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Waterloo, 18 juin 1815 : le jour rouge

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Publié le

18 juin 2024

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Fraîchement débarqué de l’île d’Elbe, Napoléon fit trembler une dernière fois l’ordre européen des Anglo-Prussiens, jusqu’à sa défaite finale le 18 juin à Waterloo.
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Au printemps 1815, la facilité avec laquelle Napoléon conquiert la France n’est égalée que par la détermination des Alliés à l’en déloger. Le premier mars, il débarque depuis l’île d’Elbe au golfe Juan, le 20 il s’installe aux Tuileries. Cinq jours plus tard, les grandes puissances européennes créent déjà de toute urgence une alliance contre lui. Alors que Napoléon consolide avec difficulté son pouvoir dans l’Hexagone, les troupes alliées se retournent vers ses frontières. Si leur supériorité numérique est écrasante, elles sont encore loin, la plupart d’entre elles en mesure d’atteindre la France seulement courant juillet. Seuls les Prussiens de Blücher et les Anglo-Hollandais de Wellington sont proches, en Belgique. Napoléon, fidèle à l’audace et à la vivacité dont ont été tissés ses exploits, décide d’en profiter et fonce début juin sur le plat pays pour remporter une victoire décisive qui stupéfierait le concert européen et le pousserait à négocier. À la tête d’un peu plus de cent mille hommes, il défie les deux généraux dont les armées sont deux fois plus nombreuses.

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Elles sont cependant divisées, les Anglais à Bruxelles et les Prussiens plus à l’Est, autour de Charleroi. L’Empereur veut les vaincre séparément, avant leur jonction, d’abord Blücher puis le Britannique. Le 16 juin, il bouscule les Prussiens à Ligny, à peu près à mi-chemin entre Bruxelles et Charleroi. Il croit à une victoire décisive, mais les Allemands ne sont que sonnés. Il les fait donc poursuivre sans hâte, seulement le 17 au soir, par le corps de Grouchy.

Pendant ce temps, il porte son atention sur Wellington, retranché sur le plateau du Mont-Saint-Jean, un peu au sud de Bruxelles. Le dispositif défensif britannique est organisé autour de trois grosses fermes transformées en véritables fortins.

Il croit à une victoire décisive, mais les allemands ne sont que sonnés.

Une suite de circonstances malheureuses, d’erreurs françaises et de bonnes décisions adverses vont faire du 18 juin le plus désastreux de l’épopée napoléonienne. Déjà, la pluie abondante dans la nuit force les Français à retarder leur attaque pour attendre que le sol sèche, ce qui leur ôte l’effet de surprise. L’assaut ne commence sur l’aile gauche française que vers onze heures, et se heurte à une résistance acharnée à la ferme d’Hougoumont. À treize heures, le gros des troupes françaises se met en mouvement au centre, mais est surpris par les tirs dévastateurs d’Anglais allongés dans l’herbe qui se découvrent au dernier moment. Au cœur de l’après-midi, le maréchal Ney tente de briser le verrou par de furieuses charges de cavalerie qui se brisent sur les carrées britanniques et qui, menées sans infanterie à leur suite pour occuper le terrain conquis, ont très peu de chances de réussite.

Enfn, un peu avant dix-sept heures, c’est l’effroi! Les Prussiens qui ont échappé à Grouchy surgissent sur l’aile droite française. Malgré une dernière tentative héroïque de la Garde, les Anglais s’accrochent encore à leur plateau et la pression prussienne fait bientôt exploser la cohésion française. La panique s’empare des rangs, c’est la débandade. À vingt heures trente, tout est fni. Il n’y a plus rien entre les troupes alliées et Paris, et Louis XVIII y fait son retour dès le 8 juillet. Quelques jours plus tard, Napoléon est en route pour Sainte-Hélène, rocher désolé de l’Atlantique sud dont il n’y aura, cete fois, aucun retour.

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