je ne considère pas du tout les questions sociétales comme secondaires. Au contraire, je pense que l’arrivée de l’intelligence artificielle et des dilemmes qui vont être posés par le transhumanisme vont réhabiliter l’importance du sociétal, et la capacité ou non du politique à être le gardien de limites.
Jordan Bardella
Deuxièmement, je considère que ces questions sont d’une telle importance qu’elles doivent être traitées par référendum. Les questions de société sont des questions qui clivent, qui bien souvent font appel à l’intime, à des expériences personnelles et à des convictions religieuses.
Est-ce que la prochaine qui arrive, l’euthanasie, va être un combat pour vous ?
Concernant la fin de vie, c’est un débat qu’il faut manier avec beaucoup de prudence et de mesure, parce qu’il fait appel pour chacun au rapport à la vie et à la mort et donc, parfois, à des expériences personnelles qui fondent le jugement. Personnellement, je suis attaché à cette troisième voie française qui ne repose ni sur l’acharnement thérapeutique, ni sur l’euthanasie, et qui est l’esprit de la loi Leonetti. Je pense qu’on ne peut pas poser les termes d’un nouveau texte tant que le précédent n’est pas effectif. Or, aujourd’hui, le vrai sujet est médical : il manque des structures de soins palliatifs. Tant qu’on n’a pas pris en compte cette carence qui intègre le soutien personnel du malade et l’accompagnement psychologique des familles, on ne peut pas aborder cette question de l’euthanasie. Mais, vous savez, parfois, on nous demande d’avoir réponse à tout. Et sur ce sujet qui est éminemment délicat et complexe, je suis torturé quant à la réponse.
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Donc ce n’est pas un combat politique que votre parti va mener à l’Assemblée ? $
On est sur tous les fronts, si je puis dire. Donc oui, on sera amené à se positionner. Toutefois, puisque je considère les sujets sociétaux comme relevant de l’intime et devant être traités par référendum, il y aura au sein de mon groupe à l’Assemblée une liberté de vote, comme toujours sur les questions de société.
Que vous inspire l’intelligence artificielle, à laquelle vous semblez accorder beaucoup d’importance ?
L’intelligence artificielle va tout bousculer. Pourquoi ? Parce que toutes les grandes révolutions industrielles que nous avons vécues ont toujours épargné ce qui, de tout temps, a été la spécificité de l’homme au travail, à savoir l’intelligence. Or, en apportant à nos sociétés un facteur nouveau de productivité en quantité infinie, illimitée et gratuite – en ce sens, c’est une opportunité autant qu’un vertige –, l’IA va totalement bousculer la place de l’homme dans la société, et va poser des dilemmes liés au transhumanisme qui sont vertigineux. Personne ne soutient le principe du cyborg, mais demain, si Neuralink vous permet, par un simple implant cérébral, de guérir des maladies comme Alzheimer ou comme Parkinson et d’enregistrer vos souvenirs, il est compliqué de s’y opposer sur le simple plan médical.
L’intelligence artificielle va tout bousculer. Pourquoi ? Parce que toutes les grandes révolutions industrielles que nous avons vécues ont toujours épargné ce qui, de tout temps, a été la spécificité de l’homme au travail, à savoir l’intelligence.
Jordan Bardella
Maintenant, si vous ouvrez une brèche juridique sur le plan médical, qui ne vous dit pas que demain, on va se servir de cette jurisprudence pour l’élargir à l’ensemble de la société ? On sait qu’il y a des pays qui vont aller vers ça. La Chine, demain, fera de la sélection embryonnaire. Alors que la croissance française est en berne depuis trois trimestres, les États-Unis réalisent eux des gains de productivité majeurs grâce à une énergie pas chère certes, mais aussi grâce au déploiement de l’intelligence artificielle.
Une question sur l’écologie. Quelle est votre vision en la matière ? Dans quelle mesure ce sujet doit-il être traité à l’échelle française et/ou européenne ?
