Si le nom de Denis Robert ne parlera pas forcément à ceux qui n’ont pas le journalisme pour passion, le nom des enquêtes qui l’ont révélé, Clearstream 1 et 2, sera plus familier.
Passé par la rédaction de Libération, où il officiera douze ans, couvrant par exemple l’affaire Grégory, il passera aussi par l’organe de propagande mélenchoniste Le Média, succédant en 2019 à Aude Lancelin au poste de directeur de la rédaction, avant d’en être écarté un an et demi plus tard et créer dans la foulée Blast (sous-titré « Le souffle de l’info »).
Si Denis Robert n’a au cours de sa carrière cessé de s’élever contre les pressions qu’il a reçues, il aurait instauré au sein de son équipe une ambiance délétère
S’il n’a au cours de sa carrière cessé de s’élever contre les pressions qu’il a reçues ou les « procès staliniens », qualifiant par ailleurs certains journalistes du média de « sortes de crypto-communistes », d’après une enquête d’Arrêt sur Images publiée en 2023 (AsI et la journaliste autrice de l’enquête seront par ailleurs traînés en justice par Denis Robert), il aurait instauré au sein de son équipe une ambiance délétère. Le Syndicat national des journalistes (SNJ) s’est par ailleurs élevé à plusieurs reprises contre « la répression syndicale » qui aurait lieu au sein du pure player.
On peut notamment citer le cas d’Antoine Etcheto, licencié, selon le SNJ, pour s’être syndiqué. Selon Arrêt sur Images, un « tiers des salarié·es (sic) du conseil d’administration sont parti·es (re-sic), ont été licenciés ou placé·es (sic-ter) en arrêt maladie, pour cause professionnelle ou “syndrome anxieux avec attaques de panique” ». C’est aussi à lui qu’on doit le recrutement, en catamini, de Taha Bouhafs, chargé de couvrir les émeutes de juin 2023. Un ancien de la rédaction raconte : « On a découvert que Taha couvrait les émeutes pour nous parce qu’il est passé chercher un casque à la rédaction à 21h, lorsque personne n’était censé être là… sauf qu’on était en train de boire un pot. » Et de se fendre d’un communiqué dénonçant l’embauche d’un militant communautariste accusé d’agressions sexuelles.
Mais ce n’est pas tout : il semble aussi que Blast soit mauvais payeur ! Alors qu’il avait levé 460 000 euros pour relancer « Les Guignols de l’info », Blast a, un an plus tard, sorti une piteuse version en 3D, sans marionnettes. Citant des coûts de production trop élevés (10 000 euros la marionnette), le journal de Denis Robert préfère abandonner, avant d’être traîné au tribunal par les marionnettistes pour contrefaçon de droits d’auteur, demandant 110 000 euros sur les bénéfices réalisés par l’émission, rebaptisée « Les Marioles ». En effet, si Blast avait fait le choix de se tourner vers la 3D, ils avaient utilisé pour des produits dérivés leurs marionnettes d’Emmanuel Macron, Sandrine Rousseau et Vincent Bolloré. Finalement, la publication sera condamnée à verser 29 000 euros aux fabricants.
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Mais Denis Robert n’est pas qu’un journaliste aux méthodes, si l’on en croit ses détracteurs, parfois peu scrupuleuses ! Il est aussi écrivain, auteur notamment du roman érotique Le Bonheur. Si le synopsis annonce la couleur (« Un homme et une femme. Ils se plaisent, s’évitent, se trouvent. Ils font l’amour. Sans un je t’aime. Alors commence le bonheur. Mener deux vies, l’une officielle et l’autre non. Mettre le sexe au centre de tout. Croire à ce bonheur-là »), le pompon se trouve en feuilletant l’ouvrage : « J’ai enlevé mon soutien-gorge. Je n’arrive pas à te tutoyer. J’avais déjà fait ça il y a longtemps avec un copain. Il allait trop vite. Toi tu prenais ton temps », « J’ai très envie qu’il m’encule ».
Denis Robert y conte, sous couvert d’érotisme, une relation d’emprise entre un pervers manipulateur et une masochiste dans un style aussi cru que plat. Sorte de prémices de 50 nuances de Grey mélangées à la bande-annonce de l’inénarrable Doutes. Stupre et autoritarisme, les deux mamelles de la gauche, que Denis Robert semble donc incarner à merveille !





