« S’ils ont piraté notre programme, nous pouvons le faire aussi », écrivez-vous. Quel est ce programme et par quoi passe ce piratage ?
Il s’agit de notre programme génétique. Peur, réceptivité au dressage, suivisme, pensée magique, etc.: tous ces mécanismes, parfois encombrants et aliénants, sont le fruit de notre évolution. Je propose dans mon livre de mieux les identifier, de comprendre comment la secte qui nous gouverne les exploite à son avantage. Je propose ensuite de réassigner la force de nos angoisses et volontés vers un projet clair, réaliste, libérateur. Ma Guerre consiste à court-circuiter le mal, à mettre enfin notre plein potentiel à notre service.
Vous êtes très critique à l’égard des Français. Pensez-vous comme la Boétie que leur servitude est volontaire?
Oui, très largement. Il n’est pas seulement question des Français, nous sommes le produit d’une espèce dont la servilité est la norme. Ça ne fait évidemment pas plaisir à entendre, mais il est bon d’en avoir conscience pour s’engager sur le dur chemin de l’indocilité, de la liberté, de la responsabilité. Le sentier de la guerre, en quelque sorte.
On a le sentiment en vous lisant que le collectif comme le corps social sont finalement un danger pour l’Homme. La solution est individuelle?
Le corps social est sous emprise. Son inertie le rend complice du pire. La solution que je préconise, quelque peu christique, consiste à ne rien attendre de ces autres, voire à leur opposer toutes nos ressources individuelles, ainsi d’agir sur le collectif, de lui montrer la voie, de façonner en lui un véritable contrepouvoir. Nous devons cesser de vivre par procuration, de tout miser sur tel sauveur, ou telle élection. Cette méchante habitude relève de l’assistanat mental, auquel nous devons tant de maux. Bref, ma doctrine, c’est commencer par soi. Trouver en soi les ressources pour se sauver, sans attendre Michel Barnier. S’accomplir est le meilleur moyen de gagner en influence, en pouvoir. Continuer à attendre, s’illusionner et déléguer, c’est se vouer à l’enfer qui vient, dont on se fait complice, par une certaine lâcheté.
« L’homme dangereux est celui qui remet en cause les mots d’ordre, qui échappe à la soumission, et se donne les moyens de les combattre. » Laurent Obertone
Une de vos solutions est de « devenir dangereux ». Pourquoi et comment?
Celui qui ne récite pas ses leçons est déjà dangereux. La secte règne sur nous par emprise mentale, sa puissance est le reflet de notre faiblesse. Si nous cessons de la craindre, de collaborer, elle s’effondrera. Je parle de virilité intellectuelle. Puisque tout repose sur l’emprise, montrons que l’hérésie ne tue pas, et plutôt nous sauvera. L’homme dangereux est celui qui remet en cause les mots d’ordre, qui échappe à la soumission, et se donne les moyens de les combattre. Puisque j’ai fait allusion au Christ, il s’est montré infiniment dangereux en refusant un pouvoir usurpateur, quel qu’en soit le prix. Je ne dis pas qu’on peut en faire autant, mais il n’est pas interdit d’essayer. Et notre situation de confort, qui décuple nos angoisses, n’a rien de comparable : il ne faut pas confondre les anathèmes d’Aymeric Caron avec une crucifixion. On a les chemins de croix qu’on mérite. Et plutôt que railler la petitesse de l’adversaire, il faut se demander pourquoi nous sommes encore plus petits que lui, pourquoi nous oublions chaque jour d’y remédier.
Et si le problème n’était pas l’État en tant que tel mais son modèle jacobin. Guerre n’est-il pas un appel à changement de modèle, celui de la subsidiarité à la Suisse ?
Quelle que soit la forme du régime, il doit être soumis à une pression suffisante, pour ne plus échapper à nos intérêts, encore moins prospérer contre eux. Cela passe par une population forte, lucide et déterminée. Une certaine noblesse, au moins d’esprit. Aujourd’hui, l’État républicain est notre ennemi mortel, à tous les niveaux, champion d’intérêts particuliers éminemment destructeurs. Il faut lui reprendre les pouvoirs délirants que nous lui avons concédés, annihiler sa capacité de destruction économique et sociale. Plus ses missions seront réduites, plus il devra se montrer efficace, et moins il aura l’occasion de se montrer nuisible.