Notre famille politique ferait une erreur en se comportant à l’égard de l’écologie comme la gauche se comporte à l’égard de l’immigration depuis 30 ans, en disant que le sujet n’existe pas. L’environnement doit être une préoccupation majeure. Il suffit de discuter avec n’importe quel agriculteur pour se rendre compte de la multiplication des épisodes de sécheresse. La gestion de l’eau va devenir un enjeu stratégique majeur pour lequel on a d’énormes efforts d’infrastructures à faire. On sait que l’Espagne, par exemple, arrive à recycler 20 % des eaux usées alors qu’en France, c’est à peine 3 %. Il y a des efforts à faire sur les retenues collinaires, sur le stockage de l’eau, sur l’utilisation aussi de notre espace maritime, le deuxième au monde.
Notre famille politique ferait une erreur en se comportant à l’égard de l’écologie comme la gauche se comporte à l’égard de l’immigration depuis 30 ans, en disant que le sujet n’existe pas. L’environnement doit être une préoccupation majeure.
Jordan Bardella
Israël, par exemple, fournit énormément d’eau par désalinisation de l’eau de mer. C’est une technologie intéressante mais très énergivore, ce qui pose la question de notre indépendance énergétique et donc des carences provoquées par l’affaiblissement de la filière nucléaire. On ne peut pas être patriote et ne pas se soucier de l’écologie. Quand on a le souci du pays qu’on laissera à nos enfants et petits-enfants, on doit aussi se soucier de la planète qu’on va leur laisser. Personne n’est contre l’écologie.
Il y a alors des bons et des mauvais écologistes ?
Ce que je combats, c’est l’écologie punitive qui empêche, qui interdit et qui, au nom de l’écologisme érigé en doctrine quasiment religieuse, crée les conditions d’une décroissance avec des normes à outrance, et fragilise notre pouvoir d’achat, notre autonomie, et notre souveraineté. C’est typiquement le cas sur la question agricole dont on a beaucoup parlé. Je ne crois pas dans la décroissance, ce serait se mettre deux balles dans le pied. Je crois dans une écologie praticable. La France a un atout : c’est le nucléaire. Grâce à lui, on a fait notre transition énergétique. Il faut défendre et investir massivement dans le nucléaire pour refaire de la France un paradis énergétique, c’est-à-dire l’endroit où on vient investir, entreprendre, créer, réindustrialiser, relocaliser parce que l’énergie n’est pas chère.

Ensuite, il y a mille et un efforts à faire sur l’isolation thermique des bâtiments, sur le développement de l’hydrogène, etc. Tout ça, on y est extrêmement favorable. Mais il faut bien se rappeler que d’après le Haut Conseil pour le Climat, 50 % de nos émissions de CO2 sont liées à nos importations. Donc, le patriotisme économique est, en réalité, une réponse aux émissions de CO2. Et il ne faut pas se mentir, la France est l’un des pays les plus propres au monde. On a 0,2 % d’émission de CO2. La Chine et les États- Unis, c’est 30 % à eux deux. Enfin, je crois dans un principe très important : la diplomatie écologique. On doit faire comprendre aux Français que l’enjeu n’est pas tant pour nous de changer de modèle, parce que nos émissions sont faibles, que de convaincre nos partenaires de faire comme nous. En la matière, la France a un savoir-faire considérable à exporter sur le nucléaire, sur l’hydrogène, sur nos barrages. On a les meilleurs chercheurs, on a les meilleurs matériaux. Encore faut-il être capable de les exporter et de les vendre à nos voisins.
