Et si on était gentil pour changer ? Et si on pouvait croire un temps en l’amendement de la nullité ? Autrice de Porte sans clef, l’un des pires films de l’histoire de la conscience, Pascale Bodet a vu la lumière, ou du moins un lumignon, avec Vas-tu renoncer ? Soit l’amitié aigre et avortée entre Charles Baudelaire et Edouard Manet transposée aujourd’hui dans le style fantaisiste de Serge Bozon & Cie, entre Jean-Pierre Mocky et Eugène Green, avec un doigt de Palettes, la série qui auscultait les chefs-d’œuvre.
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On regrette l’idée de leur adjoindre un intermédiaire presque muet, sorte de Mychkine turc en short (Bozon lui-même, fer de ses mollets). Ceci dit, un travail documentaire pointu exhume de rares caricatures moquant les deux artistes – merci le Musée d’Orsay – et une belle scène de double en nuit américaine reste à l’esprit, ainsi que l’omniprésence des chats. Malgré les chichis, le désespoir de la bohème subie et de la reconnaissance repoussée finit par percer l’insignifiance.
VAS-TU RENONCER? (1h12), de PASCALE BODET, avec Benjamin Esdraffo, Pierre Léon, Serge Bozon, en salles le 12 juin.





