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Le « power suit », l’imperfection sincère comme leçon de pouvoir (rien que ça) ! (seconde partie)

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Publié le

3 avril 2025

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De même qu’il y a un « mauvais goût » qui peut être élégant s’il est assumé, il y a une philosophie de l’imperfection du pouvoir, le vrai.
© Romée de Saint Céran

Revenons donc à nos moutons, et à cette discussion que nous avions commencé d’avoir à propos du power suit – cette armure lisse de ceux qui veulent montrer qu’ils sont puissants. On se souvient qu’un « power suit », c’est une expression américaine qui désigne le costume des présidents (Trump, Macron, etc.), et plus généralement de ceux qui ne veulent pas commettre d’impair et s’en remettent aux apparences de la respectabilité sans personnalité. Voilà, en gros. Évidemment, la peur de ne pas faire ce qu’il faut est une peur bourgeoise, et il vaut sans doute mieux manquer de délicatesse ou d’intelligence de situation, parfois, que d’être, toute sa vie un impeccable employé du mois. C’est pareil avec la sape. Et, de même qu’il y a un « mauvais goût » qui peut être élégant s’il est assumé, il y a une philosophie de l’imperfection du pouvoir, le vrai.

Lire aussi : Le « power suit », armure lisse (première partie)

Si on fait une pause philo de deux secondes, il y a fort à parier que l’exercice du pouvoir, au sens large, sera, avec la création artistique, l’un des derniers jobs à résister à l’IA. Rien de plus difficile que de développer une véritable « fibre managériale », de montrer une attention sincère aux autres et de maintenir une personnalité identique au boulot et à la maison. Rien de plus difficile que de créer une œuvre, picturale ou musicale, d’écrire un livre ou d’enregistrer un disque, en y mettant toute sa sincérité, toute sa personnalité et tout son savoir-faire. Le point commun entre ces deux aspects du pouvoir (sur les autres, sur le monde et sur soi) ? L’originalité et l’imperfection : deux choses que l’IA ne reproduit pas. Le chef et l’artiste (dans les vrais sens du terme) ne sont jamais irréprochables : ils sont exemplaires, et c’est beaucoup mieux.

Un costard que vous portez parce qu’il vous plaît (et pas parce qu’il vous fallait un costume marine), une cravate que les autres trouvent peut-être moche mais qui représente quelque chose pour vous, des fringues qui ont vieilli avec vous et qui sont le prolongement de votre poignée de main, de vos blagues ou de vos petites habitudes. Quelque chose qui est confortable pour vous comme pour les autres, sans agressivité mais sans faiblesse. C’est ça le pouvoir, le vrai : personnalité « et en même temps » sagesse, aplomb, accepter d’être « clivant », comme on dit, mais demeurer un gars sympa. Roger Stone, dont on a déjà parlé ici, rappelait un jour la règle d’or des élus en campagne : ne pas s’habiller mieux que les électeurs. C’est vrai, mais ça commence comme ça, et on finit par ressembler à un député LFI.

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