Mais une écologie qui ne serait pas punitive est-elle possible ? Il faut bien normer et poser des limites…
Je pense que l’idéologisme fait beaucoup de mal à la politique et que parfois, il faut faire preuve de bon sens. Tout le monde est pour l’écologie : les chefs d’entreprise en premier, les ingénieurs qui font d’énormes efforts, par exemple chez Airbus, pour développer les biocarburants, nos agriculteurs évidemment qui ont déjà fait des efforts considérables. Regardez le plan Écophyto contre lequel on a combattu au Parlement européen, qui consiste à interdire des produits du jour au lendemain, tout en permettant l’importation de produits qui ne sont soumis à aucune de ces interdictions. La conséquence, c’est la fragilisation de nos filières, c’est la dégradation de la qualité alimentaire, c’est évidemment la fragilisation de notre souveraineté alimentaire. On peut être pour l’écologie sans être pour la punition. Et l’écologie est bonne pour la planète et pour notre économie si elle n’est pas punitive. La meilleure réponse à cette idéologie, c’est d’investir dans la recherche pour trouver des produits alternatifs, notamment pour nos agriculteurs. Le problème, c’est qu’on est confronté à des ayatollahs verts qui ne voient la politique qu’au travers de la punition et de l’interdiction, jusqu’à mettre notre économie à l’arrêt. Peut-être que demain on sera les plus propres, mais on sera tous dans le cercueil.
« Ni de droite ni de gauche, mais de France » disiez-vous dans Causeur en avril. Ce « ni, ni » n’est-il pas un « en même temps » à l’envers ?
La France a une spécificité politique en Europe : celle de ne pas avoir de scrutin proportionnel à son élection suprême. En Italie, si vous faites 20 % des voix, vous êtes Premier ministre. Nous, ça fait un paquet de temps qu’on a fait les 20 %. Donc, le modèle français repose sur l’idée du dépassement et du rassemblement. Aujourd’hui, le Rassemblement national arrive à fédérer en son sein des patriotes qui viennent de la droite et de la gauche – il y a beaucoup d’électeurs ouvriers qui votaient pour le Parti communiste dans les années 90 et qui voient désormais le Rassemblement national comme le moyen de les protéger de la mondialisation sauvage. On ne fait pas un retour en arrière. La stratégie d’union des droites, c’est une petite ambition, parce que quand on aspire à gouverner la France, on veut rassembler tous les Français et on ne se réduit pas à sauver un clivage contre un autre. Aujourd’hui, nous incarnons ce dépassement : il n’y a plus une seule catégorie de la population dans laquelle le vote RN ne progresse pas. Pour gagner, il faut faire la jonction entre les classes populaires, les classes moyennes et une partie des élites. Les élites ne gagnent pas contre le peuple, le peuple ne gagne pas contre les élites.
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On doit créer les conditions de ce rassemblement. Dans les intentions de vote pour les élections européennes, nous sommes en tête chez les patrons et chez les cadres, tout en étant en tête chez les ouvriers. Donc, revenir à des clivages passés et désuets, c’est en fait se priver d’une partie de l’électorat qui serait tentée de participer à la première alternance depuis 1981. Parce qu’en fait, ce qu’on défend et ce qu’on propose, c’est un cycle politique, une alternance qui n’a jamais été engagée en France depuis l’élection de François Mitterand. Des partis comme LR et Reconquête incarnent des voies sans issue.
Pour vous, LR et Reconquête sont-ils des partis morts ?
Je veux m’adresser aux électeurs de LR et de Reconquête en leur rappelant qu’on mène une course contre le temps. L’heure des constats, des diagnostics, des boutiques à 5 % est passée. Quand le camp patriote peut l’emporter, le devoir de tous les patriotes du pays, qu’ils soient de droite ou de gauche, est de permettre cette victoire. J’espère que beaucoup d’électeurs de Zemmour et de LR, qui sont des patriotes sincères, voteront pour nous aux élections européennes et à la prochaine élection présidentielle. La division des voix sert nos adversaires. Diviser les voix pour faire 5 % quand on est donné à 30 % aux élections européennes et comme possiblement gagnant de la prochaine élection présidentielle, c’est contraire à l’urgence et à la nécessité d’agir dans laquelle nous sommes.