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« La guerre ne peut se gagner sans l’économie. On peut se vendre, tout le monde se vend, mais jusqu’où peut-on vous acheter? », écrivez-vous. Jusqu’où peut-on vous acheter?
Il est ici question de principes. Quiconque se respecte doit fixer sa valeur, son être, au-dessus de toute corruption, de tous les avoirs, ou des valeurs des autres, les choses négociables. Soyez celui que nul ne peut posséder. Et si vous vendez vos talents ou votre temps, ce qui est dans l’ordre des choses, ne trahissez pas ce que vous êtes, ce que vous pensez, ce que vous défendez. Hélas, la tendance est à se donner… «Vous comprenez, je n’ai pas le choix.» Tout le monde l’a. Se trouver des prétextes pour ne pas exister, c’est un choix.
« La seule solution pour en finir est de rendre le crime bien plus coûteux qu’il n’est payant » Laurent Obertone

Comme dans votre précédent essai, vous abordez également le sujet de la parentalité: « Mieux vaut un vrai parent qu’un bon parent. » C’est-à-dire ?
La parentalité n’est pas la modernité, ce cocon illusoire de douceur et de refus des réalités. Plus que des enfants, les parents doivent fabriquer des adultes. Transmettre le sens des responsabilités. Les préparer plutôt que les préserver. Qu’ils soient à leur tour un danger pour tous les nuisibles de ce monde. Partir du principe que des enfants ne sont pas les bienvenus parce qu’ils seront confrontés à moult difficultés en dit très long sur certains des nôtres, leur refus total de l’épreuve, donc de la vie. La peur doit nous réarmer, pas nous suicider.
Quelle est la principale menace pour la France ?
J’ignore si nous pouvons surmonter notre état de domestication, qui nous met en danger mortel. À plus court terme, la principale menace est l’immigration de remplacement. Changer une population, c’est changer de civilisation. On ne parle pas d’idéologie, mais du socle de tout ce que nous sommes, et allons devenir. S’en défendre n’est pas seulement un droit légitime, mais un devoir. Là encore, il ne faut pas tabler sur seulement quelques mesures, mais un renversement complet de la situation.
Les Français découvrent l’ampleur du trafic de drogue en France. On parle de « mexicanisation ». En sommes-nous vraiment là aujourd’hui ? Existe-t-il des solutions pour l’éradiquer ?
À partir du moment où des organisations criminelles mieux armées que la police s’affrontent au grand jour à l’arme de guerre, en régissant l’économie de quartiers entiers, souvent depuis les prisons, avec un chiffre d’affaires comparable à celui de Dassault Systèmes, on peut dire qu’on approche du pire de l’Amérique du Sud. Les solutions ne passent pas par la politique de la ville ou les cours d’empathie. Il s’agit d’éradiquer des groupes puissants, impliquant des dizaines de milliers de personnes, retranchés dans des centaines de quartiers inextricables, grouillants de soldats chair à canon, prêts à tuer pour quelques centaines d’euros. Si l’on veut se donner les moyens de faire cette guerre et de la gagner, il faut révolutionner l’application de la loi et du maintien de l’ordre, construire massivement des prisons spécialisées, expulser impitoyablement les criminels étrangers, etc. La légalisation des drogues, que l’on pourrait envisager si chaque consommateur en assumait les pleines conséquences, ne résoudra rien : le crime organisé se tournera vers d’autres activités criminelles. La seule solution pour en finir est de rendre le crime bien plus coûteux qu’il n’est payant.
Quels sont vos motifs d’espoir ?
L’éveil rapide au milieu du chaos de forces vives et structurées, d’une jeunesse moins sensible au conditionnement et déterminée à agir. L’opinion évolue, plutôt dans le bon sens, il lui manque encore une élite forte et organisée, décidée à se faire respecter, susceptible d’incarner ce contre-pouvoir libérateur. L’autre bonne nouvelle est que notre destin nous appartient. C’est à nous de faire ce qu’il faut





